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Melting Pot et vin blanc doux
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9 mars 2011

Femme:

 

« On lit dans les rêveries de je ne sais quel rabbin que Dieu ayant enlevé une côte à Adam pour en faire une femme et l’ayant posée un instant à côté de lui, un singe adroit et malin enleva furtivement la côte et se mit à fuir à toutes jambes. Un ange courut après lui et le saisit par la queue, mais que la queue lui étant restée à la main il la rapporta au lieu de la côte. Par suite de cette méprise ce fut de la queue du singe que la femme fut formée, d’où vient qu’elle a toujours conservé quelque chose de sa première origine »

Cet extrait « Des erreurs et des préjugés répandus dans la société »[1] est tout à fait représentatif de l’image sociale des femmes, éternelles second rôles. Mais laissons la parole à Voltaire. « En général elle est bien moins forte que l’homme, moins grande, moins capable de longs travaux; son sang est aqueux, sa chair moins compacte, ses cheveux plus longs, ses membres plus arrondis, les bras moins musculeux, la bouche plus petite, les fesses plus relevées, les hanches plus écartées, le ventre plus large. Ces caractères distinguent les femmes dans toute la terre, chez toutes les espèces, depuis la Laponie jusqu’à la côte de Guinée, en Amérique comme à la Chine ». Même si l’on pourrait s’attendre de la part de notre éminent philosophe à moins d’approximation, on ne peut qu’opiner à sa description, et constater qu’il use dans sa comparaison de cinq moins contre six plus. Il serait aisé de s’en tenir là. Aisé mais malséant, aussi tentons de développer plus avant le sujet - qui est un l’espèce une sujette. Car ne nous y trompons pas, c’est bien ce qu’est, ce qu’a toujours été la femme, sujette, et même assujettie. Le vocabulaire lui-même en témoigne.

Par simple curiosité, listons les synonymes du dissyllabique vocable femme qui figurent au dictionnaire du CNRS, corps sérieux s’il en fut.

Amante, bourgeoise, commère, concubine, compagne, conjointe, dame, demoiselle, donzelle, fille, garce, gonzesse, gouge, grande bringue, grognasse, légitime, matrone, maîtresse, moitié, moukère, muse, ménesse, nana, nénette, poule, prostituée, rombière, régulière, servante, virago, égérie, épouse. On pourra constater sans peine que sur ces trente-et-un termes académiquement choisis, six seulement, voire sept si l’on inclut épouse, ont une connotation positive, tous les autres induisant un jugement de valeur défavorable aux créatures du sexe.

Par souci d’équité, nous avons également vérifié les synonymes listés au terme homme, soit cinquante-huit équivalents échelonnés du laudateur au neutre, contre six induisant une idée amoindrissante, tant moralement que socialement.  

Comment la femme, qui vient après le verbe et l’homme dans l’ordre de la création, pourrait-elle lutter si même les dictionnaires l’enfoncent ?

La femme a de tout temps suscité chez son quasi alter ego homo sapiens sapiens nombre d’interrogations rationnelles. La femme a-t-elle une âme ? Et faut-il la réduire en esclavage ? Dans sa grande sagesse, il a  répondu oui aux deux questions, et, comme le souligne Voltaire, il n’est pas étonnant que partout dans le monde l’homme se soit rendu maître de la gueuse, attendu qu’il a d’ordinaire plus de force physique et d’esprit. On a quelquefois, ajoute-t-il, vu des femmes très savantes ou guerrières, on n’en a jamais vu d’inventrices.

Et mon rusé inférieur ? A-t-on envie de lui répondre. Que Machin n’essaie pas de nous faire croire qu’il ignorait que d’Alembert a beaucoup pioché dans les recherches de Julie Lespinasse pour asseoir ses calculs, que Pierre Curie n’était qu’un charlot comparé à Marie, et qu’Einstein lui-même n’est pas tout à fait aussi clair qu’on veut bien le prétendre.

Si la femme longtemps n’a eu dans le développement des sciences qu’un rôle, non pas  subalterne mais discret, c’est qu’on lui a longtemps nié (et nous employons on, dans toute l’acception populaire qui affirme que on est un c..) le droit même d’user de la parole. Qu’on pouffe autant qu’on veut à la lecture de cette assertion, nous nous en battons l’œil, à défaut (encore) d’autre chose.

