Les rêveurs.
Il y a deux catégories de rêveurs. Ceux qui au matin on oublié leurs errances, et ceux qui se souviennent. J'ai longtemps cru que j'avais enterré mon subconscient avec l'enfance, tant mes petits matins étaient dénués de ces impressions flottantes entre la tronche et l'oreiller. Et voilà qu'avec l'âge mûr, il ressurgit avec une puissance qui m'inquiète un peu.. Je suis sûre que si j'allais raconter à Jung mes petits délires nocturnes, il s'inquièterait des effets de mes obsessions politiques sur ma santé mentale. Que Carla Bruni me pique Dutronc à la porte de l'hôtel où il me raccompagne tendrement, ça reste vraisemblable, mais que je passe la nuit à entretenir Sarkozy des méfaits des aspirations matérialistes chez les chauffeurs de bus scolaires ?
Il est grand temps, je vous le dis, qu'un candidat de gauche, même facteur, emporte les prochaines présidentielles, pour que je recouvre enfin la sérénité nocturne qui fut la mienne lors des années mitterrandistes. Jamais j'ai rêvé de Mitterrand, même éveillée - alors que Sarkozy finit par me pourrir même mes nuits.
Et à propos de gouvernement pourri, avez-vous lu comme moi que le Premier Ministre Grand Breton se propose d'obliger les chômeurs à travailler trente heures par semaines pour conserver leurs dérisoires allocations de chômage ? Voilà qui pourrait donner des idées à notre cher Président - qui pourra pour une fois arguer sans mentir que ça se fait ailleurs. Bosser à plein temps sans salaire, on croit rêver !