Melting Pot et vin blanc doux

Parce qu'on peut pas compter que sur la Providence.

dimanche 24 avril 2016

Au feu !

Un député australien, pour attirer l'attention sur la pollution due à la fracturation hydraulique pour l'exploitation du gaz de chiste, a mis le feu à une rivière.

Réponse de la société d'exploitation Origin Energy : "ces émanations de méthane ne présentent aucun risque pour l'environnement ou la santé publique, si tant est que les gens à proximité fassent preuve de bon sens". Comme par exemple éviter de balancer une allumette à l'eau pour l'éteindre ?

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piedmarie3


vendredi 22 avril 2016

Pour Christian,

Une petite liste, toi qui es le spécialiste du texte à contrainte, amuse-toi...

énucléer, romipète, décadactyle, sycophante, flavescent, résipiscence, brehaigne, emparouiller, boustrophédon, alguazil et cacochyme.

Si tu me cases tous ceux-là dans un même texte de moins de 20 lignes, je te proclame Grand Maître de l'Ordre des bidouilleurs de mots.

Ceci dit, tout le monde (qui passe par ici - ça fait au moins trois en me comptant) peut jouer hein, suffit de caser votre création dans les commentaires -).

Posté par Marie Fox à 08:27 - Insignifiances - Commentaires [3] - Permalien [#]

piedmarie3

jeudi 21 avril 2016

Le jeu de la bobine.

C'est un jeu tout simple, on tire sur le bout de la ficelle, et on s'amuse à dévider la bobine des mots. Ca marche dans toutes les langues, et ça permet souvent de dénicher des trésors de vocabulaire.

Prenons un mot anglais au hasard. Peg. On peut le traduire par :

- pince à linge - mais attention, une pince en anglais se traduit par "pliers".

- cheville - celle du menuisier seulement, parce que celle qui relie votre pied à votre jambe se traduit par ankle. Détail amusant, an ankle biter (littéralement un mordeur de cheville) désigne un mioche. Attention les mioches, où vous plantez vos dents, parce que peg, c'est aussi la jambe de bois du pirate !

- sardine - celle qui sert à fixer la tente. Celle que vous dégusterez sur le barbecue s'appelle pareil en anglais, et cerise sur le gâteau (the icing on the cake), se prononce de la même façon, quoiqu'en étirant les voyelles.

Je vous engage à ouvrir un dictionnaire à chaque moment de désoeuvrement et à suivre le fil. L'avantage de ce jeu, c'est que la mémorisation se fait bien mieux que par le bête apprentissage de listes, dont sont férus trop de profs de langues. Laisser la place au hasard, c'est aussi laisser la place à la construction d'une histoire personnelle dont le schéma s'incrustera bien plus profondément dans votre mémoire qu'une succession de mots sans lien.

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piedmarie3

jeudi 24 mars 2016

Ayuda !

J'ai récemment commencé à héberger chez moi des voyageurs grâce au site bien connu BnB. Mes fils ne sont plus là, y'a de la place et j'ai du temps, alors why not ? C'est l'occasion d'arrondir mes fins de mois, et de rencontrer des gens de tous horizons. C'est aussi l'occasion de quiproquos marrants comme celui que je m'apprête à vous narrer.

En début de semaine, une jeune demoiselle au prénom espagnol me contacte pour passer une nuit à la maison, mais elle n'est pas très à l'aise avec l'anglais. Je lui réponds que je l'attends, sans problème, et lui demande quelques précisions d'ordre matériel pour m'organiser. Elle me répond cette fois en espagnol. Vale, si y'a que ça pour lui faire plaisir, je peux parler espagnol, et ça à l'air de la soulager considérablement. Mais au fil de nos échanges mails, j'en viens à me demander de quelle région d'Espagne, ou d'Amérique Latine elle peut venir, parce que ses tournures de phrases me déconcertent, me déroutent, voire m'opposent un hermétisme qui me fait douter de mes progrès.

Sacrebleu, j'ai pourtant, à force d'un travail acharné qui me tient d'ailleurs éloignée de ce blog, récupéré, ou du moins le pensais-je jusqu'alors, une relative finesse dans la maîtrise de l'espagnolade. Bref, hier soir, la demoiselle m'envoie un dernier message "on est pas loin de chez toi, tu peux venir nous chercher ?"

