Melting Pot et vin blanc doux

Parce qu'on peut pas compter que sur la Providence.

mercredi 22 octobre 2014

L'EN needs somebody, help !

On pourrait trouver ça amusant, mais je ne suis pas tout à fait sûre qu'il y ait matière à rire. Lorsque je travaillais encore dans les collèges-lycée, je détestais au plus haut point les conseils de classe, pour au moins deux raisons. D'une part il y régnait une ambiance imbécile de jugement dernier, d'autre part, ces réunions m'apparaissaient comme un raccourci éloquent d'un système social révolu découpé en trois classes : la noblesse, le clergé et le tiers état, bien souvent physiquement représenté par le positionnement  de leurs représentants autour de la table. Près du Roi proviseur, les enseignants des matières nobles : maths, physique, sciences, puis ceux du clergé, français, histoire géo, et enfin ceux du tiers état, anglais, espagnol, italien, allemand. Le sous-prolétariat incarné par les enseignants de dessin, musique et gym, le plus souvent, se dispensait d'assister à ces réunions, trop conscients qu'on ne leur demandait rien, et surtout pas de ramener leur science. Lors des fatidiques conseils du troisième trimestre, qui décident du passage des élèves en classe supérieure, seuls les représentants de la noblesse et du clergé avaient voix au chapitre, les autres étant priés de se souvenir que les matières qu'ils enseignaient n'étaient que "secondaires". Ils pouvaient, au mieux, appuyer une motion de redoublement, jamais - ou très rarement - l'éviter. Pour cette raison, et nombre d'autres dont je ne vous entretiendrai pas aujourd'hui, je suis partie voir ailleurs si le monde tournait plus rond.

Or, j'assiste, depuis quelques mois, à une révolution qui, je dois l'avouer, me fait plaisir parce qu'elle illustre l'imbécillité de cette primauté des sciences sur tout le reste. Alors qu'il y a encore peu de temps, l'essentiel des élèves qui me contactaient pour des cours de langues étaient des mômes scolarisés, ceux-ci ont presque disparu de ma cuisine, laissant la place à une horde d'adultes de tous âges (le plus jeune a 25 ans, le plus âgé 66) qui stagnent dans leur carrière professionnelle parce qu'ils ne parlent pas anglais. Ayant discuté récemment avec quelques profs de maths et de physique, j'ai pu constater que leur clientèle n'avait absolument pas évolué. Nul, aujourd'hui, ne se voit refuser une promotion parce qu'il ignore tout du calcul intégral ou de la superposition des strates chère aux quantiques. Qu'ils travaillent dans le commerce, le secteur médical, financier, la pub ou le marketting, tous se mordent les doigts d'avoir négligé l'apprentissage de la communication. Dans le même temps, les profs de langues se font rares, lassés sans doute d'être les laissés pour compte d'un système borgne, et les proviseurs font le siège des agences de Pôle Emploi pour en trouver quelques-uns à mettre devant leurs tableaux noirs. J'ai moi-même décliné, depuis la rentrée de septembre, quatre postes d'intervenant en anglais pour les primaires, et deux en secondaire. Ces établissements, il faut le préciser, ne m'avaient pas contactée par le biais de Pôle Emploi, mais via une annonce "Traductrice donne cours d'anglais" sur "Le bon coin". Le salaire proposé, dérisoire, aurait fait rire de moins opiniâtres au gain que moi, et la méthode qui consiste à coller un adulte (pourvu ou dépourvu de diplômes) devant une classe juste pour remplir ses obligations contractuelles me paraissant absolument ahurissante. J'ai pourtant fini par accepter l'un de ces postes, toujours via "le bon coin", à l'Université : j'étais flattée, d'abord, et puis il faut bien admettre que le salaire, cette fois, atteignait des sommets dont mon portefeuille n'a pas l'habitude. Pourtant, pour être tout à fait honnête, j'avais accepté le poste bien avant qu'on en arrive à discuter pognon. Si ce respectable établissement cherchait un prof d'anglais d'appoint, c'est qu'ils avaient sur les bras une quarantaine d'élèves adultes aux profils très divers qui ne partageaient qu'une seule caractéristique : leur niveau d'anglais était tellement bas qu'il était impossible de les intégrer à un cursus "normal". Ma mission était donc de les amener, en dix semaines, de rien à un niveau de fin de seconde : j'avoue que le défi m'a séduite. J'ai relevé les manches de mon pull, et je me suis lancée. Les moyens mis à ma disposition ? aucun. Ni labo de langues, ni manuel ni même l'une de ces petites salles de cours où l'on circule à l'aise entre les tables. Quarante adultes et un amphi, voilà tout. Libre comme l'air de mes méthodes, pourvu que je les rende opérationnels dans les temps. Je vous dirai, bien sûr, comment ils s'en sortent, et si j'arrive à leur donner des bases suffisantes pour qu'ils puissent avancer, mais on ne m'ôtera pas de l'idée que si, du temps de leur scolarité, on avait souligné que la maîtrise de l'anglais était aussi importante que celle des maths, ils ne seraient pas si nombreux à assister à mes cours pour sortir la tête de l'eau.

