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Melting Pot et vin blanc doux
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19 janvier 2014

Les semaines silence.

Cette fois, ils sont partis et bien partis, et ma vie ressemble beaucoup à celle d'avant les enfants, la jeunesse en moins. Mes journées sont silence, sérénité, entre les craquements du feu et les avis de mise à jour que claironne mon PC. Pas de "qu'est-ce qu'on mange" de "t'as lavé mon jean", plus de marches d'escalier qui tremblent sous des assauts furieux, plus de bordel qui traîne ici et là. Sauf le week-end. Ma Virgule, enfin libéré de la tutelle parentale, a adopté le rythme de transhumance hebdomadaire des étudiants et ramène avec lui le vendredi soir son linge sale et sa verve. En moins de cinq minutes, ma cuisine est encombrée d'une paire de baskets, d'une veste jetée en vrac et le générique d'How I Met your Mother résonne sur l'alienwear. Je sais qu'il me reste moins d'une heure avant que ne reprenne le défilé des potes de retour de Lyon, Grenoble ou Lausanne. Et mes week-end sont un concentré de mes semaines d'avant. Chaque coup de sonnette ponctue l'arrivée des géants. Les voilà trois, puis cinq, puis sept... le couloir est inabordable, jonché de sacs, de pompes, de vestes qui s'empilent, et avant vingt heures, ils sont tous repartis, laissant derrière eux un chantier impensable. Le samedi est presque aussi calme que la semaine. Ils se retrouvent en ville, écumant les librairies, les magasins de sport, posant leurs fesses devant un diabolo fraise dans un bistro pour se raconter leur semaine. C'est le dimanche matin, entre le café et le marché, que Virgule me raconte sa semaine, parlant très vite et sans pause une bonne heure durant, après quoi il déserte ma cuisine pour remonter dans sa chambre préparer le Pathfinder de l'après-midi. Je sais qu'à partir de deux heures, et jusqu'à ce que je les vire tous manu militari en début de soirée, mon appartement ressemblera à Berlin sous la botte des Russes, l'esprit en plus. Chacun abandonne sa personnalité pour endosser celle que le maître de jeu lui impose (un orphelin sensiblement plus grand que la moyenne des orphelins, un Chagamore affligé d'un affreux défaut de dicchion, un géant nourri des préceptes de Nietsche, un jésuite chinois imprégné de confucianisme) tous lancés dans une même quête absconse ponctuée de leurs rires énormes. Et puis, vers dix-neuf heures,  Virgule reprend son sac, son alienwear, son sourire et sa bonne humeur, la porte se referme, et le silence revient comme une chape de plomb. 

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Commentaires
M
oui, j'avoue, ça craint un peu...
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C
supportable mais c'est notre destin...
Répondre
G
L'ENFER !!!!
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