Melting Pot et vin blanc doux

Parce qu'on peut pas compter que sur la Providence.

lundi 21 juillet 2014

Eloge (avorté) de la tendresse.

Un rire grave dans la nuit, des tintements de verres, un murmure – c’est le vent que coupent les feuilles aigues des lauriers roses, l’ombre du dos d’un chat sur le mur dénudé. Dans un reflet de gris, quelques belles de nuit jettent un effet de rose, les bulles du vin sec s’éteignent en bémols, le silence enfin parle et chuchote à mon cœur des bribes de poèmes et puis soudain, comme un poing dans la gueule, hargneux un voisin hurle, à son fils ? à son chien ? Arthur, j’ai dit couché !

Posté par Marie Fox à 21:54 - Insignifiances - Commentaires [4] - Permalien [#]

piedmarie3


lundi 14 juillet 2014

Indignez-vous !

Des figuiers, des ajoncs, des tortues, des sarcelles, des mûres dans les ronces, le vent qui fait bruisser les bambous plantés drus dans un ruisseau salé, des mulets en pagaille dans les ombres de l’eau, une couleuvre lente, des cactus tout fleuris de fleurs de papier jaune, et dans ce paradis, chemin vers nulle part, cinquante fadas courent, i-pod au bras, en plein soleil, le cœur battant et sans rien voir, et on ose dire que c’est bon pour la santé !

Posté par Marie Fox à 20:38 - Comme je veux - Commentaires [5] - Permalien [#]

piedmarie3

Singing in the wind.

Tout autour le ciel délavé à peine ponctué de sternes dessinait un linceul d’été. Les jupes des rares passantes s ‘envolaient de mistral, salé, mouillé à peine de quelques gouttes, comme un parfum vaporisé. Les pins parasols torturés montraient aux acacias frivoles qu’on n’ondule pas dans le vent quand on est né bien éduqué en restant droits dans les bourrasques. Ici et là des clebs amorphes imprimaient leur odeur fétide  à des jardins en déshérence clos de bambous mal équarris, des vieux aux pupilles transparentes parlaient entre eux des jours passés,  en désignant du bout ferré de leurs cannes à tenir courbé une môme aux mollets maigres prisonnière d’une corde à sauter, et sur les fils pendus dans l’air, les tourterelles faisaient entendre le même chant qu’hier et demain, le coucourou des jours qui passent, un jour brûlant, un jour glacé, sous le ciel ponctué de sternes qui dessine un linceul d’été.

Posté par Marie Fox à 20:19 - polésie débile - Commentaires [4] - Permalien [#]

piedmarie3

mercredi 9 juillet 2014

Mille et un billets,

doux le plus souvent, cent mille pages lues, soixante mille visiteurs. Jolie - quoique modeste - conjonction de chiffres pour une handicapée du compteur. Je profite de l'occasion pour saluer, avec une révérence, mes lecteurs réguliers, les déclarés et les silencieux, ainsi que la cohorte des anonymes qui se sont désaxé le sacrum, les dix mille curieux qui cherchent pourquoi on appelle robert les nichons des filles, les infortunées victimes d'un arrêté de péril sur un balcon, les amoureux des orchidées, les improbables qui voudraient en savoir plus sur le code safranschou ou saint raboni, que je déçois chaque jour, les anglophones épris de Vian, les amateurs de cromesquis et les mateurs de beaux culs en jean qui font le très relatif succès de ces pages, mais c'est toujours mieux underground !

Posté par Marie Fox à 20:40 - on s'en fout. - Commentaires [2] - Permalien [#]

piedmarie3

mardi 8 juillet 2014

Plan B

Il était à peu près six heures, et j’avais de bonnes chances de la trouver chez elle, encore qu’aucune certitude. Malgré ses quatre-vingt-douze ans, mon arrière-grand-mère avait toujours bon pied bon œil, et continuait à marcher dix kilomètres tous les jours, l’occasion pour elle d’aller saluer ceux de ses conscrits du village encore vivants mais qui moins chanceux qu’elle – ou moins opiniâtres – devaient désormais se contenter de regarder le monde par leurs fenêtres.  Il faut bien avouer qu’elle était ce qu’on appelle communément « un personnage », faisant l’admiration de ses contemporains, du médecin du village à la boulangère qui la saluait chaque matin d’un « comment elle va aujourd’hui ? ». Ca agaçait mamette qui pourtant répondait invariablement « comme un charme ».

