Melting Pot et vin blanc doux

Parce qu'on peut pas compter que sur la Providence.

dimanche 25 janvier 2015

La preuve par 9

Il m'arrive souvent, en lisant le journal le matin, de relire, deux à trois fois, les infos qui sont sous mes yeux pour être sûre que j'ai bien tout compris. Ainsi, ce matin, sous le titre (éhonté) de Libé, "Une hausse historique de la mortalité sur les routes" je m'applique à comprendre le passage suivant.

"Il y avait eu 268 tués en 2013 soit 403 vies épargnées en un an. Le gouvernement avait affiché l’an dernier un objectif de diminuer à 2000 le nombre de morts par an sur les routes en 2020. A quelques rares exceptions, comme l’année 2001, le nombre de morts sur les routes est en baisse constante depuis 1973. Cette année-là, les autorités avaient recensé plus de 18 000 morts en France. La mortalité a ainsi été divisée par cinq en un peu plus de quarante ans en France."

Il y a des choses qui me laissent perplexe. D'abord, comment, peut-on "diminuer" le nombre des morts annuels de 268 à 2000 ? Bon admettons la coquille, l'auteur voulait sans doute écrire 200, et pas 2000. Mais après ?

De 1973 à 2013, il y a bien quarante ans, pas de problème. 268 morts en 1013, 18000 en 1973, soit, nous dit l'auteur, "une mortalité divisée par 5". Je me ressers un café, parce que ça me perturbe. 18000/5 égale ? Oui, 3600, pas 268. Comme info, on trouve plus exact. Mais, comme je doute encore de mes capacités de calcul, je vais voir dans les commentaires de l'article si quelqu'un a relevé une quelconque aberration. Non. Personne. Alors disez-moi, vous, c'est moi qui déconne, ou bien ils ont un souci avec leurs calculettes à l'AFP ? Et le journaliste de Libé, capable de recopier ça sans tiquer, il est en panne de cafetière ? Et les lecteurs du journal, qui commentent à tour de bras des chiffres dont l'improbabilité frappe même une acalculique de mon acabit ?

Soyez sympa, allez lire, et dites-moi si c'est moi, ou si c'est eux ? Ici

Edit : Un café supplémentaire m'a ouvert les yeux. Le chiffre qui merde, bien sûr, c'est 268 ! C'est là qu'il nous manque un 0 !

Posté par Marie Fox à 09:12 - entendu de mes propres yeux. - Commentaires [5] - Permalien [#]

piedmarie3


vendredi 16 janvier 2015

Au bonheur des profs.

J'explique.

Le chat mange la souris.

 - Dans cette phrase, le chat est sujet, mange c'est le verbe, la souris c'est ?

- La victime ?

 

Posté par Marie Fox à 12:08 - Les mômes. - Commentaires [2] - Permalien [#]

piedmarie3

mercredi 14 janvier 2015

allons à l'essentiel !

Je vous le dis tout net, je vous trouve gonflés ! Sous prétexte que je vous offre ici de la lecture de qualité pour pas un rond, vous vous dispensez d'acheter mes oeuvres sur Amazon. Vous pensez peut-être que je vais m'accomoder de vos petits arrangements ? Que nenni, tant que j'en aurai pas vendu cinq (vous voyez que je ne suis pas gourmande) je vous causerai plus. Les gloires posthumes, très peu pour moi, la gloire, je la veux ICI et MAINTENANT !

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piedmarie3

lundi 12 janvier 2015

le cinquième pouvoir.

Mais si, on parle de "quatrième pouvoir" pour la presse, de "cinquième pouvoir" pour l'opinion publique. Le cinquième pouvoir n'a jamais été aussi visible qu'hier dans les rues des villes de France. Je n'y étais pas, je n'ai jamais manifesté, non pas par désintérêt de la vie politique, mais parce que je crains la foule comme je crains le choléra." A plus de trois, disait Brassens, on est une bande de cons. Desproges rajoutait "qu'à fortiori, moins de deux, c'est l'idéal."

Sans doute que de leur vivant, les Charlies assassinés n'ont jamais imaginé qu'ils pouvaient rassembler autant. Comme sans doute ils n'ont jamais songé qu'on pourrait célébrer la mémoire d'une bande de mécréants en sonnant les cloches de Notre Dame, ou leur oeuvre de provocation en criant "Vive la Police". Charlie a été enterré aux accents de la Marseillaise - rien que ça. Quelle belle cohérence ! Charlie, c'était 140 000 exemplaires hebdomadaires. Hier, ils avaient pas loin de quatre millions de "like" dans les rues - mais c'est un pigeon isolé qui a posé le seul trait d'humour charliesque (mais si, l'adjectif a de beaux jours devant lui) en allant fienter sur la veste de Hollande : Alleluia, Cavanna s'est réincarné !

Allez, je me gausse, mais quand même, je ne peux m'empêcher de penser, pour la première fois depuis longtemps, qu'il ne faut pas, finalement, désespérer de l'humanité. Ma pemière crainte était que les Français, comme les Américains, ne répondent au choc en ouvrant un Guantanamo, j'espère que je me suis trompée. On verra bien.