Je saute dans mes bottes (il fait un froid de canard) et je m'en vais à la recherche de mes égarés qui m'attendent devant la mairie. Or quand j'arrive, la place est déserte à l'exception de quatre chinois qui battent le pavé dans le vent glacial. Je reprends mon téléphone, et c'est l'une de ces demoiselles chinoises qui, à trois mètres de moi, répond à mon appel. Ouf, c'est inattendu, mais au moins, je suis rassurée. La syntaxe bizarre de ses mail s'explique, c'est de l'espagnol de Pékin !

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piedmarie3

vendredi 4 mars 2016

L'art de décrire.

J'ai toujours détesté les pages de description dans les romans. Toute môme, j'ai pris en grippe bon nombre de classiques, Hugo en tête, qui m'infligeaient des pages entières de détails crasseux, j'aspirais à l'action. Quand j'écris, j'évite de m'attarder sur le décor, quand je traduis, je m'arrache les cheveux - littéralement - quand je dois restituer l'atmosphère de telle cabane de bucolique bûcheron dont le toit de chaume frais sur lequel grimpait un chèvrefeuille odorant aux grappes charnues semant des étincelles de bleu charmant jusqu'au banc de rondins équarris sur lequel blablabla. J'ai vu ma tension artérielle grimper dans les 200 à la lecture de l'abbé Mouret, balancé le livre dans les plates-bandes d'iris dorés du jardin de ma mère. Et puis, récemment, j'ai décidé de progresser. Alors je relis ces classiques qui m'ont tant énervée, et j'y trouve des perles d'écriture, comme dans les premier chapitres de Cosette qui s'attardent (c'est rien de le dire) sur la bataille de Waterloo. "Il y a toujours un instant où la bataille dégénère en combat, se particularise et s'éparpile en d'innombrables faits de détails qui, pour emprunter l'expression de Napoléon lui-même, appartiennent plutôt à la biographie des régiments qu'à l'histoire de l'armée. L'historien en ce cas, a le droit évident de résumé."

D'une, Napoléon, lui avait le sens de la formule, de deux, Hugo me fait bien marrer à revendiquer le droit de résumé après 24 pages de description de bataille, lesquelles se poursuivent encore sur 20 pages après cette anodine remarque. Il se fout de ma gueule ou quoi ?

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piedmarie3


lundi 29 février 2016

Have fun with the english language.

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piedmarie3

mardi 16 février 2016

Pfiou !

Je viens de vivre aujourd'hui ma première expérience d'interprète lors d'une visio-conférence de marketteux. Outre que je ne connais rien au sujet - le marketting - je dois avouer que je ne connaissais pas grand chose au domaine concerné : les articles de sport. Je vois bien que vous vous marrez. Mais laissez-moi vous dire une chose, j'ai compris très vite pourquoi on relaie les interprètes toutes les heures, c'est épuisant, d'autant plus que les partenaires concernés ne comprennent pas que s'ils parlent tous en même temps, je suis vite débordée. J'ai dû très vite mettre le hola. Un à la fois, et on est prié de fractionner le discours, parce que si l'on parle cinq minutes d'affilée, j'ai du mal à tout restituer dans le détail !

J'avoue qu'au bout de deux heures et demie, j'étais vannée, au bord de l'explosion de caboche, mais le bilan est plutôt positif. J'ai pris un cours magistral de marketting, et j'ai gagné... 35 euros ! Que voulez-vous, on peut pas être bon partout, et j'ai jamais su faire du pognon...

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piedmarie3

vendredi 5 février 2016

Je vous demande de vous arrêter.


Il est temps de faire face aux contradictions de la langue française et à son insondable (pas loin, même en remontant dans l'étymologie des divers patois) complexité. J'étais moi-même petit puriste à la noix avant de me retrouver devant de vrais apprenants et de voir l'étendue du problème. Les premiers grands grammairiens, bien que très compétents, n'en restaient pas moins des prophètes arbitraires. Ce n'est pas parce que Vaugelas l'a dit qu'il faut le faire eternam.
Décoincez-vous un peu et relativisez, votre français chéri ne passe pas à la trappe et personne ne vous empêchera jamais d'écrire nénuphar, d'enchaîner les circonflexes et de faire des fautes (parce que je vous assure que vous en faites, et pas qu'un peu) à l'accord des noms composés.
Une langue vivante est une langue qui change. Restez paisibles.