Pourtant force est de reconnaître que laisser les femmes s’exprimer sur leur propre condition, n’est sans doute pas ce qui leur permettra un jour d’atteindre à l’égalité à laquelle elles prétendent. Qu’un homme brillant fasse part de ses avis sur le beau sexe, ce sera souvent avec un humour qui manque à toute une greluche, même policée, quand elle s’aventure à la harangue. Ainsi devons nous bien admettre que quand une femme qui a réussi cause des autres femmes (ce qui n’est pas tout à fait la même chose que de causer d’elle même), c’est rarement pour les servir. Rendons cependant grâces à Françoise Giroud qui affirma un jour que la femme sera vraiment l’égale de l’homme le jour où, à un poste important, on nommera une femme incompétente.

Les évènements politiques français de l’année 2007 semblent d’ores et déjà indiquer qu’on est sur la bonne voie. Sommés de choisir aux présidentielles entre deux candidats également inopérants, 46 % des votants se sont prononcés pour une femme, le plus souvent d’ailleurs pour de mauvaises raisons, mais enfin, ça montre qu’il ne faut pas désespérer de l’humanité. Encore un effort, les filles !



[1] Salques, 1813.

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Commentaires
R
Le féminise est une chose trop sérieuse pour qu'on le laisse aux femmes! La preuve en a été tansmise par Lady des poussières sur son blog sous la forme d'une sagacité égalitaire aussi moche que du voltaire! Lisez plutôt:<br /> <br /> "Les deux sexes sont parfaitement égaux. Il faut, cependant, que chacune des moitiés du genre humain s’en tienne à l’espace qui lui a été assigné par la nature ; celle-ci n’a pu agir que pour le mieux dans la distribution des rôles ; celui de la femme étant plein de noblesse, il est déraisonnable et aliénant pour elle de singer le sexe fort. La grande majorité des épouses, des mères et des jeunes filles, c'est-à-dire les « têtes saines », accepteront sagement le sort qui leur échoit ». <br /> <br /> Sylvain Maréchal, Projet de loi portant défense d’apprendre à lire aux femmes, 1801 <br /> <br /> Ah qu'en terme galeux ces choses là sont bites!
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R
Je suis amoureux d'hubertine Auclert! Et de la KAhina!<br /> <br /> Voltaire, l'antisémite libéral macho, dit que les femmes ont "le sang aqueux", c'est déjà ça...<br /> Comme un piano?
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R
Girud ne fut pas féministe...mais vous, le devenbez, MArie en reprenant ce jeu du dictinnaire, tarte à la crème de nos luttes féministes! On expsait les synonymes de femme dans le littré, le larousse, l robert, etc! Je rajeunis de quarante ans... <br /> Sauf que ça fait vieillir: on est revenu en arrière et il faut réaffirmer tout ça!<br /> <br /> Quant à Mam, ça me fait penser à ça:<br /> <br /> <br /> Le fait que ça et là, pour garnir la vitrine des régimes totalitaires, il y ait quelques femmes ministres, et même un premier ministre femme, comme au Bangladesh et en Turquie ne change rien à notre condition d’asservissement. Ces femmes ambitieuses, pour conserver leur poste, se croient obligées de se montrer encore plus dures et impitoyables que leurs collègues masculins. Leyla Zama, Lettres de prison, 1995.<br /> <br /> Leyla Zama...qui s'en souvient? <br /> Mais les femems-ministres ne doibvent pas seulement devenir le digne de la droite pourrie!<br /> <br /> Si vous voulez vous marrer, les filles, voyez Jump! Le féminisme en entreprise! En plusieurs langues...
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C
s'est gourré, Mam a bien été ministre des affaires étrangères...
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G
Tu as attendu que la Journée Internationale de la Femme (qui tombait un Mardi Gras cette fois) fut passée pour publier ce très intéressant billet. Je ne me permettrai pas de commenter ce texte, même pour surenchérir, parce que la Femme n'a pas besoin de l'Homme pour se libérer.<br /> Notons quand même que F. Mitterrand, qui a beaucoup aimé (!) les femmes, dit-on, a nommé Édith Cresson Premier Sinistre !
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