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piedmarie3

vendredi 9 janvier 2015

Il n'aura pas fallu longtemps

avant que la stupeur et l'incrédulité laissent le pas, chez nos politiques, à la bêtise ordinaire. C'est triste, mais c'est ainsi. De quelque bord qu'ils soient, ils n'ont rien de plus pressé que d'utiliser l'élan d'unité qui invariablement se produit lors d'évènements graves. Les gens unis, qui se sentent solidaires d'une cause, sont si aisément manipulables, pourquoi s'en priver ? C'est pour cette raison que je ne suis pas, je ne veux pas être Charlie. Choquée, oui, triste, bien sûr. Comment peut-on, de sang froid, aller buter Cabu, le plus gentil des hommes, Marris, le seul économiste qui sache mettre à la portée de chacun les théories absconses de ses pairs, et les autres, tous les autres, comme ces mômes assassinés il y a peu dans leur école au Pakistan pour la seule raison qu'ils étaient enfants de militaires ? J'ai éteint la télé, la radio, délaissé les journaux, lasse de lire et d'entendre autant de conneries. Je ne suis pas Charlie, je n'ai pas ce culot, cette verve, ce talent qu'ils mettaient, tous, au service de la provocation, à des âges où bien des vieux se contentent de mâchonner leur dentier en ruminant les temps passés. Qu'ils reposent en paix, et que leurs assassins aillent au diable.

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piedmarie3



lundi 5 janvier 2015

Isaac.

En faisant mon tour au web ce matin, je suis tombée sur une pub de 1982 : Asimov faisait la promotion d'un ordinateur de poche (à l'époque, il fallait tout de même une grande poche, et on était plus près de la calculette programmable que de l'ordinateur). "Il y a vingt ans" lisait-on sur l'affiche, "c'était encore de la Science Fiction". Et à l'époque, il fallait encore une valise pour trimballer la moitié de l'oeuvre d'Asimov, qui tient si aisément aujourd'hui sur la mémoire d'une tablette. Jusqu'au début des années 80, je n'avais lu que peu de SF, et je n'avais guère aimé ça. La guerre des mondes, l'homme invisible... et puis, en mai 82, lors d'une virée dans une librairie grenobloise, j'étais tombée sur un recueil de nouvelles à propos de robots. Je l'avais rajouté à ma pile sans me douter que c'était des années de lectures qui s'ouvraient devant moi avec ce fascicule. D'abord, le héros était une HéroÏne : Suzan Calvin, robopsychologue, dans le monde de la SF, c'était une première. Achetant toujours mes livres au hasard, j'avais lu les différents éléments des "Fondation" dans le désordre, ne comprenant pas grand chose à "Terre et Fondation", le dernier de la liste, que j'avais lu le premier. C'est en reconstituant peu à peu le puzzle de son oeuvre que j'ai compris quel historien visionnaire il était. J'ai passé ça à mes potes de l'époque - j'étais la seule fille d'une bande de garçons, et nos soirées de week-end dans un bar miteux avaient longtemps tourné sur les discussions autour des trois lois de la robotique, de la possibilité de construire un jour des robots humanoïdes, ou de voir l'avènement de Multivac. L'internet n'existait pas, et n'existerait pas avant longtemps encore. Multivac n'existe pas encore, mais Internet est en bonne voie de devenir l'oeil qui, voyant chacun, peut nous influencer tous, nous contrôler bientôt ?

Il n'y a pas si longtemps, un mois peut-être, Stephen Hawking a mis en garde l'humanité : Si nous ne contrôlons pas mieux nos intelligences artificielles, elles auront tôt fait de nous contrôler, nous. N'est-ce pas ce qu'Asimov, visionnaire ici encore, nous a raconté dans ses romans ? R. Daneel n'est pas né encore, les équations achaotiques, bases de la psychohistoire, n'ont pas encore percé dans les mathématiques, et pourtant, nous pouvons tous voir déjà les prémices du contrôle annoncé par ces deux grands esprits. Lors de nos discussions d'étudiants, nous étions divisés sur l'issue de la fantastique saga des Fondations : la fin du libre arbitre individuel nécessaire à la conservation de l'espèce. J'étais, déjà, convaincue qu'Asimov avait vu juste, bien que l'évolution des technologies soit toujours, dans les années 80, plus proche des performances des années 70 que de celles d'aujourd'hui. Chaque décennie, ou presque, a produit son lot d'innovations précisément imaginées par Asimov, qui fait partie des auteurs que je relis régulièrement. Chaque choc est plus grand que le précédent. Il est grand temps, Hawking a raison, que nous contrôlions mieux nos robots. L'humanité n'attendra pas forcément 200 000 ans pour voir naître une Vasilia Fastolfe dont les bidouillages d'enfant surdoué feront basculer l'humanité dans la Science Fiction. Il est temps d'instaurer les trois lois dans les programmes de nos machines :

  1. Un robot ne peut porter atteinte à un être humain, ni, en restant passif, permettre qu'un être humain soit exposé au danger.
  2. Un robot doit obéir aux ordres que lui donne un être humain, sauf si de tels ordres entrent en conflit avec la Première loi.
  3. Un robot doit protéger son existence tant que cette protection n'entre pas en conflit avec la Première ou la Deuxième loi.

