Diafoirus moderne...
La gare d'Avignon, avec sa vue imprenable sur la cité, est derrière nous. Le charmant papy assis à côté de moi transpire à grosses gouttes, depuis quelques minutes, la faute sans doute à l'absence de climatisation. Il doit bien faire 30 degrés dans le wagon archi-plein. A mieux y regarder, la chaleur n'est peut-être pas seule responsable du malaise croissant du papy. Il est tout pâle, et soudain me demande, mi-figue mi raisin "Vous seriez pas toubib par hasard ?". Non, je suis pas toubib, mais je lui conseille de boire un grand coup de flotte tiède, et je m'en vais à la recherche du contrôleur. Il doit savoir quoi faire dans ce genre de cas. Il sait. Vingt minutes plus tard, en gare de Marseille, deux pompiers font irruption dans le wagon et allongent papy sur un brancard. Pendant que l'un prend sa tension, le second, une trentaine d'années, se penche sur le monsieur et le rassure. "Ne vous inquiétez pas, Vé, on va vous transporter à l'hôpital dans des conditions sine qua none". Papy esquisse un sourire, et me glisse en guise d'au-revoir "J'espère qu'il est meilleur pompier que latiniste". Moi aussi, mais le trait me rassure. Tant qu'il y a de l'humour, il y a de l'espoir.