samedi 29 novembre 2008
Nous n'irons plus à Maïtagarria.
Louise de Vilmorin. Peut-on rêver plus attachante héroïne d’un roman que cette femme d’esprit, elle-même écrivain, et coqueluche du Tout-Paris des années les plus fertiles du vingtième siècle ? Fiancée un temps à Saint Exupéry, muse de Malraux et de bien d’autres, dit on, c’est elle que Jacques Rouvière a choisi de mettre en scène dans son dernier roman Nous n’irons plus à Maïtagarria. Maïtagarria, c’est le nom de l’hôtel de Saint Jean de Luz où la jeune Louise s’en va, l’année de ses 17 ans, se refaire une santé. Elle souffre d’une arthrite tuberculeuse qui la contraint à rester allongée, le plus souvent dans une chaise roulante que par dérision elle baptise Rossinante. La jeune femme rassemble autour d’elle une véritable cour d’admirateurs qu’elle manipule, déjà toute jeune, avec un art qui jamais ne se démentira au cours de son existence. A ses heures de solitudes, elle partage avec Victor, l’homme à tout faire de l’hôtel, sa passion de la littérature. C’est que Victor, lui aussi, se rêve écrivain. C’est lui qui nous conte la chronique des trois années que Louise passera à Maïtagarria, et poursuit avec le récit de la relation épistolaire qu’il conservera avec sa muse jusqu’à la mort de celle-ci en 1969.
Jacques Rouvière, dont on n’a pu oublier les Dix siècles d’humour dans la littérature française, nous conte d’une plume légère la relation de ces deux personnages, faisant revivre pour nous tout l’entourage brillant autant qu’insouciant de la jeune femme. Daudet, Claudel, Gide, Cocteau, Gallimard, vont fréquenter Maïtagarria dans le sillage de Louise, régulièrement durant les trois années de séjour continu qu’elle y fera dans sa jeunesse, puis ponctuellement, lorsque désireuse de revoir le Pays Basque elle reviendra sur les lieux pour quelques jours ou quelques semaines, notamment durant la période agitée de la guerre civile espagnole. Elle si inconstante en amour – ne disait-elle pas je meurs d’amour sans savoir pour qui, fera preuve d’une indéfectible amitié pour le jeune Victor.
Les pages de ce court roman – on aurait
aimé en lire bien plus, portent en filigrane la marque de l’amour que son
auteur porte à la littérature et à l’exercice de l’esprit, et laissent au
lecteur, la dernière page tournée, l’envie d’aller en lire plus sur
Révérence, donc, Monsieur Rouvière, et n'attendez pas trop longtemps pour vous remettre à l'oeuvre !
vendredi 28 novembre 2008
Polésie pour se calmer les nerfs.
Avocaillon de merde, impénitent jean-foutre
Sais-tu bien mortecouille que je te pisse au cul ?
Sans doute il est aisé, avec les indigents,
De parier l’ignorance, et d’user du j’ordonne
Et du papier timbré au-dessus d’un discours
Habile, j’en conviens, quoique cousu d’un fil
Qui eut convenu mieux à lier des saucisses.
Je te conchie vois tu, et ne déplore rien
Que de laisser ta prose saloper ma quiétude.
Mais par ma foi, je jure, et je crache à tes pompes
Tu m’en rendras raison, avec moult intérêt.
Souviens-toi, ridicule, que déjà une fois
Nous avons toi et moi ferraillé contre l’autre
Et que je t’ai vaincu, sans bouger un seul doigt
D’un coup à
Allez, je calme là, avec de mauvais vers
Un sursaut de colère, légitime ma foi
Et te rends au néant, avant que d’aller lire
Une prose plus noble que tes torchons à cul.
jeudi 27 novembre 2008
L'ubucolique
Y’a un type tout maigre qui court sur une branche plate en tenant enfoncé son chapeau sur son chef dans le bosquet de châtaigniers. C’est bizarre, il court pas, il fait style qu’il courrait, mais il est immobile. C’est chié bien imité, et aussi artistique qu’un chinese papercut. Il a des mains immenses, comme les mains de Flipo le fermier. Enfin, je devrais dire, comme la main de Flipo le fermier qui dit qu’il est borgne d’la dextre. Ca le gêne pas tant, vu qu’il a plus qu’une vache et qu’elle c'est au pis senestre qu'il lui manque un morceau. Flipo, il boit pas de lait, d’ailleurs, c’est preuve que le bon dieu est cohérent ; le reste c’est les mystères de la nature et tout le tremblement, les drôleries qu’on s’explique pas. Comme l’échalas là bas dans l’arbre, m’allez pas dire, y’a bien des gens qu’ont des drôles d’idées.