Posté par Marie Fox à 09:25 - Insignifiances - Commentaires [0] - Permalien [#]

piedmarie3


lundi 20 octobre 2014

Prof en Chine.

Ca ressemble à une contrepèterie, mais ça n'en est pas une. Puisque vous suivez, vous savez que mon Chonchon, tout frais émoulu de l'Université, est parti enseigner le Français en Chine. Avant son départ, nous nous sommes interrogés tous les deux sur le matériel pédagogique dont il poouvait avoir besoin. Boh, je lui ai dit, dans une université de la taille de celle où tu vas bosser, c'est pas les ressources qui doivent manquer. Il est donc parti avec ses imagiers d'enfants, pour le vocabulaire des débutants, quielques livres de contes, des bricoles d'appoint quoi.

Or hier Chonchon m'a envoyé un message par skype. C'est à peu près le seul moyen de communiquer que nous avons, Gmail étant, pour une raison qui m'échappe, interdit en Chine, comme Facebook d'ailleurs. Il avait besoin d'aide : pas la moindre ressource de français à la bibliothèque de l'Université, à l'exception de quelques livres en français - écrits par des chinois : une catastrophe m'explique-t-il, non seulement ignorants des plus élémentaires règles de syntaxe, mais employant un vocabulaire tellement obsolète qu'il ne voyait vraiment pas quoi en faire. Là quand même, je lui ai posé la question, du vocabulaire obsolète ? Quésaco ?

"Ben par exemple, Triomphateur, tu le dis souvent toi ?" Ben voilà, t'as l'impression de lire l'éloge de Napoléon écrit par un apprenti francophone des colonies d'Afrique noire aux début du 20ème siècle. Mais enfin, Chonchon, ai-je rétorqué (puisqu'on était dans l'obsolète) fais les travailler sur des chansons, elles vont adorer ça tes étudiantes chinoises, les premiers Gainsbourg, la môme Piaf, Brel... tu te sers du texte comme base de vocabulaire et grammaire, et tu les fais chanter pour la prononciation...

Là dessus, la connexion a planté, alors je lui ai laissé quelques liens sur Youtube qui me paraissaient propres à le tirer d'affaire. Ce matin, quand j'ai rebranché mon PC, il m'avait laissé un mot de commentaire : Qu'est-ce que tu veux que j'en fasse de tes liens Youtube ? Je suis en Chine, c'est censuré Youtube, t'en as d'autres, des idées brillantes de ce genre ? Bon, non, ou du moins, j'en ai une : je vais lui envoyer une série de DVD, à l'hasard, parce que, m'a-t-il dit, on l'a prévenu de ne pas se faire envoyer de colis. Dans cette région au fin fond des terres, les colis n'arrivent quasiment jamais à leur destinataire. Mais enfin, c'est compter sans la légendaire chance qui a toujours accompagné Chonchon dans ses tribulations. N'empêche, je me demande, lui qui vit connecté 24/24 ici, comment il fait, dans un pays où il ne peut même pas accéder à Youtube ?

Posté par Marie Fox à 08:27 - Les mômes. - Commentaires [7] - Permalien [#]

piedmarie3

mercredi 15 octobre 2014

Hilarious !