Oui, elle se portait comme un charme, et malgré tout l’amour que je lui portais, il devenait chaque jour plus évident que l’héritage que j’espérais se ferait attendre encore quelques années. Elle était bien fichue de devenir centenaire, et à chacun de ses anniversaires me resservait le célèbre mot de Jeanne Calment « Je n’ai qu’une ride, et je suis assise dessus ». C’était faux, bien sûr, des rides elle en avait, mais superficielles. En dedans, elle était lisse comme une trentenaire, et semblait n’avoir toujours pas renoncé à son projet de jeunesse de parcourir à pied le Sichuan. Pourquoi spécialement le Sichuan ? lui avais-je demandé lors de son quatre-vingtième anniversaire. Elle était restée songeuse un moment.  Et pourquoi pas ? Tu sais bien que l’herbe est toujours plus verte ailleurs. Elle m’agaçait avec ses phrases toutes faites et les proverbes qu’elle citait d’abondance. Ses yeux, presque transparents d’usure,  s’étaient soudain allumés. « Tu sais, petite, c’est pour bientôt. J’ai demandé mon passeport à la mairie, et d’ici quelques mois…. »

Allons bon, elle commençait à perdre la tête….

Elle avait répondu à mon coup de sonnette. « Entre ! ».  Je l’avais trouvée dans le salon, en train de siroter une tasse de thé noir sur son canapé défoncé qui devait dater de la première guerre. Je m’étais assise à côté d’elle, le fondement sauvagement agressé par un ressort cassé. « Tu devrais en acheter un neuf, mamette, je te l’ai déjà dit mille fois ». Elle avait haussé les épaules. Mille fois elle m’avait répondu qu’elle rembourrait régulièrement avec de vieux journaux le coussin où elle s’asseyait, et qu’il ne lui en fallait pas plus.  Je n’avais pas insisté, mais il devenait évident que malgré ses bricolages, ce canapé allait finir par s’effondrer.

Je m’étais servi une tasse de thé, moi aussi, et je m’étais lancée. Les difficultés de la vie étudiante, l’absence de parents vers qui me tourner, les scrupules qui m’avaient jusque-là empêchée de lui demander de l’argent,  mais enfin, j’étais coincée, et si elle voulait… Elle avait levé sa main ouverte pour m’arrêter. J’en parlais à mon aise ! Elle m’avait rappelé qu’elle me versait une pension régulière depuis des années pour financer mes études,  que la vie était chère pour tous, et qu’elle avait, elle aussi, des projets. Elle n’allait tout de même pas invoquer cet hypothétique voyage pour me couper les ailes ?

Si. Elle m’avait répété que cette fois tout était prêt, elle n’attendait plus que son passeport et son visa pour se mettre en route. Sans doute, la Chine n’était plus ce qui l’avait attirée dans son jeune âge, mais rien ne la ferait renoncer au projet d’une vie, surtout quand celui-ci avait nécessité cinquante années d’économies, en anciens francs, puis en nouveaux, et depuis quelques années en euros. Elle avait économisé sou après sou, je n’avais qu’à faire de même, et elle ne soustrairait pas un centime aux trente mille euros qu’elle avait réussi à épargner. L’année de ses quatre-vingt-treize ans serait celle du flambage, et je devais m’estimer heureuse qu’elle ait souscrit une assurance pour financer le rapatriement de son cercueil – il n’était pas question pour elle de se décomposer ailleurs que dans le cimetière de son village.

