Melting Pot et vin blanc doux

Parce qu'on peut pas compter que sur la Providence.

mercredi 17 décembre 2014

Du baume au coeur.

J'ai été amenée, ce dernier trimestre, à enseigner l'anglais à une classe formidable en formation professionnelle. Des élèves d'âges divers, de 20 à 50 ans, qui venaient de 19H à 22 H bosser encore après leur journée de boulot. Ils partaient de rien, n'ayant plus fait d'anglais depuis des lustres, et pour la plupart détestant cette matière.

Hier, j'ai été virée de mon poste sans explication. Je l'ai fort mal pris. J'ai donc envoyé un mail à "mes" élèves pour leur expliquer que je n'assurerais pas le dernier cours. Ce matin, dans ma boîte à mail, j'avais une vingtaine de messages, dont celui-ci, qui m'a consolée de la cuistrerie ambiante. Je vous le montre parce que rarement on reçoit un tel retour de ceux auquels on enseigne, et qu'il me rend fière du travail que j'ai fait avec eux.

Bonsoir Marie,
C'est triste, et frustrant à la fois, (pour vous et pour nous), de ne pas pouvoir finir ce qui a été commencé en votre compagnie.
Merci pour tout, pour votre fougue, votre passion, vos élans.......
Merci pour ce quelque chose d'impalpable que vous savez vraiment donner et transmettre, qui permet, et qui permettra à beaucoup encore de contourner des obstacles et de franchir des barrières.

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piedmarie3


dimanche 14 décembre 2014

Le petit Mabrouck.

J'avais lu, gobé serait plus juste, Le petit Malik, de Mabrouck Rachedi, il y a déjà quelques temps. Le petit Nicolas des quartiers. C'était frais, rigolo, délicieux. Hier, j'ai lu "Le poids d'une âme", du même auteur. Ben je vais  vous le dire tout net, si vous ne savez pas quoi offrir à noël à vos amis, parents, enfants, ou à un voisin particulièrement crétin dont vous voudriez élargir un peu les horizons, offrez l'un ou l'autre de ces bouquins magnifiques. Je m'en vais de ce pas à la librairie en racheter quelques exemplaires à emballer, dont un que je vais expédier à mon Chonchon en Chine : d'une part il va adorer, et d'autre part, il pourra en proposer des extraits à ses étudiants Chinois - il vient de récupérer, pour le second semestre, un cours à l'intitulé pompeux "Panorama de France" au sein duquel, je l'espère, il fera une large part à la littérature contemporaine. Après, bien sûr, personne ne vous empêche d'offrir mes oeuvres à moi, disponibles sur Amazon en version Kindle, mais c'est vous qui voyez !

Posté par Marie Fox à 08:46 - A lire - Commentaires [2] - Permalien [#]

piedmarie3

jeudi 11 décembre 2014

Grammaire du bonheur.

Y’a tant de “si j’aurais” dans les boucles du temps, y’a tant de temps passé, si peu de futurs proches. Y’a tant de choses tues, d’infinitifs stériles semés soigneusement qu’on voudrait voir germer en fleurs conditionnelles comme des libertés qu’on cueillerait quand elles poussent, comme ces ifs bien droits qui montrent le chemin en perspectives pures – et qu’on suivrait allègres sans se poser questions. Puisse le ciel ! en heureux subjonctifs, nous dessiner des routes exemptes de cailloux, sans exception aucune, autoroutes célestes direction le bonheur. Si, le crayon levé, on arrêtait d’écrire, en suspendant nos règles aux crochets du hasard ? A quoi nous sert de suivre en ignares obscurs, les diktats immuables de ces déclinaisons qui saison après l’autre nous laissent plus courbés, épithètes imbéciles, désemparés, vieillis, inutiles à dire ce que l’on veut si bien. La plus simple des fleurs se passe d’adjectifs, elle vit, elle meurt. La plus simple des fleurs, passive, attend l’hiver en prenant du soleil ce que le soleil donne, sans se soucier du genre que déploient ses pétales : si c’était le mauvais ? Qu’importe à leurs corolles. Le genre du bonheur est toujours le bon genre, quant au nombre, il suffit d’un bonheur et d’un seul pour faire éclore un lys ou une pâquerette et bellis perennis, et au diable le reste.

