Grabouillon.
L’inconvénient de bosser tout seul dans son coin, c’est qu’on n’est guère au courant des méthodes de travail des gens qui œuvrent en groupe. Dans les jours fastes, je me sers de skype si vraiment j’ai besoin de communiquer longuement avec un interlocuteur éloigné – mais c’est à peu près tout.
C’est comme ça que j’ai failli tomber à la renverse hier en découvrant Doodle. Le mot n’évoquait pour moi que deux choses. Le gribouillage en anglais, et le chant du coq dans la même langue. Cock a doodle doooo…
Hier après midi, donc, je reçois un mail de ma cops Monika au sujet de l’organisation de notre pique-nique annuel de quinquagénaires qui se voient pas forcément très souvent, mais apprécient de se retrouver périodiquement pour échanger les news, scoops et anecdotes qui font notre trépidant quotidien. C’est pas un hasard si c’est toujours Monika qui s’occupe de l’organisation de notre petite sauterie estivale. D’abord c’est dans son jardin qu’on pose nos fesses et nos verres, et ensuite, Monika, en bonne allemande, a un talent particulier pour l’organisation. La preuve, cette fois-ci, au lieu du banal mail nous indiquant ce que nous devions chacune apporter dans nos paniers, nous étions invitées à suivre un lien Doodle. Et c’est là que j’ai failli choir de mon tabouret. Crénom, a-t-on idée de pareille usine à gaz pour un pique nique ? Vas-y que je te rentre mon nom dans la case présence, puis mon commentaire détaillé pour te dire ce que j’apporte, et puis sur ma lancée, amusée par le bouzin, quinze pseudos et commentaires fantaisistes – puérilité quand tu nous tiens.
M’enfin, une fois que je me suis bien amusée, j’ai pas pu m’empêcher de constater le décalage qui m’habite. Je suis sûre que pas une seule des autres filles n’aura été surprise du procédé. Paraît qu’on se sert du fameux Doodle sans arrêt pour l’organisation des réunions de travail. Je sens que ça me gonflerait vite… les réunions à power point aussi, d’ailleurs.