Sans doute, comme dans les romans d'Asimov, ne suffiront-elles pas à garantir notre suprématie, mais ce serait déjà un début.

Pour ceux qui n'ont jamais lu Asimov, je conseille un détour complet et méthodique, en commençant par le "Prélude à Fondation". https://fr.wikipedia.org/wiki/Fondation_%28Asimov%29

 

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piedmarie3

jeudi 25 décembre 2014

Matin de Noël

Un matin de Noël c'est plein de polésie,  de papiers scintillants jonchés en vrac au sol, de cadavres de verres aux pieds de soleils roses, de restes de salades et d'étoiles dorées qui surnagent dans une flaque de vin mal essuyée. C'est plein d'enfants qui dorment dans le silence troublé - à peine - par les tisons qui lèchent une bûche encore fraîche des froideurs de la nuit au creux des cheminées, ça sent le café frais, et la mémoire de ceux qui y'a pas si longtemps...

Posté par Marie Fox à 08:16 - polésie - Commentaires [6] - Permalien [#]

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dimanche 14 décembre 2014

Le petit Mabrouck.

J'avais lu, gobé serait plus juste, Le petit Malik, de Mabrouck Rachedi, il y a déjà quelques temps. Le petit Nicolas des quartiers. C'était frais, rigolo, délicieux. Hier, j'ai lu "Le poids d'une âme", du même auteur. Ben je vais  vous le dire tout net, si vous ne savez pas quoi offrir à noël à vos amis, parents, enfants, ou à un voisin particulièrement crétin dont vous voudriez élargir un peu les horizons, offrez l'un ou l'autre de ces bouquins magnifiques. Je m'en vais de ce pas à la librairie en racheter quelques exemplaires à emballer, dont un que je vais expédier à mon Chonchon en Chine : d'une part il va adorer, et d'autre part, il pourra en proposer des extraits à ses étudiants Chinois - il vient de récupérer, pour le second semestre, un cours à l'intitulé pompeux "Panorama de France" au sein duquel, je l'espère, il fera une large part à la littérature contemporaine. Après, bien sûr, personne ne vous empêche d'offrir mes oeuvres à moi, disponibles sur Amazon en version Kindle, mais c'est vous qui voyez !

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piedmarie3

jeudi 11 décembre 2014

Grammaire du bonheur.

Y’a tant de “si j’aurais” dans les boucles du temps, y’a tant de temps passé, si peu de futurs proches. Y’a tant de choses tues, d’infinitifs stériles semés soigneusement qu’on voudrait voir germer en fleurs conditionnelles comme des libertés qu’on cueillerait quand elles poussent, comme ces ifs bien droits qui montrent le chemin en perspectives pures – et qu’on suivrait allègres sans se poser questions. Puisse le ciel ! en heureux subjonctifs, nous dessiner des routes exemptes de cailloux, sans exception aucune, autoroutes célestes direction le bonheur. Si, le crayon levé, on arrêtait d’écrire, en suspendant nos règles aux crochets du hasard ? A quoi nous sert de suivre en ignares obscurs, les diktats immuables de ces déclinaisons qui saison après l’autre nous laissent plus courbés, épithètes imbéciles, désemparés, vieillis, inutiles à dire ce que l’on veut si bien. La plus simple des fleurs se passe d’adjectifs, elle vit, elle meurt. La plus simple des fleurs, passive, attend l’hiver en prenant du soleil ce que le soleil donne, sans se soucier du genre que déploient ses pétales : si c’était le mauvais ? Qu’importe à leurs corolles. Le genre du bonheur est toujours le bon genre, quant au nombre, il suffit d’un bonheur et d’un seul pour faire éclore un lys ou une pâquerette et bellis perennis, et au diable le reste.

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piedmarie3

mercredi 3 décembre 2014

Je dicte,

à une môme. "Sait-il que vous êtes ici ?". Allez, traduis-moi ça.

Je la vois qui cherche, le crayon en l'air, ça vient...

"Does he be ?"

Qué "does he be" ? D'où tu me la sors celle-là ? Je jette un coup d'oeil sur sa feuille et je lis : "c'est-il que vous êtes ici ?"

Vu comme ça, forcément.. j'ai rien contre les tournures de Molière. Sauf que je serais bien infoutue de traduire ça correctement. J'ai réfléchi trois secondes, et j'ai opté pour la solution de facilité, j'ai corrigé sa version française en la traitant d'andouille, mais ça va me trotter dans l'esprit un moment, je le sens.

Posté par Marie Fox à 18:32 - Les mômes. - Commentaires [5] - Permalien [#]

piedmarie3



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