Melting Pot et vin blanc doux

Parce qu'on peut pas compter que sur la Providence.

jeudi 14 mars 2019

singing in the wind

Tout autour le ciel délavé à peine ponctué de sternes dessinait un linceul d’été. Les jupes des rares passantes s ‘envolaient de mistral, salé, mouillé à peine de quelques gouttes, comme un parfum vaporisé. Les pins parasols torturés montraient aux acacias frivoles qu’on n’ondule pas dans le vent quand on est né bien éduqué en restant droits dans les bourrasques. Ici et là des clebs amorphes imprimaient leur odeur fétide  à des jardins en déshérence clos de bambous mal équarris, des vieux aux pupilles transparentes parlaient entre eux des jours passés,  en désignant du bout ferré de leurs cannes à tenir courbé une môme aux mollets maigres prisonnière d’une corde à sauter, et sur les fils pendus dans l’air, les tourterelles faisaient entendre le même chant qu’hier et demain, le coucourou des jours qui passent, un jour brûlant, un jour glacé, sous le ciel ponctué de sternes qui dessine un linceul d’été.

 

Posté par Marie Fox à 15:05 - Commentaires [1] - Permalien [#]

piedmarie3


Commentaires

  • C'est

    BEAU!

    Posté par chri, vendredi 22 mars 2019 à 08:50

Poster un commentaire