Les bêtises de Mme Smith (bis)
Les assidus de la lecture de ces pages se souviennent peut-être d'un billet posté en juillet et qui portait le même titre. J'y causais des défaillances des sous-titrages des séries anglaises et américaines dont je suis friande. Les méprises, disais-je alors, sont quelquefois si énormes qu'on en vient à se demander si elles ne seraient pas le fruit de quelque facétieux potache.
Or donc, hier après-midi, la pluie ne cessant de battre les carreaux, j'optai pour une séance TV, ayant sous le coude deux nouveaux épisodes de TBBT et Downton Abbey. J'avais allumé le feu dans la cheminée, je me fis un thé et anda... Pour ceux qui ne connaissent pas encore Downton, il suffira qu'ils sachent que la série conte les revers de fortune d'une famille anglaise de l'aristocratie au début du vingtième siècle. Avec la guerre de 14, leur monde guindé et confortable s'éffondre autour d'eux, dans une ambiance très bon chic bon genre, et une langue fort châtiée. Aussi, quand du coin de l'oeil je lus, au milieu d'un dialogue de domestiques, le mot "pénis" que je n'avais absolument pas entendu, je pensai que mon ouïe, ou pire, mon anglais, commençaient à souffrir du temps. Las, cinq minutes plus tard, le même mot, inattendu, revenait sur l'écran. Il fallait que j'en aie le coeur net. Je rembobinai (façon de parler), désireuse de m'assurer qu'il ne s'agissait ni d'une baisse de mes facultés auditives ou intellectuelles, ni d'une obsesssion priapique passagère. Ouf, je n'étais nullement en cause, et ces petits malins avaient, par deux fois, remplacé le mot "coeur' par "pénis". J'avais donc bien affaire à des potaches, qui tout au long de l'épisode avaient extrapolé, les affaires de coeur devenant de bêtes affaires de cul. Rose était ainsi sauvée, in extrémis, d'une pénétration profonde plutôt que d'une humiliation profonde, et de fil en aiguille, je finis par m'écrouler de rire devant des scènes qui auraient plutôt dû me porter à une compassion de bon aloi.
Je n'ose imaginer la perplexité de spectateurs non anglophones devant cet épisode-là, mais finalement, je m'en fous. L'hypothèse des facétieux était donc la bonne, et je les salue avec bonne grâce, et une seule réserve. Les mecs, la prochaine fois, allez-y franchement, traduisez-nous "heart" par "bite", et faites crûment les modifications qui vous amusent, ce n'en sera que mieux...