Sans distinction d’origine, de race ou de religion !
Un français sur quatre a un grand-père ou une grand-mère d'origine étrangère. Pour ma part, je descends, en partie, de ritals miséreux arrivés dans le sud de la France à la fin du 19ème siècle - à une époque où l'on pouvait encore impunément, du côté d'Aigues Mortes, noyer la main d'oeuvre étrangère. Quelques années plus tard, la municipalité de Nice était élue sur un programme défini en termes simples "Nice aux Niçois" - moins de trente ans après que ceux-ci soient devenus français.
Ceux qui, aujourd'hui, revendiquent une France aux Français, et se réclament d'une image de la France qui relève du fantasme le plus pur oublient que Clovis, qu'on dit Roi des Francs, était Allemand, que la population de la bretagne (tardivement rattachée à la France) est issue de l'immigration massive d'une île connue sous le nom de Grande Bretagne, que l'immense Zola, fils de rital, ne fut francais que par le droit du sol, que Gambetta, qui fit tant pour préserver le régime républicain, était petit fils d'un épicier gênois, que Ionesco était roumain avant d'être français...
Tant de nos gloires nationales furent, en leur temps, musulmans d'apparence !
Le vice, à notre époque, consiste à désigner les immigrés présents sur le territoire français non pas par leur nationalité d'origine, mais par leur religion présumée. Qu'on relève, d'après sa couleur de peau, d'une branche du christianisme, et l'intégration se fera sans problème. Qu'on ait l'oeil noir et musulman, et l'on sera suspect. Faut-il rappeler encore que la laïcité est, depuis 1905, l'un des fondements de notre société ? Le rôle de l'Etat est de préserver la liberté religieuse, pas de stigmatiser tel ou tel courant de spiritualité. C'est ce type de mesures, basées sur les principes républicains de Liberté, Egalité, Fraternité, qui a fait de la France cet idéal que tant de cuistres revendiquent. Ils oublient, sans doute, qu'à l'aune de leur réflexion et de leurs revendications, notre pays ne serait pas ce que l'ont fait tant d'immigrés - à commencer par des Sarkozy ou des Besson qui, comme les niçois du début du vingtième siècle, stigmatisent "la barbarie" de ceux qui leur ont donné le jour.