Melting Pot et vin blanc doux

Parce qu'on peut pas compter que sur la Providence.

mercredi 7 novembre 2018

TedX

La dixième édition du TedX se tenait hier soir au Grand Rex. Une douzaine d’intervenants de tous horizons, pour certains visiblement morts de trac au début de leur show, étaient venus nous parler de l’Inconnu. Les grands fonds marins, l’Autre, l’Univers, le clitoris ou le Dark Web, et bien d’autres choses encore, toutes passionnantes. Un grand moment de découverte et de plaisir partagés. Un exercice d’autant plus difficile pour les conférenciers qu’ils ne disposent que d’un petit quart d’heure pour nous faire entrevoir leur champ de recherches. Allez donc faire rêver un néophyte à l’expansion de l’Univers en si peu de temps. Et pourtant, tous ont réussi leur pari, avec plus ou moins de bonheur suivant la réceptivité au sujet des auditeurs rassemblés là.

Dans les années 80, Françoise Gaill avait fait partager au monde sa découverte des créatures des grands fonds marins, nourries de sulfure dans des conditions si peu propices à la vie qu’elles faisaient figure d’extra-terrestres. Son micro exposé, hier soir, nous a rappelé à quel point la nature sait faire feu de tout bois. La nature a horreur du vide. Est-ce pour cela que l’univers est en expansion ? J’admets bien volontiers que les explications de Sandrine Codis n’ont fait qu’effleurer doucement mon cortex, mais les astrophysiciens sont des poètes, des rêveurs insensés qui pointent du doigt la cohérence des étoiles là où vous et moi ne voyons que poussière, et distinguer, grâce à eux, le contour vague d’un ordre sous-jacent est toujours une expérience magique. Mais l’intervention la plus marquante, et sûrement la plus importante, était sans doute celle de Ludovic Duguépéroux, marin de l’Aquarius, venu partager une vision du monde bien plus terre à terre et essentielle. On ne saurait, dit-il, faire passer les considérations politiques ou économiques avant l’humanité. Lui a vu, jour après jour, la détresse de ces hommes, femmes et enfants embarqués sur des radeaux d’infortune, rejetés par les hommes et la mer, mais toujours vivants d’espoir. L’espoir de vivre encore, encore un peu, tout simplement. Si son plaidoyer s’est achevé devant une salle debout, émue aux larmes par son récit, c’est justice, et c’est aussi la preuve que si Pétain n’est pas mort, la France des Lumières non plus. La lumière qu’il a fait naître dans le cœur et les yeux des gens, et qui continuera de briller, et d’accueillir l’Inconnu, d’où qu’il vienne.

Posté par Marie Fox à 08:58 - Commentaires [2] - Permalien [#]

piedmarie3


Commentaires

    J'aimerais

    croire que cette lumière éclairera toute la salle...

    Posté par chri, mercredi 7 novembre 2018 à 09:11
  • bah, y'a toujours des coins d'ombre, mais c'est inévitable -)

    Posté par marie, mercredi 7 novembre 2018 à 09:28

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