vendredi 9 mai 2008
Dis sept ans ! Polésie pour Alex.
Mon glaçon t'es grand grand grand,
C'est sans contrepet navrant
Dis moi, en russe, en allemand
Je t'aime encore ma maman
Même si je suis gland gland gland !
Mon Alex t'as dix sept ans
T'es toujours beau comme avant
Quand t'étais qu'un tit n'enfant
Ce soir y'aura des pizza, du mac do et du coca
Y manquera que ton frère, mais promis il reviendra
Et on recommencera, pis j'tai racheté un hautbois
Comme cadeau d'anniversaire,
Mais le perds pas, celui-là !
jeudi 8 mai 2008
Les hommes valeureux.
Les hommes valeureux le sont du premier coup[1]
Capitaine ou soldat, à Hastings ou Rocroi
De taille ou bien d’estoc ils vous niquent les pleutres
Pour la grandeur du roi, de dieu, des majestés,
Pour la beauté du geste, ou un foulard de dame
Noué à leur bras fier, ils pourfendent zé filent
Sur leurs destriers noirs au cul large couvert
De draps vellixologes, de blasons, d’armoiries
Jusqu’à ce qu’un méchant, chevalier anonyme
Souvent vêtu de noir et la face tordue
D’une grimace laide qu’on ne voit qu’aux vilains
Leur plante dans le dos un pieu mal équarri
Les hommes valeureux meurent comme les autres.
[1] Le Cid, Corneille. (pour la localisation exacte du vers dans le texte, demandez à Monsieur Houzeau, émérite corneillo-racinologue.)
M'sieur Thiefaine...
C'est un homme isolé
qui vit en volontaire. Qui n'est bourgeois, abbé, robin ni militaire.(1)
Robin vaque au goudron en chaussures d’Archibald, veston croisé, cabas au bras et pas rasé. L’œil égrillard, la lèvre épaisse, et le mollet poilu sur la chaussette à côtes, il hésite quelquefois, une heure entière et plus, sur l’endroit où il va traverser. Là, non ici, non là. Réfléchissons tout haut, le quidam de passage en fera ses choux gras. Là, non ici, non là, enfin, voyons, peut-être. D’où vient le vent du nord ? Je l’ai pris dans la tête. Vous aussi Messieurs Dames, mais vous le savez pas. Moi, je suis libre, vous comprenez ? Non, vous comprenez pas, c’est ça la différence. Vous voyez un clochard ? Mais un clochard a honte ! Moi, je suis un homme libre. Je m’appelle Robin, et pis j’ai un veston.
(1) Piron.
mercredi 7 mai 2008
Tongueish.
Le mystère est élucidé. Lasse de chercher en vain, je me résolus à demander par mail la clé de l’énigme à l’auteur du texte dans lequel je l’avais trouvé.
Lequel auteur me répondit dans un premier temps que ça ne lui disait rien, et que ça ressemblait à un néologisme à la con, et que si je pouvais préciser le contexte, alors peut-être…
Le zygomatique légèrement crispé, je renvoyai au monsieur la phrase dans laquelle j’avais trouvé le mot, assortie des références de son bouquin.
La réponse ne se fit guère attendre.
Mais oui, c’est l’un de ces brillants et éloquents néologismes, tiré du nom tongue et du suffixe ish. Qui a la consistance d’une langue. Suis-je créatif, hein ?
Oui, mais le néologisme équivalent en français, vous l’avez-vous ?
Langueux, pas joli.
Languesque, c’est mieux, mais ça évoque la forme plutôt que la consistance, ou la sensation de toucher.
Alors quoi merde ? On va s’en sortir ou pas ?
Le nouveau facteur.
Moi, sûr, étonnée, je lui demande
Vous vous appelez Sébastien ?
Oui, comme le Saint Sébastien, qu’il me répond espiègle. Ci ma mère. Mon père il voulait que je m’appelle
Sofiane, mais ma mère elle a dit non, faut un nom français pour l’école c’est
mieux. Alors je m’appelle Sébastien. Et vous c’est Marie hein, comme la Sainte pipelette. Riez pas,
j’en connais des Marie, elles sont sympa, serviables et tout, mais jamais elles
la ferment.
J’ai pas nié, hein, il a raison, jamais je la ferme, même quand y’a personne pour me répondre.