C'est extrait du dernier épisode de Big Bang Theory, et c'est tout le mystère de la grammaire anglaise révélé à vos yeux ébahis. Testez-vous

Posté par Marie Fox à 14:01 - cours d'anglais - Commentaires [2] - Permalien [#]

piedmarie3

De Lorenzacio à Justin Bieber.

Je vous racontais, voici quelques semaines, que Chonchon partait en Chine. De l'eau a passé sous les ponts depuis, et je ne cause plus avec lui que via Skype (ah, la belle invention que voilà). Chonchon, donc, me raconte. Lui qui pensait que dans une ville de cinq millions d'habitants, il ne serait guère dépaysé se rend compte qu'il est, en fait, à la campagne, dans l'une des provinces les plus déshéritées du pays, où les occidentaux sont si rares qu'il ne peut se promener dans la rue sans être arrêté tous les dix mètres par des chinois désireux de se faire prendre en photo avec lui. Quand il a débarqué, deux étudiantes de l'Université sont venues le chercher à l'aéroport, ravies de lui faire découvrir leur ville. "Et tu sais pas où elles m'ont emmené en premier ?" Non, je sais pas."A Carrefour ! pour me montrer le rayon "Reflets de France". Chonchon, gentiment, a admiré la France reflétée dans les yeux des deux chinoises, mais sans la reconnaître vraiment. Ont suivi les formalités d'usage, enregistrement au poste de police local, ouverture de comptes bancaires, acquisition d'une carte SIM internationale pour son téléphone, puis restau avec les deux demoiselles.

C'est le lendemain, quand il est arrivé à l'Université où il officie, que le véritable choc est arrivé. "Le directeur du département m'a emmené dans la première classe de Français, où l'on entendait de loin un paquet de filles rire et pépier. Pour leur ménager une surprise, personne ne leur avait dit que j'étais enfin là, mais elles m'attendaient depuis déjà trois mois. Quand j'ai passé la porte, ça a été le silence instantané. Elles ont toutes sorti leur téléphone pour me prendre en photo, et puis ça a été la standing ovation, comme si j'étais les Stones à moi tout seul, et puis les questions...

"Tu es célibataire ?"

"Oui."

"qu'est-ce que tu penses des filles chinoises ?"

Voilà, c'est ça surtout qui les intéresse. Figure-toi que comme la transcription de mon nom en chinois est ridicule, elles ont décidé de me donner le nom d'un héros de feuilleton télé, archétype du romantisme, et me voilà baptisé d'un sobriquet qui signifie "L'homme qui vit au sud du Fleuve", mais je vais me faire respecter comment, moi, par des filles de 22 ans qui me voient comme un concentré de Lorenzo et Justin Bieber ?" Sans compter qu'ils m'attendent tous depuis tellement longtemps que même le marchand de beignets du coin de la rue est venu me saluer quand je suis passé - il savait que j'étais le nouveau prof de Français. Quand je monte dans un bus, c'est le silence complet pendant vingt secondes, et après tout le monde se bouscule pour me faire une place et me parle en chinois (personne parle anglais ici). Alors moi comme un con, je souris à la ronde, mais j'espère que ça va se calmer un peu, parce que franchement, la vie de star, j'ai pas l'habitude, hein !

Pas l'habitude, sans doute, mais je vois bien que ça lui plaît, cet accueil triomphal qu'on lui fait, et ce parterre de filles de vingt ans qui ne sont pas très loin de lui lancer leur culotte quand il a fini son cours.... Veinard, va. Moi quand j'ai commencé mes cours à l'Université, la semaine dernière, on m'a demandé de me pointer dix minutes avant pour me montrer la photocopieuse, et démerde-toi. Personne m'a applaudie, même après le cours, et pourtant, j'avais assuré !

Posté par Marie Fox à 09:17 - Les mômes. - Commentaires [2] - Permalien [#]

piedmarie3

mardi 30 septembre 2014

Fifi brindacier revue et corrigée...

