Décourayant ?
Qu'on me pardonne mon manque d'assiduité sur ces pages, mais il fait beau, je bulle au bord du lac, et quand je ne bulle pas, je bosse. C'est justement ce qui me ramène ici. Depuis quelques semaines, je donne des cours de français à des espagnols, et l'exercice n'est pas si simple qu'il y paraît. Ce n'est pas pour rien que les enseignants de FLE (français langue étrangère) suivent une formation particulière. Je passe donc des heures à me constituter un réservoir de documents exploitables, qui tous soulèvent immanquablement des difficultés majeures. Un véritable casse tête pour mettre la main sur la page de BD, l'extrait de journal, le poème, le vers de Racine, de Vian, qui illustreront pile poil l'emploi adverbial d'un participe présent, la règle de l'élision, ou n'importe quel point de grammaire qui peut leur paraît insurmontable. Achille Talon fait des merveilles quand il s'agit de définir un champ lexical particulier. Les serpents qui sifflent piègent à tous les coups. Serpe qui sifflant ? Ben oui, ça semble improbable à celui qui est bien installé dans sa langue, mais ça dépayse quand on débarque, même si on a comme ceux-là déjà une relative maîtrise des bases. S'adresser à un public qui a le niveau de language d'un enfant de cinq ans, mais tout le reste au niveau Bac + 5, et qui s'impatiente des vices des passés simples du troisième groupe, c'est pas de tout repos. Heureusement, là, j'ai trois jours devant moi pour préparer le prochain cours. Je vais éviter Brassens cette fois, ils ont vraiment eu du mal.