Perplexité.
Les oracles sont grecs et parlent de soleil. Le mien vit dans les brumes, entre hiver et printemps, quand l'eau envahit l'air, la terre et les ruisseaux, quand les neiges fondues laissent les herbes brunes en stries le long des boues. Il est jeune, et très maigre. Ses jambes ne sont qu'os, mais ses yeux ? Ses yeux sont la chaleur qui transforme en têtards les pollywogs gluants, qui fait jaillir du sol de longs rubans de mauves. Sitôt ceux-ci éclos, il devient introuvable. On n'a que quelques heures, juste avant le printemps, pour savoir de sa bouche les choses importantes. Il se tient près du mur d'une maison de pierre brute, où tous les filets d'eau convergent, qu'on nomme tête de Périclès, parce qu'il se dessine dans la roche la face d'un patriarche antique. C'est là qu'il délivre ses avis,chuchote ses conseils hermétiques. Il faut que Juan espère. Mais qui est Juan ? Mystère.