Pouf pouf...
Je suis en vacances. Presque. Après-demain. Youpee.
Ce matin, c’était la dernière réunion de chantier de l’année. Quelques merdouilles à régler, et on respire une semaine. Je commence à devenir une femme d’affaires redoutable. Et toujours aussi dégonflée. Ce matin, Mademoiselle m’attendait dans la cour. Mais comme je m’en doutais, je suis rentrée par une fenêtre en-rez-de-rue. L’embêtant, c’est que Nicolas avait stocké mes nouvelles fenêtres dans son hangar et que par conséquent, je ne les verrais pas. Enfin bon. On a fait le tour du tour qu’y avait à faire en attendant le maître d’œuvre qui a pas la même heure que nous, et on a programmé le bordel de la semaine. C’est là qu’il est arrivé, le maître d’œuvre, en demandant qui était la dame qui l’avait agressé en bas.
Ah bon, vous aussi ! se sont exclamés en chœur mes bonhommes.
Bon alors on fait un point ici et on va la voir tous ensemble pour voir
exactement ce que c’est le problème, qu’il a répondu parce que ça a l’air compliqué.
Mais au moment d’y aller, y’a eu embouteillage dans l’escalier parce que personne ne voulait passer en premier. J’ai poussé Nicolas qu’a protesté en disant non merde, pas moi, elle fait rien qu’à me tripoter le bras.
Mais c’était trop tard. Et puis soyons diplomates, amadouons la bête comme on peut.
On l’a laissée causer, et on a repris dans l’ordre.
D’abord, son évier en grès. Qu’a explosé sous une poutre. Elle avait gardé un fragment qu’elle nous a montré comme preuve que c’était bien du grès. Je lui ai dit que nous en avions un identique en commande, tout neuf, et que le plombier avait prévu ça dans son planning.
Oui mais quand, parce que c’est urgent.
Alors Benjamin le Plombier a
sorti un petit agenda. Je ne sais plus,
laissez-moi voir. Ha, ben tout en dernier. Comptez mars.
J’aime beaucoup ce garçon. Il ne note jamais rien, mais fait preuve d’à propos.
Ensuite on a compté les néons qu’on devait lui reposer sur son plafond (non, la peinture des plafonds de caves n’est pas prévue), on a confirmé que la prise de terre ne serait pas déplacée, qu’on nettoierait tout bien, et on a demandé si y’avait autre chose.
Oui, elle voulait montrer quelque chose à Nicolas dans la dernière cave, la plus sombre, de la travée d’à côté. Il l’a suivie avec des mimiques d’impuissance. Pendant qu’elle lui causait, j’ai vu Morgane sortir une pince de sa poche, et tirer un clou d’une poutre jusqu’à ce qu’il dépasse de dix centimètres sur le passage. Il m’a souri sous son bonnet en me soufflant Y’a plus qu’à espérer que Nicolas se met du bon côté en sortant.
Raté.
Enfin bon, j’ai du bol de bosser avec des gens comme eux. Compétents, gentils, humains, faillibles et pleins d’humour. Alors à vous messieurs, Laurent, Nicolas, Morgane, Benjamin et Lionel, je tire ma révérence, et je dis grand merci.