J’étais atterrée. Mamette ne me laissait pas d’autre choix que de recourir au plan B, auquel je ne me résolvais pas de grand cœur. Avec un petit effort, dix mille euros, je me serais estimée heureuse, et elle aurait pu partir en Chine avec le reste. Tant pis. Je ferais ce que j’avais à faire, et profiterais sans remords de l’héritage qui m’était dû. Elle avait fini sa tasse de thé, j’allai à la cuisine lui en préparer une seconde, et en y mélangeant le sachet de digitale pilée que j’avais préparé à son intention, m’interrogeai furtivement sur l’origine de l’expression « bouillon de onze heures ». Sans doute signifiait-elle qu’on ne passerait pas la minuit. Je la laissai boire seule sur son coussin rembourré de journaux, prétextant l’inconfort pour filer sur le champ. Ne restait qu’à attendre le coup de téléphone du voisin qui passait la voir chaque soir vers neuf heures, et à jouer la surprise quand on m’annoncerait cette improbable défaillance cardiaque. De doutes ou de remords, point. Je n’assassinais pas mamette, j’anticipais –  si peu – une échéance fatale.

J’avais organisé des obsèques convenables, mais sans somptuosité. Après tout, mamette avait, elle l’avait prouvé, le sens de l’économie, et j’attendais avec impatience le rendez-vous chez le notaire. Dans l’intervalle, j’avais vidé l’appartement de mamette, vendu ce qui pouvait l’être, peu de choses en fait, et passé un coup de fil à Emaüs afin qu’ils viennent chercher les quelques meubles dont je n’avais pas l’usage : une armoire antique en bois sombre, une table, quelques chaises, et l’infâme canapé.

Le notaire avait été bref. Hormis quelques photos jaunies et ses meubles, mamette ne laissait  rien, pas même de quoi payer son enterrement. J’avais souri. Quelle blague ! Trente mille euros, c’était peut-être rien pour lui, mais pour moi…

Il avait haussé les sourcils derrière ses lunettes à double foyer. Trente mille euros ? Il fallait qu’il soient planqués en liquide chez elle, car elle n’avait pas même un compte en banque. J’avais sursauté comme sous la piqûre d’une guêpe. Il avait raison, mamette m’avait toujours remis en liquide les six-cent euros qu’elle me donnait chaque mois, mais chez elle, je n’avais rien trouvé ?

J’étais, comme la Perette de La Fontaine, grosjean comme devant, et en rentrant chez moi, hébétée, je réfléchissais intensément. Où avait-elle pu planquer son pactole ?

La réponse, je l’avais trouvée dans le journal local auquel elle était abonnée et qui arrivait désormais à mon adresse. Elle était là, en première page, sous une photo du canapé devant lequel trônait un quinquagénaire ventripotent à la figure bonasse. « Un chômeur de longue durée trouve trente mille euros dans un canapé acheté chez Emmaüs ». L’article expliquait longuement comment cet imbécile improductif avait trouvé les liasses de billets dans la housse du canapé qu’il avait désossé pour le nettoyer.  Juste avant de m’effondrer sur ma chaise, j’avais vu la figure pétillante de mamette me délivrer l’un de ces lieux communs dont elle était friande. Bien mal acquis...

 

 

 

Posté par Marie Fox à 09:11 - nouvelles - Commentaires [2] - Permalien [#]

piedmarie3



jeudi 26 juin 2014

Artem quævis alit terra

En tout lieu, le métier nourrit son homme. Voilà bien une juste maxime, et qui ne m'inspirerait aucune répulsion si mon Chonchon, l'ayant faite sienne, n'était venu il y a quelques jours m'annoncer que, son diplôme (presque) en poche, il venait de se trouver du boulot pour un an... à Pékin.

Pékin en Chine ? me suis-je bêtement demandé. Ben oui, en Chine, quand on est prof de Français Langue Etrangère, on a plus de chances de se trouver un travail ailleurs qu'ici. Je le savais, que Chonchon allait se tirer au bout du monde - c'est un projet qu'il avait depuis longtemps. Mais j'espérais que ce serait un bout plus proche, Londres, Dublin, Barcelone, un endroit d'où il pourrait revenir pour un week-end ou une semaine de temps en temps. Bien sûr, me répètent à l'envi mes copines, pour lui, c'est fantastique. Bien sûr, avec les prédispositions dont il a toujours fait preuve pour les langues, Chonchon reviendra chinoisant, bien sûr, c'est une grande chance de trouver un boulot avant même d'être sûr qu'on a son diplôme. Mais Pékin ! Je me sens comme Géronte et ne cesse de me répéter, Mais que diable... Hélas, pour cette fois, Molière est impuissant à me réconforter. C'est dur, de voir partir si loin un garçon en lequel on n'a pas encore appris à voir un homme, peut-être parce qu'il n'a jamais perdu ce look de Oui-Oui agitant son grelot dans son automobile...

