Melting Pot et vin blanc doux

Parce qu'on peut pas compter que sur la Providence.

lundi 15 septembre 2014

Mais c'est vous qui l'avez voulu, mon amour...

Je cherchais un texte qui rassemble les difficultés majeures de prononciation du français pour les espagnols. Des j, des z, des v, des ou, des u, et tout à l'heure, en écoutant Gainsbourg.... en musique, c'est toujours mieux. Ils risquent de me mâchonner la Javanaise un moment avant d'y arriver, mais ça coûte rien d'essayer...

La javanaise.

 

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piedmarie3


mardi 2 septembre 2014

C'est la rentrée, youppie !

Je sais à quel point cette période de l'année désole tant de profs et d'élèves. C'est dur, de gérer des Brandon  par paquet de trente, j'en conviens. Mais pour moi qui n'ai jamais plus de trois ou quatre moufflets à la fois dans ma cuisine, c'est un bonheur toujours renouvelé. Ils sont drôles, créatifs, imprévisibles, brillants, appliqués. Ils me font souvent rire, je les fais pleurer quelquefois (mais j'ai remarqué que la crise de larmes survient souvent le jour où ils mesurent avec exactitude le fossé qu'ils ont à franchir), et puis je vais tester bientôt une grande nouvelle idée. Je vais leur donner un buzzer, avec une seule règle. Pour trois points marqués, un macaron. Pour toute réponse non argumentée (donc non réfléchie), moins un macaron. Y'a qu'avec mon aspirante Elite que ça va poser problème, je lui donnerai des carottes à la place. J'ai dans l'idée qu'ils vont cartonner, et n'allez pas m'accuser de les engraisser, hein, depuis un an, tout verbe irrégulier non su vaut dix pompes au fauteur, et l'omission d'un s à la troisième singulier du présent simple l'oblige à une performance de pom pom girl... Pour renforcer l'efficacité, je travaille en binômes fille/garçon. Je vous laisse imaginer les progrès...

Hélas, j'ai aussi, depuis un an, beaucoup d'élèves adultes. Ils sont beaucoup moins rigolos, même s'ils fonctionnent sur les mêmes bases, et selon les mêmes règles. J'annonce en début de cours le point particulier sur lequel je demande zéro erreur, et je mets une tasse sur la table. Tout plantage leur coûte vingt centimes, je garde le butin à la fin du cours. Mes bénéfices, hélas, excèdent rarement les quarante centimes. Insuffisant pour financer les macarons, mais bon, j'ai jamais prétendu enseigner les sciences humaines....

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piedmarie3

mercredi 27 août 2014

épitaphe d'un avare.

Ci-gît qui follement se hata d'expirer

Pour ne pouvoir pas digérer

Les frais qu'auraient coûté

Sa longue maladie

S'il savait ce qu'il coûte

A se faire enterrer,

Il aurait regret à la vie.

 

Amusements d'un philosophe solitaire, J. Bardoux, 1782.

Posté par Marie Fox à 15:14 - épitaphes amusantes - Commentaires [1] - Permalien [#]

piedmarie3

Eussé-je écrit pour un public djeun

que je me serais abstenue de reproduire ici cet extrait de "Imirce, ou la fille de la nature", mais je crois qu'on est plus ou moins entre vieux cons (mais non, restez) et que ça devrait, comme à moi, vous arracher un franc sourire. Comme je suis bonne, je vous épargne les f/s, u/v et autres "ois" qui plombent ce siècle.

"Le médecin avait ordonné un lavement. On fut le commander à l'apothicaire. Ariste, occupé dans ce moment, oublia de me donner des notions du lavement & des cérémonies qui le précedent L apothicaire entra chez moi, tira de dessous sa redingotte une seringue. Je la pris pour un tonnerre de poche(1), il était à peu près emblable à ce qu' Ariste appellait un fusil. Je frémis en le voyant. Je demandai à cet homme s il voulait me donner la puanteur(2). Non, non Mademoiselle, cela ne pue point c'est une décoction de camomille, l'odeur n'es pas désagréable pour ceux qui aiment la camomille romaine. Il faut prendre s'il vous plaît ce remede tandis qu il est chaud. Voyant que je ne remuais pas, l'apothicaire me dit Allons Mademoiselle, mettez-vous sur le lit Ne concevant rien à la médecine je crus qu il fallait boire ce breuvage sur mon lit, je m'y jettai. Tournez-vous me dit il. J'eus la complaisance d'obéir.Troussez-vous. Qu'appelles-tu me trousser ? Découvrez votre derrière, je ne puis vous donner le lavement dans cette attitude. Comment monstre,  que veux-tu ? Serais-tu un Jésuite ?

HJ de Laurens, 1776.

(1) Tonnerre de poche, je suppose que c'est de l'argot de l'époque pour un genre d'escopette à canon scié ?

