Melting Pot et vin blanc doux

Parce qu'on peut pas compter que sur la Providence.

jeudi 12 novembre 2009

Official announcement !

dry_bonesJe puis bien vous le dire cette fois, le fantastique Dry Bones de Richard Beard, traduit par mes soins amoureux, sera publié prochainement aux Editions In Octavo. Youpi, anda et tout le bazar, je suis RA-VIE, positivement.
Une histoire déjantée comme j'aime : Jay, héros loufoque, diacre de l'église anglicane, et temporairement expatrié à Genève va se lancer dans le trafic de reliques pour le compte d'un antiquaire suisse pas très clair. Un boulot pas difficile, ouvir une tombe sans laisser de traces n'est pas très compliqué, quand on sait comment s'y prendre. Oui-dà, mais la difficulté n'est pas toujours où on l'attend. Quelle que soit la taille d'une relique, elle influe sur le caractère et le comportement de celui qui la porte. Tour à tour soumis aux influences de Thomas à Becket, archevêque de Canterbury au 12ème siècle, de Richard Burton, Calvin ou Chaplin, psychanalisé par la rotule de Jung, notre sympathique diacre a bien du mal à concilier sa propre nature et celle des célébrités qui le hantent...
Sans compter le fait que si Jay s'adonne à l'exhumation de cadavres fameux pour gagner de l'argent, l'antiquaire pour lequel il oeuvre, lui, est lancé dans une quête spirituelle dont l'objet... ha ! là, on touche au grand n'importe quoi, sur fond de manif alter-mondialiste, et je ne vous en dirai pas plus. Patientez quelques mois, et vous saurez.

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piedmarie3

On jouerait aux géants...

Sequoia_geant

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piedmarie3

mercredi 11 novembre 2009

ramentevoir.

que voilà un verbe joli autant qu'inusité. Il signifie "remettre en mémoire" et vient, nous dit Grevisse, de l'ancien français "mentevoir" et du latin tardif "mente habere", penser à.

Posté par Marie Fox à 18:12 - on s'en fout. - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

piedmarie3

This and that.

noah_webster_dictionary_1828_smallY'a des distinctions subtiles. N'ayez crainte, je ne vais pas vous infliger l'une de ces digressions grammaticales qui vous fatiguent. Bref, mon Chonchon de fils me causait tout à l'heure de ses chères études, et des vices de son dernier devoir de thème.
Y'avait un de ces vocabulaires, là-dedans, sérieux, sans dictionnaire, c'est pas gérable. Tiens, naufragé... je savais pas, j'ai mis sea lost.
Et là Chonchon touche à un point qui me tient à coeur. Y'a une distinction fondamentale entre le métier de traducteur et celui d'interprète. Pour être interprète, il faut soit être bilingue de naissance, soit se faire greffer sur le cerverau le Harraps bilingue en quatre volumes, en se condamnant à exhiber à vie cette protubérance disgracieuse. Un traducteur, ça travaille sur la longueur, avec des dictionnaires, et des tas d'autres livres à disposition. Un interprète, ça travaille dans l'urgence. On ne peut pas comparer l'anatomie d'un coureur de fond et celle d'un sprinter de cent mètres. Aussi me suis-je toujours étonnée qu'en fac d'anglais, on nous demande de faire les traductions d'examen sans dico.
Le français compte environ 35000 mots - et parmi les outils du traducteur, le dictionnaire français occupe la première place. L'anglais 200 000. A chaque fois que vous attaquez une page de traduction, vous pouvez être sûr que vous y trouverez au moins un mot qui vous est hermétique en version, ou une difficulté vicieuse en français.
Bien sûr, l'absence de dictionnaire est formatrice en ce qu'elle oblige l'apprenti traducteur à mettre en oeuvre des stratégies de compréhension et d'intuition parfaitement nécessaires. Mais en condition d'examen, ne devrait-on pas laisser l'élève donner la pleine mesure de ce qu'il est capable de faire avec les outils de son travail ? Demande-t-on à un maçon de monter un mur sans truelle ?
D'autant que - aucun étudiant, durant ses partiels en amphi, ne va pisser plus régulièrement que ceux qui planchent sur une traduction. Aux chiottes de la bibliothèque, de préférence, avec excursion rapide au premier étage, où sont rangés les Harraps et autres Websters. Du moins, à l'époque où j'étais à la fac. Maintenant, avec les zipodes et autres plaisanteries miniatures, ils n'ont même plus besoin de bouger de leur chaise.
C'est ce que j'ai dit à mon Chonchon :
- Mais pourquoi tu t'es pas servi de ton bidule ?
- Parce que figure-toi que la prof de thème a pour moi un tel faible qu'elle me demande toujours de m'asseoir pas trop loin de son bureau pour qu'on puisse causer dès que j'ai fini mes traducs. Alors j'allais quand même pas lui sortir mon dico sous le nez !
- Et aller pisser, grand con ? tu y as pas pensé ?

Bon, d'accord, c'est pas des façons d'élever ses enfants. Mais ho, il a vingt ans celui-là, on peut causer comme des gens qui connaissent un peu la vie maintenant, non ?


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piedmarie3

mardi 10 novembre 2009

Code safranschou.