Mais que diable....

Posté par Marie Fox à 09:46 - Les mômes. - Commentaires [5] - Permalien [#]

piedmarie3

mercredi 25 juin 2014

la belle dé(gaine)

Lors de notre dernière "soirée filles", alors que nous nous plaignions de concert des ravages de la cinquantaine, l'une d'entre nous, plus "in" que les autres a lancé avec désinvolture mais pourquoi vous mettez pas des spanks, avec ça on voit plus ton bide !

Des spanks ? nous exclamâmes-nous en choeur, et quésaco ? Ben des spanks, des body shapers quoi. Une fois n'est pas coutume, ma maîtrise de l'anglais me donna une longueur d'avance sur le "ah!" général. Des gaines. J'avais de la chose deux images, celle des catalogues des Trois Suisses de mon enfance, où des femmes mieux en chair qu'aujourd'hui présentaient les modèles de l'époque, intermédiaire entre la ceinture de chasteté et le gilet pare-balles, et celle de Tabary qui explore avec talent le champ lexical de la chose dans" Iznogoud et les femmes". Nos mères disaient une Playtex, nous disons désormais - faut vivre avec son temps - une Spanks. 

Bref. Aujourd'hui, c'est le début des soldes, et comme j'ai décidé de faire des choses que je n'ai jamais faites jusque-là, je suis allée me noyer ce matin dans le flux transpirant de la cohorte des shoppeuses. Laissez-moi vous dire que c'est la misère, et que j'ai bien failli renoncer en voyant qu'il fallait faire la queue aux cabines d'essayage presque aussi longtemps que pour entrer au Louvre. Mais enfin autour de moi, en grappes serrées, des filles de tous âges menaient mille conversations qui me firent patienter de bonne grâce, c'est pas si souvent qu'on a l'occasion d'entendre autant de conneries à la fois. De pas en pas, je finis par arriver devant un étalage qui me ramena par la pensée à l'anecdote que j'évoquais au début de ce billet - hélas totalement dénué d'intérêt comme vous allez pouvoir vous en convaincre - mais oui, c'était des Spanks, ou assimilées. Puisque j'étais là pour faire des trucs nouveaux, j'en ai essayé une. Wouaou, balaise ! J'ai adopté. Me voici définitivement entrée dans l'âge mûr, et du coup ça m'inquiète. On a combien de temps entre la première Spanks et le 3615 Fuites urinaires ?

Posté par Marie Fox à 12:49 - on s'en fout. - Commentaires [6] - Permalien [#]

piedmarie3

samedi 14 juin 2014

A bon entendeur (Damien), salut.

VOLTAIRE.

 

Quand les familles se maintiennent longtemps, on peut remarquer que la nature finit par produire un individu qui renferme en lui les qualités de tous ses ancêtres, et qui montre unies et complètes toutes les dispositions jusqu’alors isolées et en germe. Il en est de même des peuples, dont toutes les qualités s’expriment une fois, si le bonheur le veut, dans un individu. C’est ainsi qu’on vit paraître en Louis XIV un roi français par excellence, et dans Voltaire l’écrivain le plus éminemment français qui se puisse imaginer, le plus approprié à la nation.

Les qualités qu’on veut trouver, qu’on admire, chez un homme bien doué, sont diverses, et, à cet égard, les exigences des Français sont plus grandes, ou du moins plus diverses, que celle, des autres peuples.