C'était le mot du jour de mon Chonchon qui m'attendait sur skype au réveil. Sa réaction ne me surprend pas, les langues et leur enseignement étant un sujet qui nous a toujours rapprochés. Il m'a fait me ressouvenir d'un article que j'avais écrit voici une bonne dizaine d'années, au moment de la réforme de la langue allemande. Je vous le laisse ci-dessous, histoire d'agrémenter votre réflexion personnelle et de vous présenter l'avis d'un vieux con après celui d'un plus jeune.

Orthographe[1] : Deux régions allemandes sur les seize existantes ont récemment refusé de mettre en œuvre la réforme de l’orthographe résolue par les instances compétentes en 1998 et qui depuis faisaient cohabiter l’ancienne et la nouvelle. Les nouveautés les plus marquantes sont l’ajout d’une consonne surnuméraire dans le cas de mots composés dont (concentrez vous) les deux dernières lettres du premier mot sont identiques à la première du dernier : on écrivait jusqu’à présent le maître nageur schwimmester, de schwimmen, nager, et meister, le maître,  ce qui somme toute peut sembler logique.

Nenni nous dit-on, il faut écrire schwimmmeister, avec trois m.

Il a également été décidé de supprimer la estzet, délicieux paroxysme, après les voyelles courtes, pour le remplacer par deux bêtes et insipides s, et dans le souci de ne pas handicaper les moins cultivés des Allemands, d’écrire phonétiquement les mots d’origine étrangère.

Quand à la place de la césure, elle est toujours en discussion, et complètera ultérieurement les mesures déjà prises pour simplifier l’orthographe.

Encore et toujours, grammatici certant, et adhuc sub judice lis est « les grammairiens discutent, mais le procès est toujours devant le juge »[2]

                                                                                   

En France, la dernière réforme de l’orthographe date de 1990, et consacre désormais d’antipoétiques hérésies de l’ordre des « douçâtre » et autres joyeusetés.

On enlève ses ailes à l’imbécillité, on dote le combatif de deux t et le persifleur de deux f, on émascule oignon en une ognonesque imposture… Autant être réduit à sucrer le café à l’immonde saccarine dont on sacrifie l’h en lui laissant deux c.

Plus de têtes qui dépassent, on régule à grands coups de pieds dans le cul les mots composés pour mieux leur châtrer l’improbable pluriel, et les chauvesouris sont légitimées par des jeanfoutres qui veulent également nous niquer les accents et nous déplacer les trémas[3].

Régulation de la langue, nous dit-on. Inssurjons nous.

S’il faut pour réguler tuer la poésie, dérégulons, osons la liberté de modifier, chacun à son échèle (on y viendra) la déraison des mots. S’il faut, de vive force, simplifier l’orthographe, que ce soit, comme le font nos enfants, dans un feu d’artifice de créationalisme. Tout sera toujours beaucoup trop compliqué, vivons les accords libres, puisque déjà laisser déserte l’errant[4].

Lors, s’il faut simplifier, allons au bout des choses, et laissons chacun à son gré baliser l’orthographe, les vieux cons pourront au moins jouir du plaisir de laisser son h au sorgho, et de risquer, à chaque pas, la chausse-trape, par bonheur, par plaisir, par goût du risque même.

Quand à perdre douceâtre, j’en pâlirais d’ennui.

Les grammairiens se comportent bien souvent comme des « passéistes ignorant le passé »[5], ils sont des spécialistes qui ne peuvent embrasser au cours de toute leur vie qu’une partie dérisoire de la vérité qu’ils recherchent. Peut-être juste parce que c’est drôle et qu’ils sont à la fois cinglés et intemporels.

Pourquoi simplifier l’orthographe pour s’arrêter toujours à mi-chemin ?

De même que les allemands suppriment leur B après les voyelles courtes pour le laisser après les voyelles longues, le conseil supérieur de la langue française ici et là tranche à loisir, dressant des listes de généralisations pour mieux en excepter d’arbitraires rebelles. Ainsi les verbes en eler et eter[6] se dotent d’un accent pour perdre une consonne, et désormais chancèlent, traînant à leur suite tout un cliquettement d’adverbes abâtardis.

Marche inexorable de l’histoire des mots, dira-t-on. Et l’on aura raison sans doute. Mais l’espèce particulière des grammairiens ressent l’intrusion de la rue dans les dictionnaires comme Marie Antoinette ressentait l’intrusion de la roture dans ses salons : en fronçant le nez.

Des époques dépend la réaction de la roture, autrefois superbe de vindicte, aujourd’hui d’ignorance.

