Melting Pot et vin blanc doux

Parce qu'on peut pas compter que sur la Providence.

vendredi 18 mai 2012

weblike...

cuisin63Je n'avais, jusqu'à présent, rencontré qu'une seule fois "en vrai" l'une de mes web-relations. Il s'agissait de Xav, le plus ancien de mes exolecteurs. Nous avions saisi l'occasion du salon du livre de Lyon pour nous faire un café à bâtons rompus dont je garde un excellent souvenir.

Hier, j'ai rencontré Christian, mon comparse du coin français de Swans depuis de nombreux mois, dont les portraits chantournés au stylo plume me ravissent inévitablement. On est toujours inquiet, quand on va à la découverte de ce qu'on a l'impression de connaître déjà, des surprises que pourrait ménager la réalité. On a tort. Finalement un oeil, un style, une façon de regarder le monde ne sont pas si aisés à contrefaire, et tricher avec ça ne doit pas être si facile. La preuve ? Christian m'avait apporté des cerises. J'ai dû décliner l'offre pour cause de mal au bide, mais l'attention est exactement celle que j'attendais... des cerises, allez le lire, et vous comprendrez toute l'adéquation.

Nous avons dû pour cette fois nous contenter d'un café même pas au soleil. A votre prochaine visite, M'sieur Christian, ramenez vos cerises, on se les mangera à Providence, accompagnées d'un petit Viognier que je garde pour l'occasion...

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piedmarie3



mardi 15 mai 2012

Sténopé !

Il paraît que le phénomène a un nom. Allez donc lire cet article, dont le titre m'a si bien accroché l'oeil. Sans que je sache de quoi il retournait exactement, j'ai eu l'intuition que c'était ce qui se passe chez nous à Providence, et qui depuis toujours nous fascine, ma voisine Laurence et moi.

Des jeux de lumières pas communs, qui vous impriment l'extérieur à l'intérieur, en colorama ocre et bleu. C'est souvent fugitif, toujours magique. Dans les chambres sous les toits, à l'aube, et pour peu qu'on n'ait laissé à la lumière que ce qui lui est nécessaire, c'est toute la façade du couvent de l'autre côté de la rue qui s'imprime à l'envers sur nos murs en teintes douces, entraînant des jeux de fenêtres, affichant le va et vient des nonnes et des nuages dans le ciel. J'ai toujours appelé ça la géométrie de Providence, une des raisons qui m'ont si fort attachée à l'endroit. Ce matin, je sais enfin exactement comment ça marche et comment ça s'appelle. Un peu de magie en moins, mais un sourire en plus. Providence est donc sténopée... et à la pointe du design !

Posté par Marie Fox à 07:37 - Insignifiances - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

piedmarie3

lundi 14 mai 2012

La poésie de Sheldon Cooper...

c4800f0aCeux d'entre vous qui sont accros de séries TV américaines de dernière génération connaissent Sheldon Cooper et sa bande de copains : de fort brillants sujets, docteurs en physique ou astrophysique à seize ans, férus de comics, parlant Klingon couramment, et complètement déconnectés des réalités sociales.  La caricature - hilarante– de ces nerds n’a pas plu à tout le monde, suscitant chez certains universitaires américains  qui se sont sentis visés des réactions acerbes. « Nous ne sommes pas comme ça ! ». Voire. Sheldon se gausse du doctorat de biochimie de son amoureuse platonique pas piquée des vers elle non plus, balance vanne sur vanne à son pote Howard, un ingénieur, et ne se tient plus de rire quand on lui présente un docteur en littérature. Bien sûr, tous ne sont pas comme ça.  Mais s’il est une constante chez les exclusifs de la mathématique, c’est non pas la condescendance envers les sciences sociales ou la littérature, mais simplement une incapacité structurelle à regarder le monde sans se foutre au préalable un compas dans l’œil. Bien sûr, il est impossible de généraliser. Mais une bête étude statistique démontrera aisément  qu’une majorité écrasante de jongleurs de fractales est totalement imperméable au primesautier, alors que tout un chacun, à l’étal d’un marché, s'esbaudira des séquences d’une coquille saint jacques.

Pour être honnête, j'aurais dû ranger cet article sous la catégorie n'importe quoi, mais j'y arrive pas !

Posté par Marie Fox à 18:45 - Bidouilles et amusements - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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lundi 7 mai 2012

Il y a trente et un ans...

Je votais pour la première fois. En fêtant la victoire le même soir, je rencontrais l'homme de ma vie. Dix ans plus tard, à un jour près, nous nous penchions sur le berceau de plexiglas de notre deuxième rejeton. Hier, comme à notre habitude, nous sommes allés voter "en famille". S'il est une chose que nous avons réussi à transmettre à nos trois garçons, c'est notre intérêt pour la vie politique. Nous ne sommes pas toujours d'accord, et mon "gauchisme" les fait souvent rire. Qu'importe. Il faut savoir choisir son camp. Celui de la tolérance, de la justice. Y'a plus qu'à, Monsieur Hollande. Y'a plus qu'à travailler à faire briller à nouveau au frontispice des mairies de France ces si jolis mots : Egalité, Fraternité. Pour le reste, il faudra faire avec, ou sans, y'a des choses sur lesquelles on a peu de prise - mais tant de moyens de soigner un pays dans le caca...

Good Luck, Monsieur le Président !

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dimanche 6 mai 2012

Dissuasif...

513DNMS3G4L" Les électeurs du bureau de Trou Poisson, dans la commune d'Irracoubo (140 km de Cayenne) ont dû patienter ce matin, le temps d'évacuer un serpent très venimeux y avait pris ses quartiers".

Source : Le Matin, 6 mai 2012.

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mercredi 25 avril 2012

Le Vrai Travail...