On immolait jadis les frelateurs de safran, conformément au code safranschou de Nuremberg.
Me demandez pas pourquoi safranschou, je sais pas. Si ça se trouve, à Nuremberg, ils en avaient profité pour légiférer en même temps sur la qualité de la choucroute.

Posté par Marie Fox à 17:36 - on s'en fout. - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

piedmarie3

lundi 9 novembre 2009

Krasucki mon amour...

Je l'aimais bien, Krasu. Presque autant que Marchais, dont j'écoutais, toute môme, les allocutions à la radio. Pourquoi vous montré-je aujourd'hui cette courte video ? Parce que je viens de me gourrer trois fois en recalculant une TVA après remise sur une facture. Même un bête calcul de pourcentage suffit à me plonger dans le plus total désarroi... ça m'a remis en mémoire cette scène qui m'avait fait hurler de rire à l'époque. Je ne me moque pas, hein, Krasucki était loin d'être con, et pas du genre à ricaner bêtement sur les tombes des résistants au Plateau des Glières, lui.

Posté par Marie Fox à 11:12 - Bidouilles et amusements - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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dimanche 8 novembre 2009

Fabrique-moi des ailes.

C'est le titre du premier livre de Perrine Luc. Une toute pétillante demoiselle qui, avec des grâces de fantaisie espiègle vous colle une enclume dans l'œil juste après vous avoir laissé espérer l'espace de deux heures que, peut-être, les lois de la physique pouvaient être défiées.

De son livre, je ne vous dirai rien, si ce n’est qu’il raconte – sans tristesse, l’une de ces catastrophes qui quand elles surviennent vous empêchent de voler un sacré moment. Des années. Cette histoire-là, beaucoup d’entre nous l’ont vécue sans l’écrire. Racontée par la plume de Perrine, elle devient tout à coup plus légère – presque douce, et vraiment, ça fait du bien.

Fabrique-moi des ailes, Perrine Luc, In Octavo Edition.

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mercredi 4 novembre 2009

Ne rien mettre, ne rien omettre.

C'est ainsi qu'en peu de mots Cervantes énonçait le devoir essentiel du traducteur.
Ben moi je trouve ça dur, comme règle. Ne rien omettre, j'en tombe d'accord, et dans l'esprit bien plus essentiellement d'ailleurs que dans la lettre. Mais ne rien mettre... ha, c'est juste aussi, ne me faites pas dire ce que je ne dis pas. Mais y'a des fois où ça démange tellement les doigts, où le texte vous dicte si bien ce que vous auriez écrit vous-même, où une familiarité de la pensée vous chatouille si intimement la glotte que - ho, juste pour voir, hein, vous vous écrivez sur la marge cet adjectif ou cette proposition racollée par un enthousiasme au passage, et l'y laissez s'y dessécher, avorton dédaigné parce qu'illégitime, et souvent beau comme un enfant bâtard.

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vendredi 30 octobre 2009

être une heure, une heure seulement...

Une heure avec Jackie, dont je n'avais pas croisé la route depuis... six ans. Jackie, c'est l'un des premiers de Providence, qui a habité là trente ans avant de vendre son appartement peu de temps avant que le ciel nous tombe sur la tête. Quand il est parti, il a laissé derrière lui un vide palpable, que le nouveau propriétaire n'a jamais su combler. Jackie, c'est le charme fait homme. Un corps d'athlète à soixante cinq ans, une crinière grise sur des yeux noirs, une passion pour la scie circulaire et la désoibéissance civile, et un pessimisme authentique allié à un irrésistible humour de "malgré moi". Poursuivi depuis son enfance par une misère chronique et un nom de génocidé, il aime les hommes comme peu le font, et les femmes comme j'aime mieux pas vous dire, je rougirais.  Cet après midi, après six années de silence, il a sonné à ma porte, et j'ai passé la plus insolite et délicieuse des heures à l'écouter me raconter son héritage récent d'un vieil oncle du côté de sa mère savoyarde, son emménagement dans un village de montagne, ses conquêtes féminines et ses activités d'exorciste civil. Oui, Jackie a abandonné la relaxologie plantaire, il donne maintenant dans la sauvegarde spirituelle du bétail et le cercle philosophique, et je vous jure perdre un voisin comme celui-là, vraiment, c'est dur.

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jeudi 29 octobre 2009

Piquées dans le dernier Werber,

mais si, vous savez bien, cet auteur qui explique sans rire qu'il y a dans les yeux de ses lecteurs une étincelle d'intelligence qu'on ne retrouve pas chez les lecteurs d'autres écrivains. Bref, chéri, qui ne rate pas un de ses ouvrages, est viendu hier soir me montrer trois étymologies présentées par le monsieur comme authentiques, mais dont je vous assure, moi, qu'elles sont - bien que très amusantes, complètement bidons (et vous pensez bien que je ne dis pas ça gratuitement, j'ai vérifié).
Golf, par exemple, serait l'acronyme de Gentlemen Only Lady Forbidden, et Fuck viendrait de Fornication Under Consent of the King. Bon, c'est n'importe quoi, mais comme ça présente toutes les apparences du vraisemblable, je prends le pari qu'il y aura bientôt des tas de gens pour n'en démordre point.

Posté par Marie Fox à 11:07 - Etymologies dubitatives - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

piedmarie3

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