Melting Pot et vin blanc doux

Parce qu'on peut pas compter que sur la Providence.

jeudi 19 juillet 2007

Palais des papes

- D’où ça sort cette histoire de Pape à Avignon, je croyais qu’ils étaient à Rome ?

- Ho, c’est une vieille histoire, réponds-je à ma Virgule. Tout ça a commencé avec les Guelfes et les Gibelins…

- Si tu veux t’inspirer de fantastique pour me raconter des conneries, je te signale qu’on dit « Les elfes et les gobelins ».

- Ouais, bon ça change rien à l’histoire, mais pisque c’est comme ça, je te raconte pas.

 

- J’aime autant oui.

Posté par Marie Fox à 17:10 - Les mômes. - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

piedmarie3

mardi 17 juillet 2007

Coup bas

Partie ce matin quérir un cadeau pour la plus jeune de mes nièces, qui a quatre ans et un sacré carafon, j’explorai dubitative les rayons d’un magasin de jouets avant d’opter pour un gros tas de pots de peinture à doigts et des blocs de feuilles XXL parce que ces conneries de format A4, pour peinturer quand on a quatre ans, c’est frustrant.

Arrivée à la caisse, je tends mes emplettes à la jeune et avenante demoiselle qui se trouve là et lui demande un paquet cadeau qu’elle me fourre dans un sac en me disant :

« Y vont être contents vos petits-enfants »

Pardon ? Elle a dit quoi là ? Vous avez dit quoi là, lui demandé-je avec peut-être un soupçon de fiel dans la voix. J’ai l’air d’avoir des petits-enfants ?

« Oh, chuis désolée, mais c’est pas évident ».

Et mon poing dans sa gueule, c’est pas évident ? Y’a des foutbaleurs qui vous niquent un bonhomme pour moins que ça hein.

Putain, elle m’a tué le moral cette garce. Pas évident. Merde alors. Merde alors. Et faut se faire dire ça par un boudin !

Posté par Marie Fox à 17:11 - Insignifiances - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

piedmarie3

dimanche 15 juillet 2007

Time to live

Time to live

 

 

He rushed down the hill

Stones were rolling under his feet

Up there in between four walls

The alarm was singing joyless

 

He was smelling the scent of trees

With his body just like a forge

Light was flooding along with him

Making of his shadow a dance.

 

Hope they leave me time enough

He was jumping across hair grass

He picked a pair of yellow leaves

Deeply imbued with sap and sun

 

The blue steel cannons were spitting

Short flames of dry fire

Hope they leave me time enough

He reached the waterside

 

He plunged his face into the flow

He laughed out of joy he drank

Hope they leave me time enough

He got up to jump

 

Hope they leave me time enough

A burning yellow brass bee

Stoke him down here on the bank

Blood and water went blending

 

He’d had time enough to see

Time enough to drink the stream

Time to bite into

A couple of sunny leaves

 

Time to laugh at his killer

Time to reach the other shore

Time to run towards his wife

He’d had time to live

samedi 14 juillet 2007

Alexandrins entre copines.

«Il faut se méfier des citations latines, elles cachent souvent quelque chose de leste »

G. Flaubert

 

Alexandrins entre copines

 

Ce matin, nos lardons déposés à l’école

Nous allions d’un bon pas, riant comme des folles

Mais depuis quelques jours il nous manquait Violette

Qui faisait grise mine et boudait à nos fêtes.

 

C’est une amie commune et croisée en chemin

Qui nous montra l’église en secouant la main.

Elle est entrée ici, lança-t-elle en courant

Il faut que je me grouille, j’ai un cours d’Allemand.

 

Nous entrâmes au lieu saint en contraignant nos rires

Et nous vîmes Violette, blanche comme la cire.

Elle écorchait ses bas sur un prie-dieu usé

Et pleurait comme pleure une femme abusée.

 

Nous

 

Que fais tu là Violette, qui te fait larmoyer ?

Nous étions très inquiètes et nous t’avons cherchée,

Nous ne te trouvions point et enfin c’est Elise

Qui nous a suggéré de voir en cette église.

Te connaissant mieux qu’elle, nous cherchions dans les bars,

Et voilà que tu pries, c’est sans doute un hasard !

 

Violette

 

J’implore en vain le ciel qui ne daigne m’entendre

Qu’il rende à mon époux virilité moins tendre

Car depuis plusieurs mois, à ma grande détresse

Mon chéri de toujours dédaigne un peu mes fesses.

 

Nous

 

Crois tu qu’en une église tu trouveras secours

Ou conseil avisé pour t’aider en amour ?