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piedmarie3

mercredi 3 décembre 2014

Je dicte,

à une môme. "Sait-il que vous êtes ici ?". Allez, traduis-moi ça.

Je la vois qui cherche, le crayon en l'air, ça vient...

"Does he be ?"

Qué "does he be" ? D'où tu me la sors celle-là ? Je jette un coup d'oeil sur sa feuille et je lis : "c'est-il que vous êtes ici ?"

Vu comme ça, forcément.. j'ai rien contre les tournures de Molière. Sauf que je serais bien infoutue de traduire ça correctement. J'ai réfléchi trois secondes, et j'ai opté pour la solution de facilité, j'ai corrigé sa version française en la traitant d'andouille, mais ça va me trotter dans l'esprit un moment, je le sens.

Posté par Marie Fox à 18:32 - Les mômes. - Commentaires [5] - Permalien [#]

piedmarie3

lundi 1 décembre 2014

Grenouille.

: La grenouille (ou genre Rana) est un représentant des vertébrés tétrapodes adaptée à un mode de vie semi-aquatique, qui ne doit pas être confondu avec le crapaud[1].

L’éminent rédacteur de cette définition aura réussi à allier, dans une même phrase et par le biais d’une simple coquille, amphibien et amphibologie. Saluons son talent, et poursuivons.

La grenouille, donc, n’est pas toujours le batracien débonnaire qu’elle veut nous faire accroire. Bien sûr, on ne rencontre sous nos bienveillantes latitudes que d’inoffensives rainettes qui se laissent aisément capturer, pour le plus grand bonheur des enfants, petits et grands, qui pourront ensuite organiser toutes sortes de jeux impliquant les bestioles, du tir de précision[2] à la dissection, sans oublier le concours de gobage de mouches, qui pourra être le prétexte à un exposé de « Sciences et Vie de la Terre » - c’est paraît-il le terme idoine, dans l’Education Nationale, pour Biologie.

Car toute mère se doit de mettre à profit le temps de jeu pour parfaire l’instruction de ses enfants  en révélant à leurs yeux ébahis les mystères de la nature, et ce dans un langage qui leur soit accessible. Ainsi, au lieu de leur assener de but en blanc, que la toxicité des Dendrobates est exogène, on situera pour les bambins la sphère géographique de l’Amérique du Sud, avant de leur expliquer que certaines grenouilles des basses plaines du Costa Rica, joliment colorées de bleus, jaunes ou verts rayés de noir sont poison parce qu’elles se nourrissent d’insectes eux même toxiques, accroissant, par quelque tour hormonal de leur manière, la nocivité de l’alcaloïde par elles précédemment absorbé jusqu’à le rendre mortel par simple contact.

A ce stade de l’exposé, bien souvent, les enfants sont partis vaquer à d’autres occupations, et toute infortunée mère de famille ayant déjà vécu cette triste expérience de causer biologie à un panier de grenouilles sait qu’elle ne pourra pas non plus compter sur sa progéniture pour se mettre en quête d’ail des ours afin de relever la fricassée du soir.

 



[1] Quand on leur dit, aux scientifiques, que les accords de participes passés ne sont pas facultatifs, mais essentiels à une saine compréhension du propos.

[2] Répartissez équitablement les grenouilles entre les joueurs, déterminez un rocher cible dans le cours d’eau voisin. Les joueurs marquent un point chaque fois que leur grenouille heurte le rocher. Evidemment, on peut aussi jouer en lançant des pommes de pins ou des cailloux, mais c’est beaucoup moins drôle.

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piedmarie3



jeudi 20 novembre 2014

Il faudra

que je soumette ce quizz à mes élèves un soir après les avoir bien fait transpirer sur une version !

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piedmarie3

dimanche 16 novembre 2014

Simone et Kim.

Vous l'avez vu comme moi, le cul de Kim Kardashian fait la une du web. Il y a quelques années, c'était celui de Simone de Beauvoir qu'un journal français mettait en couverture, provoquant le débat. Mais Simone, elle au moins, s'était fait connaître pour sa tête avant qu'on nous montre son cul. Kardashian, elle... Bref. Ce que cette photo de Kardashian m'a remis en mémoire, c'est une anecdote très confidentielle que m'a racontée à l'époque de la parution de la photo de Beauvoir un ami de Nelson ALgren, Art Shay, l'homme qui justement à pris cette photo, décédé il y a peu de temps.