Signe des temps de con que nous vivons, Fifi brindacier ne sera plus, dans la version expurgée par la TV suédoise de toute trace de "racisme", la fille du "Roi des nègres", mais celle du roi-tout-court. Afin de ne choquer personne, on a même supprimé, dans l'un des épisodes, une scène où Fifi se bridait les yeux pour faire le chinois. C'est vrai que plus "offensive", on fait pas. Je vous le dis, le monde part en couille à force de penser comme les américains, et il est temps de se révolter contre leur gestion aseptisée des rapports humains et le choix soigneux des euphémismes qui leur sert de conscience. Où bien va-t-on aussi réécrire Robinson Crusoë pour le blanchir (pardon, l'innocenter) de toute condescendance vis-à-vis de Vendredi ? La liste en ce cas sera longue des ouvrages où des paragraphes entiers seront réécrits à la manière de Crébillon, sacré ........................................................................................merde !

Posté par Marie Fox à 08:58 - Comme je veux - Commentaires [3] - Permalien [#]

piedmarie3



lundi 29 septembre 2014

Attention pente glissante.

Les psy vous le diront, il n’y a pas de lapsus innocent.  Or il se trouve qu’en ce moment mes monologues silencieux regorgent de choses bizarres auxquelles j’ai décidé de prêter un peu plus d’attention.  Ce matin, ayant longuement pesé le pour et le contre d’une décision à prendre dans une traduction, j’optai pour une conclusion latine, nulli concedo, fameuse devise d’Erasme. Oui mais, ce que je me suis susurré dans un demi sourire, c’est « la fameuse devise de Marasme ».  Allons bon, comment ai-je pu glisser là ? Erasme- Erasmus- Marasme. Serais-je excessivement perturbée par l’envol vers des contrées lointaines de mes deux aînés partis à la fac à Chailles(1) ? Ca, j’ai pas besoin d’un psy pour me le dire, mais j’aimerais savoir, nulli concedo, il m’est venu par hasard ou bien parce que le temps, lui non plus, ne fait pas de concessions et que je suis – enfin – en train d’en prendre conscience ?

 

(1)    A Chailles, par chez nous, ça veut dire putain de très loin.

Posté par Marie Fox à 13:15 - on s'en fout. - Commentaires [3] - Permalien [#]

piedmarie3

dimanche 21 septembre 2014

Bonjour ma jolie dame...

Pendant presque vingt ans, je suis allée le dimanche matin faire ma provision de légumes chez Robert, qui m'accueillait invariablement d'un "Bonjour jolie dame!". Un étal de cageots en vrac sur des tréteaux, un choix restreint à ce qui pousse en saison au Bornand. Patates, salades, courges, haricots, carottes, framboises, épinards, rien d’extraordinaire, si ce n’est que ses légumes, comme ceux que faisait pousser ma Victor dans son jardin, ignoraient l’art du calibrage imposé par les normes européennes. Et Robert était bien conscient de la véritable valeur de ses cultures, qu’il portait à notre attention par des mentions gribouillées au crayon de maçon sur des bandes de carton ondulé découpées à l’arrache. « Patates très très bonnes », « haricots super » « carottes de jeune fille ». Il me faisait un clin d’œil en rajoutant la plus grosse de toutes à mon panier « Y’en a qui croient que c’est pour le teint, mais vous, je suis sûr que vous savez de quoi je cause ». Bien sûr, Robert. Je suis assez peu adepte du graveleux, mais il avait le chic pour faire passer ses allusions. Rustique, mais efficace. Avait-il oublié l’une de ses pancartes qu’il la réécrivait sur place, taillant son crayon à la hachette sur le bord du trottoir. « Pourquoi vous rigolez, jolie dame, ça y fait bien, ‘gardez ‘voir ». Fin décembre, il ne manquait jamais de m’offrir deux gros bouquets de houx « Prenez-y vite avant que ma femme y ‘oie, qu’elle vous ferait payer l’air que vous respirez… » Je prenais mes deux bouquets et je lui collais une bise, pour lui apprendre à être trop gentil. Robert aimait ses légumes, et ses clients, mais le calcul n’était pas son fort, alors au moment de peser, il mettait tout dans le même sac qu’il accrochait à sa balance romaine. « J’vous-z-y fait tout à un euro, on va pas s’comparer(1) pour trois sous, hein ». Je repartais avec mes cinq kilos pour cinq euros, plus un radis noir ou une tranche de courge en bonus.

