Melting Pot et vin blanc doux

Parce qu'on peut pas compter que sur la Providence.

mardi 15 avril 2014

Comment traiter la langue par le minimalisme....

Schtroumpfs

C'est bien connu, c'est lorsqu'on arrête de chercher qu'on trouve. Après avoir passé une bonne partie de mon week end à éplucher, sans grand succès, ma bibliothèque pour dénicher Le texte à proposer à mes élèves espagnols (voir le billet précédent), j'ai tout envoyé au diable et, munie d'un chiffon, me suis employée à dépoussiérer la tranche supérieure des bouquins. C'est sur une étagère depuis longtemps délaissée, celle qui héberge les premières lectures de mes enfants, que j'ai enfin trouvé ce qui me manquait. Là, entre  deux Spirou et un Cédric, il y avait deux albums des Schtroumfs. Merdalors ! mais voilà !

Hier soir, j'ai donné à mes élèves quelques planches des petits bonshommes bleus, et je leur ai demandé de remplacer chaque "schtroumf" intempestif par le mot approprié. Verbe conjugué, adverbe, adjectif ou nom, fournissant des équivalents, déroulant l'écheveau des mots pour les mettre en bobine, prêts à l'emploi, pour le plus grand plaisir de mes élèves, conquis par l'exercice. J'avais, à la fac, un prof particulièrement doué pour ça. D'un seul mot pris au vol, il faisait un feu d'artifice d'idiomatismes, touillant les termes dans son chaudron pour nous faire goûter à sa potion magique, inégalable. J'espère lui avoir fait honneur hier, et je vous recommande l'exercice avec des enfants de primaire - qui devraient aimer pareil.

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piedmarie3


jeudi 10 avril 2014

Décourayant ?

Qu'on me pardonne mon manque d'assiduité sur ces pages, mais il fait beau, je bulle au bord du lac, et quand je ne bulle pas, je bosse. C'est justement ce qui me ramène ici. Depuis quelques semaines, je donne des cours de français à des espagnols, et l'exercice n'est pas si simple qu'il y paraît. Ce n'est pas pour rien que les enseignants de FLE (français langue étrangère) suivent une formation particulière. Je passe donc des heures à me constituter un réservoir de documents exploitables, qui tous soulèvent immanquablement des difficultés majeures. Un véritable casse tête pour mettre la main sur la page de BD, l'extrait de journal, le poème, le vers de Racine, de Vian, qui illustreront pile poil l'emploi adverbial d'un participe présent, la règle de l'élision, ou n'importe quel point de grammaire qui peut leur paraît insurmontable. Achille Talon fait des merveilles quand il s'agit de définir un champ lexical particulier. Les serpents qui sifflent piègent à tous les coups. Serpe qui sifflant ? Ben oui, ça semble improbable à celui qui est bien installé dans sa langue, mais ça dépayse quand on débarque, même si on a comme ceux-là déjà une relative maîtrise des bases. S'adresser à un public qui a le niveau de language d'un enfant de cinq ans, mais tout le reste au niveau Bac + 5, et qui s'impatiente des vices des passés simples du troisième groupe, c'est pas de tout repos. Heureusement, là, j'ai trois jours devant moi pour préparer le prochain cours. Je vais éviter Brassens cette fois, ils ont vraiment eu du mal.

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piedmarie3

vendredi 28 mars 2014

Psychostasie.

 

 Sur le sable brûlant, rutilante luciole,

Brille le matador, insignifiant insecte au dard semeur de mort.

Il agace au début et de ses ailes roses

Danse sa vanité devant le lourd taureau.

Chaussé de noir et gainé d’or

Provoque de la voix la bête amorphe et sourde

Cambre les reins, bombe le torse

Esquive dans son vol une charge retorse[1]

Et de l’arène monte un cri

Les picadors sont là

Faisant luire au soleil leurs pointes enrubannées

Fières et colorées comme un jouet d’enfant

Olé

Olé toro !

Les rubans sont souillés du sang de l’animal

Qui souffre et qui s’essouffle

Le matador enfin troque son aile rose pour sa cape de sang

Muleta

Foulard pourpre et voile qui descend sur la vie du taureau.

Prends toi garde Animal

Sous le linceul l’épée déjà vise ton coeur

Gloire a toi Animal

Ton sang est dans leurs yeux pleins de bonheur sauvage à l’idée du trépas

Il sort de leurs trompettes un air de Te Deum

Quand enfin l’épée plonge pour le mettre à genoux

Il meugle sa souffrance une dernière fois

Et l’arène est debout

Viva el Matador

La tache s’élargit sur le sable brûlant et le fleuve des hommes en bon ordre s’écoule

On va boire et chanter

Et célébrer la vie

 

Et l’âme du taureau gémit sur les toits d’Arles et se perd dans la nuit.



[1] On dirait du Victor Hugo !

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samedi 22 mars 2014

Dame pipi psychologue.

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piqué dans Brilliant Adds.

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piedmarie3

mercredi 19 mars 2014

Pour prétendre écrire

m'explique un monsieur," il faut métriser parfaitement la langue."

Je vais faire un effort.