Aujourd'hui,
sans vous crisper la main sur l'omoplate gauche, l'oeil ébahi et le cil frisottant, prenez d'un seul grand clic une leçon de tango.
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mardi 25 novembre 2008
Mais ils n'avaient sans doute
jamais admiré tout cela, comme si la nature n'existait pas auparavant, ou qu'elle n'eut commencé à être belle que depuis l'assouvissance de leurs désirs.
Gustave Flaubert, Madame Bovary.
L'assouvissance, jolie variation d'assouvissement, qui dénonce un plaisir plus brutal, est aujourd'hui quasi disparue de nombre de dictionnaires. même si l'inestimable TLF continue à lui rendre de légitimes honneurs. Je propose que par réaction contre l'oubli, on le pousse dans ses derniers retranchements, et qu'on le remette en usage sous la forme composée d'assouvit-sens, mais vous faites bien comme vous voulez.
lundi 24 novembre 2008
Happy as can be, mmmh-hum
Découvrez Ella Fitzgerald!
N'importe quoi !
Le lachanophobe a peur des légumes.
samedi 22 novembre 2008
Polésie météo.
On la sentait dans l’air depuis deux jours déjà, cru au matin, puis d’un froid caressant mais encore trop humide pour qu’elle arrive enfin en imposant silence, sauf au souffle du vent. On la savait là-haut déjà tombée à terre, mais sans trépas – c’est sa façon de vivre, trois tourbillons et se pose en dansant, sur une rampe grise, une marche de bois, sur le nez d’un marmot ou la langue d’un chien, fondante au cul des vaches, glacée au creux du cou.
Et enfin cette nuit, à la frontière
entre hier et presque ce matin, on l’a vue se glisser, drue, féroce de douceur
dans la lumière jaune des réverbères tassés sur leurs atomes de matières dures
aux dents, la magie des flocons qui éclairent le noir d’un nuage de lait, et
comme le brouillard des polésies d’enfant mettent tout un décor dans un sac de
coton.
Noël est bientôt là !
lundi 17 novembre 2008
Fugit irreparabile...
Quand aux petites heures on songe à nos enfuis
A ceux qui sont partis sur le cheval d’une ombre
Et dont on voit encore et l’œil et le sourire
Dans l’œil et le sourire d’un passant inconnu
Et qu’on rappelle à soi, qu’on hèle au boulevard
Des rêves qui se pressent aux carrefours troublés
De la conscience d’hier ;
Quand au creux des chaleurs d’un lit qui ne nous tient
Que pour des passagers, des dormeurs d’une nuit,
On laisse lentement glisser entre nos doigts
Le chapelet des noms, toi, toi, et toi encore
Marguerite effeuillée jusques à la folie
Parés des dominos tous pareils du ballet
Que vous dansez pour Dante ;
Qu’on sait le temps pour rien, ou pour si peu de jours,
Malgré la permanence des soleils relevés
Des vents du Nord qui soufflent dans nos têtes tendues
Pour regarder le ciel comme une première fois
Comme un mistral enflé du parfum des plateaux
Chèvres et genêts mêlés d’une pointe de menthe
Et d’asparagus vert ;
On ouvre la paupière sur un matin de plus
Mais déserté toujours de la troupe croissante
Des presque disparus dont on réchauffe encore
Un souvenir, une phrase, ou un éclat de rire
Dans nos mains qui se tachent d’un début de bientôt,
Un vieux vers nous revient, de nos journées d’école,
Salut, derniers beaux
jours…[1]
[1] Là, sûr, c’est Lamartine.
samedi 15 novembre 2008
Dans la série des épitaphes amusantes...
Celle d'un apothicaire réputé pour son habileté dans l'administration des clystères.
Ci-git qui pour un quart d'écu
S'agenouillait devant un c..


