Une plume au chapeau,
et l'autre au cul disait ma grand-mère Victor qui n'avait pas lu La Fontaine et ignorait qu'en français châtié, on eût plutôt dit Grosjean comme devant pour évoquer un échec sans équivoque.
Je suis, quant à la chose écrite, une emmerdeuse accomplie, a fucking nitpicker, et n'allez pas traduire ça par puriste. Rien ne me ravit autant qu'une liberté impromptue, et Pardaillan pourrait s'exclamer ta mère! à la fin d'une tirade que j'applaudirais des deux mains. Notez, d'ailleurs, que c'est un travers inoffensif que s'attacher aux règles de l'élégance du discours quand on n'emmerde pas son monde avec ça. Je ne force personne à lire mes élucubrations. Je ne corrige les élucubrations de personne hors demande expresse de l'intéressé(e), et bien sûr celles de mes élèves, mais c'est justement pour ça qu'on me paye. Bref, je n'emmerde personne, mais je ne supporte pas - du tout - qu'on m'empêche de tripatouiller à ma guise un texte dont je suis l'auteur. Or c'est précisément ce à quoi prétendait l'éditeur avec lequel j'avais signé la publication des aventures de Victor. Pas de discussion possible, ni sur la place d'une virgule, ni sur quelque modification dont la nature ne fût pas strictement orthographique. J'ai essayé de négocier, je me suis heurtée à un mur. Alors je me suis collé mon manuscrit sous le bras, et je l'ai remis dans la pile de bordel sur mon bureau, une plume au chapeau...