 

Posté par Marie Fox à 14:28 - entendu de mes propres yeux. - Commentaires [2] - Permalien [#]

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samedi 8 mars 2014

8 mars,

Journée de la femme de qui ? Vingt ans que je demande, et je n'ai toujours pas de réponse.

Posté par Marie Fox à 08:48 - Comme je veux - Commentaires [3] - Permalien [#]

piedmarie3

lundi 3 mars 2014

Ses aïeux.

Chéri est né dans les montagnes, celles qui jouxtent la Suisse, où l’on cause lent, en déformant tellement les voyelles qu'elles en deviennent méconnaissables. A écrire mes aïeux, il m’est apparu combien les siens m’étaient présents. Il fallait qu’ils prennent leur place. J’ai donc laissé mes doigts causer tout seuls sur le clavier, et à la relecture, je me suis trouvée vache. Vraiment ? Un peu sans doute, je les écris comme je les vois, influencée par mon histoire avec eux. Alors j’ai tout repris, poncé les angles, mais c’était pas bon.  

Et si, me suis-je alors interrogée, et si j’allais lire ce que les ethnologues en disent ?

Je vous laisse quelques extraits. Pour  les portraits, «  je suis après ». Ca veut  dire « je suis dessus ». Le Savoyard est fâché avec les prépositions, les   pronoms relatifs, et Vaugelas en général. C’est d’ailleurs l’une de ses plus remarquables singularités.  Il va en champ les vaches, rentre quand lui, et se pisse parmi si on lui en raconte une bien bonne.   Les extraits, donc, et moi qui me trouvais vache…

« Dans les communes les plus élevées, la plupart des mariages ont lieu entre jeunes gens de la même commune, aussi les femmes qui viennent d’une autre commune n’y sont-elles pas les bienvenues. Les filles de l’endroit gardent longtemps rancune contre le jeune homme qui est allé prendre femme ailleurs. Il n’est pas jusqu’au vieux curé qui ne  considère sa conduite comme une félonie, et à l’occasion il ne manquera pas de venger en chaire les filles de sa paroisse. Quant à la nouvelle venue, il faudrait qu’elle fût née sous une bien bonne étoile, ou qu’elle eût de la corde de pendu dans sa poche pour échapper à la malveillance des vieilles et des jeunes. »

« Un grand nombre de communes sont séparées même aujourd’hui par des antagonismes séculaires, soit de plaine à montagne, soit de part et d’autre d’une rivière et dans ce cas il y a une sorte d’interdiction pour les jeunes gens de prendre mari ou femme chez l’adversaire. »

« J’ai rencontré à plusieurs reprises une sorte de reste de l’organisation des clans dans les communes isolées : par exemple à Brison, il y a trois familles primitives qui d’abord étaient des clans autonomes et qui ne se sont fusionnés par intermariage qu’au cours du siècle dernier ; actuellement, le cousinage est tel que la règle endogamique se heurte aux prescriptions légales. « 

Piqué dans : De quelques rites de passage en Savoie. Arnold Van Gennep. 1910.

Brison, ce village où les clans subsistent encore (Van Gennep donne leurs noms, mais je ne les répèterai pas), c’est le village antagoniste de celui de chéri, de l’autre côté de la rivière.  

 

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piedmarie3

mardi 25 février 2014

Cheapside hoard, le trésor retrouvé.

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J'avais lu quelque chose là dessus dans un vieux journal, et puis je l'avais oublié, jusqu'à la semaine dernière. En 1912, des ouvriers de la voirie de Londres, occupés à démolir un bâtiment du 17ème siècle, firent une découverte étonnante. Il y avait là, sous le plancher d'une cave, quelques pierres brillantes qu'ils s'empressèrent d'emporter chez "Stony Jack's" pour les monnayer contre quelques livres. Stony Jack ne tarda pas à reconnaître dans ces pierres brillantes des gemmes de grande valeur. On examina plus attentivement le sol de la cave, et rapidement on mit à jour un véritable trésor de bijoux. anciens qui fut confié au gouvernement anglais, et qui depuis quelques semaines, et jusqu'à la fin du printemps, est exposé au Museum of London où j'ai pu l'admirer tout à mon aise. Le mystère qui entoure ces bijoux, reste, un siècle après sa découverte, aussi entier qu'au premier jour, ou presque. Une seule certitude, ces bijoux  furent concus à la fin du 16ème siècle, et ont été enfouis après 1640, date de construction de la maison, et avant l'ncendie de 1666 qui détruisit 13 200 maisons et 87 des 109 églises de la ville, faisant près de 100 000 sinistrés. Il s'agit là d'une des périodes les plus sombres de l'Angleterre, celle de la guerre civile, qui vit l'exécution de Charles 1er, le déferlement de la grande peste, et les troubles religieux dont les protestants firent les frais. Les hypothèses, bien sûr, sont nombreuses. Qui a enterré là ce trésor, pourquoi, et pourquoi y est-il resté si longtemps, mystère. Un joailler parti en voyage et mort en route ? Des partisans de Charles 1er décidés à l'employer à sa restauration, ou à celle de son fils ? Dumas, sans doute, aurait fait ses choux gras d'une si belle histoire. Mais puisqu'on ignore tout de l'histoire de ces pierres, ne reste qu'à les admirer. Je vous recommande le détour, si vous passez par là, et notamment une montre dont le mouvement, de conception suisse du début du 17ème siècle, est enchâssé dans une émeraude hexagonale dont le couvercle rabattant abrite un cadran d'or marqué de chiffres romains, la plus étonnante et magnifique montre qu'il m'ait été donné de voir. On découvrira, au cours de l'expo (et pour peu qu'on parle anglais, les grand bretons ayant la détestable manie de n'offrir leurs explications qu'en anglais dans leurs incomparables musées) bien des détails intéressants sur les lois régissant l'orfèvrerie et la joaillerie de l'époque en plus de ces pièces rares, flacons à parfum, épingles de rubis, camées renaissance d'onyx ou de cornaline, boucles d'oreilles de turquoise, et une délicate broche en feuille de fraise, symbole de la Sainte trinité. 