Et puis, depuis plusieurs semaines déjà, Robert a disparu. Parti en vacances ? Il ne les aurait pas volées… Ce matin, enfin,  j’ai croisé sa femme. « Ben alors, c’est quoi ce bazar ? il est où le Robert ? » Elle a fondu en larmes. « Il est parti, sans même dire au revoir, une crise cardiaque en descendant à la cave ». Ca m’a retournée, bêtement. J’y aurais su que je serais allée à l’enterrement rendre à sa gentillesse l’hommage qu’elle méritait. Je me rattrape ici, des fois que, sait-on jamais, il puisse lire d’où il est qu’il va me manquer, et qu’en mémoire de lui, y’aura pas de houx sur ma table à Noël.

(1) Les savoyards disent "se comparer" pour "s'emmerder". "Je me suis comparée une heure pour quitter la tache d'huile de ton pantalon".

Posté par Marie Fox à 09:31 - Comme je veux - Commentaires [5] - Permalien [#]

piedmarie3

lundi 15 septembre 2014

Mais c'est vous qui l'avez voulu, mon amour...

Je cherchais un texte qui rassemble les difficultés majeures de prononciation du français pour les espagnols. Des j, des z, des v, des ou, des u, et tout à l'heure, en écoutant Gainsbourg.... en musique, c'est toujours mieux. Ils risquent de me mâchonner la Javanaise un moment avant d'y arriver, mais ça coûte rien d'essayer...

La javanaise.

 

Posté par Marie Fox à 16:04 - Insignifiances - Commentaires [4] - Permalien [#]

piedmarie3

mardi 2 septembre 2014

C'est la rentrée, youppie !

Je sais à quel point cette période de l'année désole tant de profs et d'élèves. C'est dur, de gérer des Brandon  par paquet de trente, j'en conviens. Mais pour moi qui n'ai jamais plus de trois ou quatre moufflets à la fois dans ma cuisine, c'est un bonheur toujours renouvelé. Ils sont drôles, créatifs, imprévisibles, brillants, appliqués. Ils me font souvent rire, je les fais pleurer quelquefois (mais j'ai remarqué que la crise de larmes survient souvent le jour où ils mesurent avec exactitude le fossé qu'ils ont à franchir), et puis je vais tester bientôt une grande nouvelle idée. Je vais leur donner un buzzer, avec une seule règle. Pour trois points marqués, un macaron. Pour toute réponse non argumentée (donc non réfléchie), moins un macaron. Y'a qu'avec mon aspirante Elite que ça va poser problème, je lui donnerai des carottes à la place. J'ai dans l'idée qu'ils vont cartonner, et n'allez pas m'accuser de les engraisser, hein, depuis un an, tout verbe irrégulier non su vaut dix pompes au fauteur, et l'omission d'un s à la troisième singulier du présent simple l'oblige à une performance de pom pom girl... Pour renforcer l'efficacité, je travaille en binômes fille/garçon. Je vous laisse imaginer les progrès...

Hélas, j'ai aussi, depuis un an, beaucoup d'élèves adultes. Ils sont beaucoup moins rigolos, même s'ils fonctionnent sur les mêmes bases, et selon les mêmes règles. J'annonce en début de cours le point particulier sur lequel je demande zéro erreur, et je mets une tasse sur la table. Tout plantage leur coûte vingt centimes, je garde le butin à la fin du cours. Mes bénéfices, hélas, excèdent rarement les quarante centimes. Insuffisant pour financer les macarons, mais bon, j'ai jamais prétendu enseigner les sciences humaines....

Posté par Marie Fox à 13:04 - Les mômes. - Commentaires [5] - Permalien [#]

piedmarie3

mercredi 27 août 2014

épitaphe d'un avare.

Ci-gît qui follement se hata d'expirer

Pour ne pouvoir pas digérer

Les frais qu'auraient coûté

Sa longue maladie

S'il savait ce qu'il coûte

A se faire enterrer,

Il aurait regret à la vie.

 

Amusements d'un philosophe solitaire, J. Bardoux, 1782.

Posté par Marie Fox à 15:14 - épitaphes amusantes - Commentaires [1] - Permalien [#]

piedmarie3



Fin »