(2) Là, on en est réduits à subodorer, ou bien quelqu'un a une explication ?

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piedmarie3

mardi 26 août 2014

bidonnage matinal...

C'est en cherchant un vieil album sur Pirate Bay que je suis tombée ce matin là-dessus. Aznavour iningliche. De quoi décomplexer tous les handicappés de l'accent british ! Allez, tous en choeur lette mi telle of eu taime ouère ze oueurld ouaze in raïme ouize ze saounde of aour lafteur....

 

Posté par Marie Fox à 09:16 - Mùsica - Commentaires [3] - Permalien [#]

piedmarie3



lundi 25 août 2014

Ca me cloue le bec !

Quand je lis le Canard, je commence toujours par les perles de la presse. Aussi ce matin, après avoir fait l’emplette de mon journal préféré, me suis-je tout droit rendue à la page 6, pour y découvrir exactement les mêmes que la semaine dernière. Sacrebleu !  M’exclamai-je incontinent, voilà qu’eux aussi nous prennent pour plus séniles que nous ne sommes. C’est en passant à la rubrique « couac », elle aussi identique à celle de la semaine dernière, que j’ai compris que j’avais encore inconsidérément présumé de mon intellect. On est lundi, pas mercredi, et j’ai acheté deux fois le même journal.  Par pitié, dites-moi que ça vous est arrivé aussi, et que c’est pas grave.

Posté par Marie Fox à 12:54 - equarissage - Commentaires [5] - Permalien [#]

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lundi 21 juillet 2014

Eloge (avorté) de la tendresse.

Un rire grave dans la nuit, des tintements de verres, un murmure – c’est le vent que coupent les feuilles aigues des lauriers roses, l’ombre du dos d’un chat sur le mur dénudé. Dans un reflet de gris, quelques belles de nuit jettent un effet de rose, les bulles du vin sec s’éteignent en bémols, le silence enfin parle et chuchote à mon cœur des bribes de poèmes et puis soudain, comme un poing dans la gueule, hargneux un voisin hurle, à son fils ? à son chien ? Arthur, j’ai dit couché !

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piedmarie3

lundi 14 juillet 2014

Indignez-vous !

Des figuiers, des ajoncs, des tortues, des sarcelles, des mûres dans les ronces, le vent qui fait bruisser les bambous plantés drus dans un ruisseau salé, des mulets en pagaille dans les ombres de l’eau, une couleuvre lente, des cactus tout fleuris de fleurs de papier jaune, et dans ce paradis, chemin vers nulle part, cinquante fadas courent, i-pod au bras, en plein soleil, le cœur battant et sans rien voir, et on ose dire que c’est bon pour la santé !

Posté par Marie Fox à 20:38 - Comme je veux - Commentaires [5] - Permalien [#]

piedmarie3

Singing in the wind.

Tout autour le ciel délavé à peine ponctué de sternes dessinait un linceul d’été. Les jupes des rares passantes s ‘envolaient de mistral, salé, mouillé à peine de quelques gouttes, comme un parfum vaporisé. Les pins parasols torturés montraient aux acacias frivoles qu’on n’ondule pas dans le vent quand on est né bien éduqué en restant droits dans les bourrasques. Ici et là des clebs amorphes imprimaient leur odeur fétide  à des jardins en déshérence clos de bambous mal équarris, des vieux aux pupilles transparentes parlaient entre eux des jours passés,  en désignant du bout ferré de leurs cannes à tenir courbé une môme aux mollets maigres prisonnière d’une corde à sauter, et sur les fils pendus dans l’air, les tourterelles faisaient entendre le même chant qu’hier et demain, le coucourou des jours qui passent, un jour brûlant, un jour glacé, sous le ciel ponctué de sternes qui dessine un linceul d’été.

Posté par Marie Fox à 20:19 - polésie débile - Commentaires [4] - Permalien [#]

piedmarie3

mercredi 9 juillet 2014

Mille et un billets,

doux le plus souvent, cent mille pages lues, soixante mille visiteurs. Jolie - quoique modeste - conjonction de chiffres pour une handicapée du compteur. Je profite de l'occasion pour saluer, avec une révérence, mes lecteurs réguliers, les déclarés et les silencieux, ainsi que la cohorte des anonymes qui se sont désaxé le sacrum, les dix mille curieux qui cherchent pourquoi on appelle robert les nichons des filles, les infortunées victimes d'un arrêté de péril sur un balcon, les amoureux des orchidées, les improbables qui voudraient en savoir plus sur le code safranschou ou saint raboni, que je déçois chaque jour, les anglophones épris de Vian, les amateurs de cromesquis et les mateurs de beaux culs en jean qui font le très relatif succès de ces pages, mais c'est toujours mieux underground !

Posté par Marie Fox à 20:40 - on s'en fout. - Commentaires [2] - Permalien [#]

piedmarie3



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