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Melting Pot et vin blanc doux
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26 janvier 2008

Bouffon toi même.

Une de mes copines qui s’interroge trop se prend le chou avec le sens du style. Littéraire s’entend. Pas que je sois qualifiée pour causer – puisque je suis pas prof – mais bon, je l’ai envoyée lire Buffon. Je l’aime beaucoup son Discours sur le style, et même si je ne suis pas d’accord avec tout ce qu’il dit[1], j’abonde pour l’essentiel.

Donc, Buffon a raison, Le style, c’est l’homme même.

D’ailleurs, maintenant que j’y songe, j’avais offert une copie de ce texte à un monsieur qui m’est proche, qui me fait des fois penser un peu à Buffon soi-même, et qui écrit beaucoup. Ce genre de petits conseils sur l’art de rédiger, donnés par un confrère – même trois cent ans après, c’est toujours mieux accepté que d’une comptable.

Bref, il fut tant et si bien enthousiasmé, qu’il en distribua copie à ses étudiants et collègues (qui sont pour l’essentiel, entre nous soit dit, des normopathes de la syntaxe) afin de leur faire partager son élan.

Boh, il était revenu légèrement dépité, parce qu’un de ses copains l’avait rebaptisé Bouffon. Mais n’empêche que maintenant il fait vachement gaffe au scrupule dans le choix des expressions, et ses bidouillages en sont d’autant plus savoureux.



[1] Si l'on y joint encore de la défiance pour son premier mouvement, du mépris pour tout ce qui n'est que brillant et une répugnance constante pour l'équivoque et la plaisanterie, le style aura de la gravité, il aura même de la majesté. Là, par exemple.

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Commentaires
C
J'admire, j'admire tout particulièrement ce passage qui résume un plumitif de ma connaissance qui se la pète un maximum avec son QI à 145 et qui ne ponds au final que du bon gros caca sur papier glacé.<br /> <br /> "Rien n'est plus opposé au beau naturel que la peine qu'on se donne pour exprimer des choses ordinaires ou communes d'une manière singulière ou pompeuse; rien ne dégrade plus l'écrivain. Loin de l'admirer, on le plaint d'avoir passer tant de temps à faire de nouvelles combinaisons de syllabes, pour ne dire que ce que tout le monde dit. Ce défaut est celui des esprits cultivés mais stériles; ils ont des mots en abondance, point d'idées; ils travaillent donc sur les mots, et s'imaginent avoir combiné des idées, parce qu'ils ont arrangé des phrases, et avoir épuré le langage quand ils l'ont corrompu en détournant les acceptions. Ces écrivains n'ont point de style, ou, si l'on veut, ils n'en ont que l'ombre. Le style doit graver des pensées: ils ne savent que tracer des paroles."<br /> <br /> <br /> Un brin dans l'emphase ce discours, mais intéressant quand même. Merci pour la découverte Marie ;)
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