C’est à un sexologue qu’il faudra t’adresser

Si tu veux voir un jour son dard se redresser.

 

Violette

 

J’ai commencé par là sans même vous le dire.

 

Nous

 

Que t’a dit le docteur, et pourquoi tu soupires ?

 

Violette

 

Esculape, averti en matière d’eunuques

M’a donné pour avis « consilio manuque »

Mais pour moi qui n’ai pas étudié le latin

Les citations romaines ne servent pas de rien.

 

Nous

 

Pour le latin, sans doute, tu ne l’as jamais su

Mais tu plagies Molière, et toute honte bue

Tu t’adresses au bon dieu pour une traduction

Qui ne demande, au vrai, qu’une bonne intuition.

On va t’aider, Violette, et le dire tout net

« Consilio manuque » a le sens de branlette.*

Ce soir dans votre couche œuvre un peu du poignet,

Quitte donc cette église et viens boire un café.

 

Morale

 

Mieux vaut rire entre amies qu’attendre un coup de main

De curés forts en thème mais bien trop puritains.





 

  • « consilio      manuque » devise attribuée à Figaro par Beaumarchais, signifie      littéralement « par l’habileté et par la main ».
  • Les citations latines qui ont inspiré les textes qui figurent dans cette catégorie sont toutes extraites de l'Aperto Libro d'Orlando de Rudder, récemment réédité sous le titre de In Vino Veritas (finalement avec ces deux titres on cerne bien l'auteur, Révérence Cher Monsieur).

Posté par Marie Fox à 18:55 - Poésies Salaces. - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

piedmarie3

mardi 10 juillet 2007

ubucolique

Y’a un type tout maigre qui court sur une branche plate en tenant enfoncé son chapeau sur son chef dans le bosquet de châtaigniers. C’est bizarre, il court pas, il fait style qu’il courrait, mais il est immobile. C’est chié bien imité, et aussi artistique qu’un chinese papercut. Il a des mains immenses, comme les mains de Flipo le fermier. Enfin, je devrais dire, comme la main de Flipo le fermier qui dit qu’il est borgne d’la dextre. Ca le gêne pas tant, vu qu’il a plus qu’une vache et qu’elle c'est au pis senestre qu'il lui manque un morceau. Flipo, il boit pas de lait, d’ailleurs, c’est preuve que le bon dieu est cohérent ; le reste c’est les mystères de la nature et tout le tremblement, les drôleries qu’on s’explique pas. Comme l’échalas là bas dans l’arbre, m’allez pas dire, y’a bien des gens qu’ont des drôles d’idées.

Posté par Marie Fox à 19:42 - polésie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

piedmarie3

mardi 3 juillet 2007

Memories of what

Si on se posait, là, qu’on s’arrête un moment sans parler. On mâchonnerait un brin d’herbe, on déciderait de rester assez longtemps pour voir grandir les coccinelles. On n’a jamais pris le temps. Mais je sais bien pourquoi. Pour voir grandir une coccinelle, il faut la regarder de très très près en la laissant courir entre les doigts, et ça chatouille aux embryons de palmes. Au bout de trois minutes un quart, c’est intenable, alors on la souffle et on s’en va se baigner au ruisseau, compter les galets d’or qui deviennent de pierre quand on les sort de l’eau. On regarde les truites. On sent bien leur douceur. Tu te souviens du jour qu’on s’était tartiné les mollets de biscuits au pâté pour voir si elles y goûteraient. Ton sourire grand fendu sur tes dents inégales de lapin de neuf ans, la fraîcheur des bras d’arbres – et l’incessant vacarme des milliers de cigales, et le rire de tes deux grandes patates de frères qui jouaient à l’écartée sur les branches d’un pin. Vers le soir, on avait pêché une daurade – enfin, une sorte de bébé daurade, et on l’avait enterrée dans le sable, avec une fourmi vivante pour voir si elle s’en sortirait. Pis on était rentrés, avec tout le fourbi empilé dans deux sacs, et les cailloux rouges à broyer pour faire des peintures rupestres dans ton seau Bob l’Eponge.  La prochaine fois, si tu veux, et si y’a assez d’eau, on sautera depuis tout en haut des rochers en hurlant « ho my God ! » dans toutes les langues qu’on peut. On a droit à l’Elfique, y’a trois points de bonus si on tombe dans le rai de lumière, et on perd une vie si on se prend les roches qui affleurent sur la droite, là, t’as vu ?

Posté par Marie Fox à 19:43 - polésie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

piedmarie3

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