Voici, pour amuser nos lecteurs, cette échelle, que nous n’avons pas tracée peut-être d’une manière complète, ni assurément assez méthodique :

Profondeur, génie, intuition, élévation, naturel, talent, mérite, noblesse, esprit, bel esprit, bon esprit, sentiment, sensibilité, goût, bon goût, intelligence, justesse, convenance, ton, bon ton, ton de cour, variété, abondance, richesse, fécondité, chaleur, magie, charme, grâce, agrément, légèreté, vivacité, finesse, brillant, saillant, pétillant, piquant, délicat, ingénieux, style, versification, harmonie, pureté, correction, élégance, perfection.

De toutes ces qualités et ces manifestations de l’esprit, on contestera peut-être à Voltaire la première et la dernière, la profondeur dans la disposition et la perfection dans l’exécution. Mais tous les dons, toutes les facultés, qui jettent sur la face du monde un brillant éclat, il les a possédés, et c’est ainsi qu’il a répandu sa renommée sur la terre.

 

Goethe.

Posté par Marie Fox à 14:00 - Comme je veux - Commentaires [2] - Permalien [#]

piedmarie3

dimanche 8 juin 2014

A Jacques Rouvière, dédicace.

Je donne un cours de français à deux élèves de seconde qui comptent un peu sur mon aide pour réaliser l'anthologie de poésie sur un thème de leur choix que leur prof attend pour lundi. On est jeudi, j’improvise une razzia dans la bibliothèque, et après un rapide tour d’horizon, les mains poussiéreuses, je leur propose l’humour. Ca leur convient. Moi aussi, d’autant que j’ai toujours à portée de main l’irremplaçable « dix siècles d’humour dans la littérature française » de Jacques Rouvière, quelques recueils de Vian, Allais, Grécourt, bref, de quoi nourrir le sujet.

Elles ont craqué, dans le recueil de Jacques Rouvière, sur cette mini fable de Jean-Pierre de Commun (dont ni elles ni moi n’avions entendu parler) :

La fille violée.

Au commissaire une innocente

En hâte fut porter  la juste plainte :

Ha Monseigneur, dit-elle avec douleur

Prenez pitié de mon malheur extrême

J’implore ici votre pouvoir suprême,

Jean, contre un mur, vient de tollir ma fleur.

Comment cela se pourrait-il bien faire,

Le ravisseur est plus petit que vous ?

Las, il est vrai, répondit la bergère

Mais Monseigneur, je pliais les genoux.

L’une de mes élèves éclate de rire, l’autre, les sourcils froncés, la regarde perplexe. Et  puis la lumière se fait.

« Oui, mais pour toi, c’était plus évident, tu mesures 1m83 ! »

Heureusement on peut encore se procurer cet excellent ouvrage ici, mais dépêchez-vous, il y a peu de fous pour s’en séparer.

 

 

Posté par Marie Fox à 13:09 - Les mômes. - Commentaires [6] - Permalien [#]

piedmarie3

vendredi 30 mai 2014

Les mots du rugby

 

Peut-être comme moi avez-vous regardé samedi dernier le formidable match qui opposait Toulon à Sararacens, et exulté devant les deux essais d’une parfaite élégance de nos toulonnais nationaux. Sûr qu’on les préfère sur un terrain de rugby qu’aux urnes, mais là n’est pas le propos. Si j’aime le rugby, c’est, aussi, à cause de la créativité des entraîneurs et joueurs en matière de langage. Sud, et sud-ouest obligent, leurs expressions aussi fleuries que grivoises me ravissent à tout coup. Comment ne pas sourire à l’image de joueurs « collés au ballon comme des morpions à une couille »,  lorsqu’on entend des recommandations qui pourraient laisser perplexe : On s’isole pas tout seul, on s’isole à plusieurs », où quand un joueur en met un autre en garde « attention, y’a pas que les bonbons qui font tomber les dents ». Les footballeurs aussi disent des conneries, mais c’est le plus souvent, comme les cyclistes, à l’insu de leur plein gré. Cela tient sans doute, à ce que le rugby est un sport de brutes joué par des gentlemen, alors que le football est un sport de gentlemen joué par des brutes….

Posté par Marie Fox à 09:40 - Insignifiances - Commentaires [4] - Permalien [#]

piedmarie3



Fin »