Comment, me direz-vous, ai-je eu l'occasion de causer avec Art Shay ? Nous écrivions alors dans le même journal, et il aimait assez se faire mousser en me racontant, par mail, sa vie tumultueuse. C'est comme ça que je sais que le jour où il a pris cette photo, Art Shay, en racompagnant Algren chez lui en voiture, lui avait demandé si Simone était "un bon coup". Question à laquelle Algren aurait répondu "Pas mal, mais elle gagnerait à prendre'un rendez-vous chez le dentiste pour un bon détartrage".

L'anecdote, j'en conviens, manque d'élégance, mais je  vous en garantis l'authenticité, et elle a au moins le mérite de montrer que les grands esprits sont, sur certains sujets, égaux aux plus petits.

Posté par Marie Fox à 08:33 - entendu de mes propres yeux. - Commentaires [3] - Permalien [#]

piedmarie3

vendredi 14 novembre 2014

Why not ?

Voilà, j'y ai réfléchi un petit moment, et je me suis dit, pourquoi pas ? Pourquoi pas proposer mes nouvelles via l'auto-édition ? C'est devenu tellement simple que je me suis lancée. Alors je vous laisse l'adresse où vous procurer la première, d'autres suivront bientôt. N'hésitez pas à relayer l'adresse sur vos pages, O vous fidèles lecteurs...

Ignacio

Bonne lecture !

Posté par Marie Fox à 09:08 - A lire - Commentaires [2] - Permalien [#]

piedmarie3

dimanche 2 novembre 2014

Ad usum delphinum

Allez savoir pourquoi, depuis le réveil ce matin, me trottaient dans la tête ces quelques vers d’Hugo, « car jamais prunelle espagnole d’un feu plus chaste ne brilla…la la la ». J’avais des bribes en vrac, pas moyen de tout retrouver, je l’ai googlé (ça va plus vite que de chercher dans les albums couverts de poussière sur une étagère) et ça m’a fait sourire autant que quand j’avais dix ans. Pour une nonne qui s’apprête à céder à l’appel de la chair, donner rendez-vous à son amant « au pied de Sainte Véronique », c’est du dernier goût, et j’encourage vivement les jeunes gens qu’on contraint encore à rédiger d’abscons commentaires composés de polésie à attirer l’attention de leurs correcteurs sur le clin d’œil d’Hugo qui prend clairement parti ici en faveur de l’art tant décrié du calembour, ou du moins du calembour mûrement réfléchi, seul le Marquis de Bièvre ayant jamais prôné l’usage du calembour hâtif. Trop de profs de français objectent le si célèbre - et tronqué - "le calembour est la fiente de l'esprit qui vole", auquel Vian aurait répondu "mais je tombe de haut tandis que vous rampez." Citation tronquée, disais-je, qu'Hugo complète ainsi : loin de moi l'insulte au calembour ! Je l'honore dans la proportion de ses mérites ; rien de plus. Tout ce qu'il y a de plus auguste, de plus sublime et de plus charmant dans l'humanité, et peut-être hors de l'humanité, a fait des jeux de mots. Jésus-Christ a fait un calembour sur saint Pierre, Moïse sur Isaac, Eschyle sur Polynice, Cléopâtre sur Octave. Bref, puisqu’on est dans Hugo et l’explication de texte, signalez le lien fort qui le lie au réel. Il est dans mille détails, comme celui du nom de Thénardier, qu’il a forgé à partir de celui du chimiste et député Louis Thénard, lequel  s’était opposé à ce qu’on réduise de 16 à 10 heures la durée de travail quotidien des enfants.

Oui, je sais, on s'en fout, moi aussi, notez, mais là tout de suite, j'avais rien d'autre à dire.

 

Posté par Marie Fox à 13:42 - on s'en fout. - Commentaires [3] - Permalien [#]

piedmarie3

mercredi 15 octobre 2014

Hilarious !

C'est extrait du dernier épisode de Big Bang Theory, et c'est tout le mystère de la grammaire anglaise révélé à vos yeux ébahis. Testez-vous

Posté par Marie Fox à 14:01 - cours d'anglais - Commentaires [2] - Permalien [#]

piedmarie3



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