Ca sonne comme un titre de Zola. Germinal, La Terre, L'argent, L'Oeuvre, La Débâcle, Le Vrai Travail. A vrai dire, j'adorerais lire le portrait de ces cinq dernières années rédigé par l'Emile, avec Poutou en Lantier, Takiekine en Saccard, et le patron du bistro du coin dans le rôle de l'infâme Lebigre. Avec, bien sûr, pour la touche de modernité, une adaptation au Théâtre ce soir dans des décors de Roger Hart.

Hélas Zola est mort. Consolons-nous avec ce qu'il nous reste, le monde n'a pas changé.

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vendredi 20 avril 2012

Préparons le bac de Français.

Aujourd'hui, Manon Lescaut.

Mon fils me résume, en gros, l'histoire, et se lance dans l'explication du premier extrait choisi. Je le coupe. J'aimerais bien quelques précisions sur l'époque, le contexte social, les aspects marquants de la Régence. Il me situe tout ça à peu près bien (quoique mes interludes historiques l'agacent visiblement - d'autant que celui d'hier, à propos du Jansénisme, a pris une grosse heure), jusqu'à ce que je lui demande de m'expliquer ce qu'est le libertinage.

C'est la façon de vivre des jeunes nobles de l'époque, sans morale, d'une honnêteté variable, avec un goût prononcé pour les putes.

Je rectifie. Pas des putes, des courtisanes.

Mon fils se redresse sur sa chaise, me coule un regard amusé.

D'accord, explique-moi la différence, je sens que ça va être enrichissant...

Bon, j'ai laissé tomber hein, j'étais mal barrée.

Posté par Marie Fox à 17:17 - Les mômes. - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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jeudi 19 avril 2012

Du ridicule d'interdire la proclamation des résultats avant 20 heures.

Quiconque veut les connaître peut, à partir de dix huit heures trente, les avoir là, sur la Radio Suisse Romande, et y'a même pas besoin d'ordinateur, une bête radio suffit. Et c'est pas nouveau, nombre de frontaliers le font depuis des lustres... Alors franchement, mettre le lien vers un moyen parfaitement légal de savoir, c'est passible de la même amende ?

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mardi 17 avril 2012

Littérature politicienne.

Nicolas Sarkozy, interrogé sur la taxe carbone : "C’est un sujet tellement complexe. Comme disait Victor Hugo, c’est tellement dommage de simplifier les choses. Si vous saviez comme on souffre du tempo médiatique. Chateaubriand en a tellement souffert."

Pauvre Chateaubriand. Il avait déjà bien servi à De Gaulle, qui, se mesurant à l'aune du Visionnaire ultramonarchiste (1) d'un siècle défunt, dit de lui "Il pose sur l'avenir un regard profond… En fait, il avait presque tout vu… y compris les bolcheviks… et puis, je sens comme lui : essentiellement, voyez-vous, Chateaubriand est un désespéré… mais jusque dans son désespoir il fait face, il se redresse de toute sa taille".

(1) Politiquement, il s'engage après la révolution aux côtés de Napoléon, avant de rallier la monarchie renaissante. Intellectuellement, il a toujours combattu les thèses de Darwin, écrivant "Il est un Dieu... aucun hasard n'a pu contraindre une matière désordonnée et rebelle à s’arranger dans un ordre si parfait". Le summum de l'argumentation romantique, si bien maniée par ceux qui le citent.

Posté par Marie Fox à 18:18 - Insignifiances - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

piedmarie3

jeudi 12 avril 2012

Sans distinction d’origine, de race ou de religion !

Un français sur quatre a un grand-père ou une grand-mère d'origine étrangère. Pour ma part, je descends, en partie, de ritals miséreux arrivés dans le sud de la France à la fin du  19ème siècle - à une époque où l'on pouvait encore impunément, du côté d'Aigues Mortes, noyer la main d'oeuvre étrangère. Quelques années plus tard, la municipalité de Nice était élue sur un programme défini en termes simples "Nice aux Niçois" - moins de trente ans après que ceux-ci soient devenus français.

Ceux qui, aujourd'hui, revendiquent une France aux Français, et se réclament d'une image de la France qui relève du fantasme le plus pur oublient que Clovis, qu'on dit Roi des Francs, était Allemand, que la population de la bretagne (tardivement rattachée à la France) est issue de l'immigration massive d'une île connue sous le nom de Grande Bretagne, que l'immense Zola, fils de rital, ne fut francais que par le droit du sol, que Gambetta, qui fit tant pour préserver le régime républicain, était petit fils d'un épicier gênois, que Ionesco était roumain avant d'être français...

Tant de nos gloires nationales furent, en leur temps, musulmans d'apparence !

Le vice, à notre époque, consiste à désigner les immigrés présents sur le territoire français non pas par leur nationalité d'origine, mais par leur religion présumée. Qu'on relève, d'après sa couleur de peau, d'une branche du christianisme, et l'intégration se fera sans problème. Qu'on ait l'oeil noir et musulman, et l'on sera suspect. Faut-il rappeler encore que la laïcité est, depuis 1905, l'un des fondements de notre société ? Le rôle de l'Etat est de préserver la liberté religieuse, pas de stigmatiser tel ou tel courant de spiritualité. C'est ce type de mesures, basées sur les principes républicains de Liberté, Egalité, Fraternité, qui a fait de la France cet idéal que tant de cuistres revendiquent. Ils oublient, sans doute, qu'à l'aune de leur réflexion et de leurs revendications, notre pays ne serait pas ce que l'ont fait tant d'immigrés - à commencer par des Sarkozy ou des Besson qui, comme les niçois du début du vingtième siècle, stigmatisent "la barbarie" de ceux qui leur ont donné le jour.

 

Posté par Marie Fox à 09:32 - Je suis formelle. - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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