Bon, qu’il m’a dit en partant, pour tous les tas de recommandés que vous avez tout le temps, je vous les monterai maintenant, pas la peine de vous faire courir à la poste tous les jours. Mais je fais qu’avec les dames gentilles, les autres, je mets dans la boite et ci tout.
J’y ai dit merci bien, à demain alors. Y me plaît bien, le nouveau facteur. L’ancien qui m’appelait gente dame est parti à la retraite. Fin d’une époque, maintenant, je serai sainte pipelette, mais je sens que je m’y ferai vite…
Polésie encore plus débile que d'habitude.
A valser inégales dans les bras de l’ennui on finit toutes obèses d’un chagrin militant. Un deux trois, un deux trois, j’y vais, dis ? J’y vais pas, ou bien j’irai peut-être, si la confiance me vient comme la moutarde au nez, comme le mou tard honni, comme la peur au ventre et le frais dans le vent.
A valser inégales dans les bras d’autres vies, on oublie nos envies et nos dévies d’avant, quand on avait des couettes et des souliers vernis, quand on rêvait de cirque et de tambours qui roulent pour nous dire attention à la péripétie. On s’écarte, inégales, des bras de nos envies pour finir sur le banc d’un espace public où y’a plus rien de nous, que des esquisses floues aux nuages du temps, qui dessinent à peine des destins écartés, des conditions passées, ratées –définitivement, d’un aurait pu, peut-être, ou bien alors demain, quand on aura des dents.
mardi 6 mai 2008
Le nouveau copain...
Mon fils est rentré du collège avec une grande nouvelle : Il a un nouveau copain, qui parle mexicain. Tu te rends compte ? Mexicain. Et même il m'a appris à dire Bonjour comment ça va ?
- Ah bon, et comment on dit ?
- Je suis plus très sûr, mais c'est genre medouéle elculo. (1)
Super, le nouveau copain, je vois qu'au Mexique, ils ont les mêmes que nous. Les mêmes mômes, et les mêmes blagues.
J'y ai dit de me le ramener à la maison, son nouveau pote. Moi aussi j'en connais des qui vont lui plaire.
(1) C'est exactement ça, sauf que ça veut dire j'ai mal au cul.
Polésie de circonstance à mes conpropriétaires défaits.
Criez, perdez toute mesure, ce sera comme c’est, comme je vous dis m’sieurs dames. Gare à l’excès, gredins, vous pourriez me fâcher, et vos impolitesses vous réduire à néant, tant quand tous les loups hurlent on n’entend plus leurs hou !
N’avez-vous point compris que les inéluctables seront d’abord pour vous ? Attaquez ! Là, je pare, de tierce et puis de quinte, et du dur du mousquet je vous ravage les dents. Ça saigne ? Hé foutredieu, fallait mieux vous garder ! Quand on cherche la merde bien souvent on finit par sentir très mauvais, et ce n’est point mon fait si vous empuantez.
Allez donc braves gens, c’est un chapitre clos, et je continuerai à dire la messe encore, tant que ça me plaira. Vous refusez l’hostie, vous la trouvez amère, et disez pas merci, mais plutôt bien haro !
Je vous remercie moi, de ce charmant pestacle, de clowns de seconde main s’agitant dans la mienne, et m’offrant sans le voir des prises ici et là pour vous serrer au cou. J’ai serré, c’était bon, cornecouille, ho oui, que c’était bon, ce combat singulier d’un seul contre vous treize étalés au béton en trois fois trois quarts d’heure. J’en ai dîné bien tard, mais en levant mon verre, à moi, et à vos cris de gorets bien confits en graisses molles et rances.
Anda, je reste seule aujourd’hui sur un champ de bataille déserté par des cuistres inopérants vaincus par leur propre bassesse. Révérence, M’sieurs Dames, à cul ouvert, voyez !
PS : Aux deux Messieurs restés pour me féliciter du travail de titan, et me dire merci bien, j’adresse mille grâces, vous me fîtes grand bonheur, et j’ai du vin pour vous.
lundi 5 mai 2008
Mamies Sandwich...
Au bord du lac ce matin, deux mamies fort bien mises arboraient autour du cou de larges pancartes sur lesquelles on pouvait lire:
De quoi notre monde manque-t-il le plus aujourd'hui ?
- Amour
- Espérance
- Foie.