le cinquième pouvoir.
Mais si, on parle de "quatrième pouvoir" pour la presse, de "cinquième pouvoir" pour l'opinion publique. Le cinquième pouvoir n'a jamais été aussi visible qu'hier dans les rues des villes de France. Je n'y étais pas, je n'ai jamais manifesté, non pas par désintérêt de la vie politique, mais parce que je crains la foule comme je crains le choléra." A plus de trois, disait Brassens, on est une bande de cons. Desproges rajoutait "qu'à fortiori, moins de deux, c'est l'idéal."
Sans doute que de leur vivant, les Charlies assassinés n'ont jamais imaginé qu'ils pouvaient rassembler autant. Comme sans doute ils n'ont jamais songé qu'on pourrait célébrer la mémoire d'une bande de mécréants en sonnant les cloches de Notre Dame, ou leur oeuvre de provocation en criant "Vive la Police". Charlie a été enterré aux accents de la Marseillaise - rien que ça. Quelle belle cohérence ! Charlie, c'était 140 000 exemplaires hebdomadaires. Hier, ils avaient pas loin de quatre millions de "like" dans les rues - mais c'est un pigeon isolé qui a posé le seul trait d'humour charliesque (mais si, l'adjectif a de beaux jours devant lui) en allant fienter sur la veste de Hollande : Alleluia, Cavanna s'est réincarné !
Allez, je me gausse, mais quand même, je ne peux m'empêcher de penser, pour la première fois depuis longtemps, qu'il ne faut pas, finalement, désespérer de l'humanité. Ma pemière crainte était que les Français, comme les Américains, ne répondent au choc en ouvrant un Guantanamo, j'espère que je me suis trompée. On verra bien.