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vendredi 21 février 2014

De la curiosité et de l'amour des fleurs.

Partie cette semaine voir mon fils à Londres, j'admire depuis la fenêtre de sa chambre la mare bucolique qui jouxte son appartement. On est sur l'Isle of Dogs, à une dizaine de minutes à pied de Greenwitch, et l'endroit oscille entre métropole et campagne dans un enchevêtrement de buildings et de cottages où abondent les renards comme les Golden Boys. Etonnant, attachant, déroutant. Chaque soir en rentrant de mes périples quotidiens je longe la mare aux canards, détaillant la flore qui la peuple. Ces fleurs en bouton, qui poussent au ras de l'eau, sont-ce des narcisses ou des jonquilles ? Hier soir, poussée par la curiosité, je décide d'aller en ramasser quelques unes avec leur bulbe pour les replanter sur mes fenêtres de Providence. Il faut simplement que je fasse attention à ne pas glisser, les rives étant escarpées, boueuses, et pour tout dire peu accessibles. J'asssure mes talons dans la boue, un peu inquiète, les bulbes sont plus loin que je ne l'avais cru tout d'abord, mais je ne vais pas renoncer pour si peu. Les jambes écartées, je me penche, atteins du bout des doigts les tiges convoitées, et tire doucement pour ne pas âbimer les racines. Ca résiste. Je me penche un peu plus, accentue mon effort, et avant d'avoir eu le temps de refermer la bouche sur un malencontreux OH d'étonnement, je me retrouve plongée dans la vase la tête la première, dans la posture du cygne à la recherche de sa pitance, sans pouvoir me dégager. La boue de l'étang fait ventouse, s'infiltre dans mes narines, mes oreilles, jusqu'au fond de ma gorge. Mes deux mains ont suivi la trajectoire de la tête, et quand enfin j'arrive à m'extirper du cloaque, suffoquée, secouée de nausées, ruisselante d'eau sale et de boue liquide, il ne manque à la scène qu'une grenouille surprise pour lui donner tout le peps d'un dessin de Gotlieb. La bonne nouvelle, c'est que j'ai réussi à ne pas lâcher mes fleurs. La mauvaise, c'est qu'il va falloir que je regagne dans cet état l'appartement - heureusement proche - en m'arrêtant pour vomir tous les trois mètres. Bien sûr, sitôt la porte franchie, je tombe sur les colocataires italiens de mon fils qui me regardent comme si je tombais de la lune. Mais je comprends mieux leur ahurissement quand je vois mon image se réfléchir dans le miroir de l'escalier. C'est sous la douche, entre deux hoquets et vomissements, que j'ai commencé à rire comme je n'avais pas ri depuis longtemps. Du spectacle que je leur avais offert, et de celui qu'ils m'avaient offert en retour. J'ai dû mettre à la poubelle le manteau que je portais, absolument irrécupérable, et expliquer à mon fils que non, je ne faisais pas exprès de lui foutre la honte... Il a fini par hausser les épaules en marmonnant qu'il n'y avait pas que le manteau, d'irrécupérable, et que si je voulais risquer la noyade en eaux troubles pour un pied de narcisse, il préfèrerait que j'aille le faire chez moi plutôt qu'à Londres où les enterrements, comme le reste, coûte "une blinde". Je lui aurais bien expliqué qu'il faut, à Rome, faire comme les Romains, et qu'Henri VIII avait connu la même mésaventure, en essayant de sauter un ruisseau, mais là, je l'aurais carrément exaspéré, il supportait depuis une semaine, à haute dose, mes anecdotes sur les rois d'Angleterre, c'était pas le moment de lui en placer une...

Posté par Marie Fox à 19:07 - equarissage - Commentaires [5] - Permalien [#]

piedmarie3

vendredi 14 février 2014

Calembour romantique...

A la Saint Valentin elle m'a pris la main, pour la Sainte Marguerite...

Et curieusement, je suis sûre que tout le monde a trouvé.

Posté par Marie Fox à 12:39 - Bidouilles et amusements - Commentaires [4] - Permalien [#]

piedmarie3



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