journée de la langue française.
Ben tiens. C’est qu’il est urgent de lutter contre l’invasion de l’anglais dans notre langue de Molière à nous. Nos politiques insistent. Si les moins de trente ans aujourd’hui ne sont pas foutus d’identifier un passé simple, si les étudiants en droit pensent qu’un homicide est un meurtre commis à domicile, ce n’est pas parce que nous avons donné naissance à des générations de crétins, c’est la faute à Shakespeare.
M’enfin, a-t-on jamais entendu les anglais se plaindre de ce que la moitié de leur vocabulaire est français ? Leur discours quotidien est ponctué de français bien plus que le nôtre d’anglais. Faites un test, notez, sur une journée, le nombre de mots anglais que vous entendez dans la conversation. Vous allez garer votre voiture au parking près du squat, envoyer trois mails, planifier votre week end et avec un peu de chance, l’un de vos collègues fera son coming out en live au bureau, mais c’est à peu près tout.
Ouvrons maintenant un dictionnaire anglais à n’importe quelle page. Ici le volume 4 de mon Harraps de compétition à la page R.60 :
Rivet ; rivière (de diamants) ; robe ; rocaille ; rocambole ; rochet ; rodomontade ; rognon ; rogations ; rôle. On pourrait y ajouter ceux qui, à la finale près, sont issus du français : riziform, robust etc…
Doit-on vraiment poursuivre la démonstration ?
Que les marketteux cessent de nous agoniser de « must haves » (sic), je demande pas mieux. Qu’on fasse ce qu’on peut pour que les générations scolarisées acquièrent une meilleure maîtrise du français, c’est une bonne idée. Mais cessons de prétendre que l’anglais nous envahit. C’est, ça a toujours été le contraire !