Squia oura.
C’est difficile de voir des
écureuils. Pas de les apercevoir, tache fauve oblongue se faufilant en bord de
route pour gagner en trois bonds l’abri des arbres, mais de les voir vraiment,
de les regarder même. C’est rare, faut qu’ils veuillent bien, comme ce matin.
Partie chercher le pain du petit déj sur le coup de huit heures après avoir
gratouillé le strict indispensable de glace au pare-brise, je les ai vus de
loin qui jouaient sur la route. J’ai ralenti, ralenti, ralenti, pour bien
attraper l’éphémère, et rien. Pas bougé, ou presque. Le moins téméraire des
deux a fait repli à la limite du goudron, l’autre a levé la tête et toisé mon
auto qui s’était arrêtée à force de ralentir. Ca a duré une bonne minute de
silence, il a joué avec la noix qui traînait là comme un chien avec une
pantoufle domestique, et puis cédant aux injonctions de son copain inquiet qui
lui couinait des grouille-toi étranglés, il est parti à petits bonds. Alors j’ai
reparti aussi, en souriant comme une imbécile.