En simplifiant à la fois à outrance et à moitié, on ôte toute crédibilité, toute légitimité à une tentative de démocratisation de la langue.

 

On ne peut contrôler une langue, à peine pouvons nous suivre toutes les finesses de notre langue maternelle et contemporaine. Lisons un peu en amont, Rabelais, Ruteboeuf. A qui devons nous de comprendre, de sourire, de retrouver dans notre langage, ou dans un autre, le mot qui aurait pu rester coincé au défaut d’une ligne ?

Les agelastes –gens qui ne rient jamais- ont fait couler beaucoup d’encre depuis que Milan Kundera en a retracé l’histoire dans « l’art du roman ». Le terme, créé par Rabelais à partir de racines grecques, n’a jamais figuré dans les dictionnaires. Inconnu au bataillon.

Il aura fallu un petit détour dans un dictionnaire anglais pour le retrouver, dûment répertorié et agrémenté de la définition congruente : « person who never laughs ».

Bref, comprenons que sans les grammairiens, nous ignorerions l’histoire des langues, qui passionne quelques maniaques inoffensifs, et cessons de les accabler. Frappons plutôt les gosses qui disent encore « si j’aurais » en terminale.



[1] Avec l’aimable collaboration de Dominique Vignal, émérite enseignante, pour la réforme allemande de l’orthographe.

[2] La question à laquelle il est fait allusion est de savoir qui est l’inventeur du rythme élégiaque.  Aperto Libro, Orlando de Rudder. Ed Larousse. Incontournable et plein d’humour.

[3] On écrirait désormais que Socrate a bu la cigüe sans un gromèlement.

[4] Il est maintenant invariable quand on le fait suivre d’un infinitif.

[5] Toujours Orlando de Rudder.

[6] Sauf appeler et jeter, dont on a considéré que les formes étaient les mieux stabilisées dans l’usage.

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mercredi 13 janvier 2016

petits et grands cons.

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Aujourd'hui, c'est mon anniversaire, et en allant relever le courrier, je trouve un paquet à mon nom. Tiens, c'est bizarre, je n'ai rien commandé ? Bon, j'ouvre tout de même, et  à l'instant où je lis le titre du livre soigneusement emballé, je sais d'où, ou plutôt de qui ça vient. Mon cher fils à pensé à moi : Je cuisine pour mon chien.

Il ne perd rien pour attendre, j'ai pas de clebs, j'en aurai jamais, mais je lui garde un chien de ma chienne : à son prochain retour de Londres, je lui aurai préparé un repas complet. Soupe de courgettes rafraîchissante, mini pizzas à la betterave et mousse caroube-tofu. Tu vas aimer, chéri.

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mardi 12 janvier 2016

Kandinsky-Composición-VIIIPour Noël, chéri m'a offert un tableau de Kandinsky. Enfin, une reproduction d'un tableau de Kandinsky, pour lequel j'éprouve depuis longtemps une particulière affection. Pour tout dire, il n'arrive qu'en troisième position dans mon top ten de peintres, après Miro et Modigliani, mais vous connaissez le proverbe, "à un cheval donné, on ne regarde pas les dents". J'ai donc installé mon oeuvre sur le mur du salon.

Ha, le charme des maisons bourgeoises, m'ont dit mes fils...

Bref, j'ai eu une journée complète de félicité, l'avis de ma progéniture sur mon statut social m'étant totalement indifférent. Et puis sont arrivés les premiers visiteurs, et avec eux une réaction que je n'attendais pas.

"C'est toi qui l'as fait ?"

La première fois qu'on m'a posé la question, je suis restée bouche bée, mais le jeune garçon  avait l'air tout à fait sincère. Je lui ai répondu que non, mais que je le remerciais de me prêter pareil talent. Et là, c'est lui qui est resté bouche bée. Il s'est mordu la langue, mais j'ai lu dans ses yeux le doute et l'interrogation. Alors je lui ai expliqué, Kandinsky, Miro, Gaudi, mais ce que je lui ai montré sur internet n'a pas eu l'air de le convaincre.

Depuis, à quatre reprise, on m'a reposé la question. "C'est toi qui l'as fait ? "

Maintenant, je répond fièrement oui, et j'attends la suite, qui varie dans la forme selon les liens qui me lient à mon interlocuteur, mais assez peu sur le fond.

"T'aurais pu t'appliquer pour colorier les carreaux noirs."

Puta Madre, faut croire que Kandinsky était vraiment en avance sur son temps.

 

 

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