Décrédibilisant
« Like the whips of anger »
C’est le seul vers d’une polésie anglaise lue il y a longtemps dont je me souvienne encore.
Comme des fouets de colère.
C’étaient des lignes électriques qui barraient la colline, et c’était la première fois que je lisais de la polésie dans une langue qui n’était pas la mienne. J’étais en seconde, j’avais seize ans, et pas la moindre idée du voyage qui m’attendait à suivre les fouets de la colère.
Cette polésie là, notre prof
en avait demandé une traduction. Je me lançai dans l’allégresse et sur le
champ, et foutredieu, ce fut un de mes meilleurs jours d’école. Je n’avais
jusque là traduit que des chansons, du King, des Beatles, et des Quilapayun,
qu’on chantait à vélo avec la
Joséphine. Ben la Tierra
Sauf, - je vais m’offrir une digression à des lieues de toute polésie – sauf cet après midi étouffante de juin, l’année dernière, où juchée sur mon escabeau en culotte et soutif, je décrassais les vitres en beuglant, enthousiaste, des révolutionnarismes obsolètes sur fond de flûte de pan et de tambour en peau de lama. A la fin du morceau, il y a eu un silence. Mais lourd, chargé…
Je m’est retournée, mon fils venait de rentrer de l’école une heure à l’avance, en ramenant tous ses copains. Ha Sainte Misère, déjà qu’avant, ils me regardaient d’un drôle d’œil…
J’étais partie pour vous raconter quoi ?
Ha oui, la polésie. Ben faudra revenir, c’est râpé, j’étions plus crédible maintenant.