Couillon !
A force d'explorer mes souvenirs pour restaurer la mémoire des générations d'avant-moi, je me suis dit qu'il serait peut-être plus simple d'essayer de piocher les morceaux qui me manquent dans la mémoire des autres. Mais lesquels. Les Victor, les Léon, les Jules sont mortes depuis des années. Il faudrait que j'interroge leurs enfants, ceux qui sont encore là, et qui approchent les 80 ans. Je profite de mon séjour dans le Var pour essayer d'en retrouver quelques-uns. Pas facile. Les soeurs de ma grand-mère, en épousant, on épousé des noms que je ne connais pas. Elles ne sont pour moi que des prénoms. Enfin, à force de me pressurer le citron, je retrouve le nom de Léon, et grâce à Internet, je trouve une adresse qui semble correspondre. J'appelle, on verra bien.
La dame qui répond, est, au moins, de la génération que je vise. Je m'excuse de la déranger, lui demande si elle est bien l'Yvette à Léon. Elle me chevrotte que c'est bien elle. Et moi, je suis qui ? La petite fille de Victor. Elle se souvient de moi, oui, bien sûr. D'où je l'appelle ? De pas loin, de Hyères.
Ha bon ? Alors tu viens manger ?
Mais comment j'ai pu ne pas la voir venir celle-là ? Oui, bien sûr, je vais venir manger. J'en ai déjà des crispations d'estomac. Parce que je ne me fais aucune illusion, hein,je vais avoir droit au panorama gastronomique complet - aïoli et bouillabaisse - c'est le forfait minimum. Mais bon, j'irai faire la sieste dans ce qui reste de la pinède avant de reprendre la route, pour noter tout ce qu'elle m'aura raconté et qui viendra étoffer un peu, j'espère, l'histoire de mes aïeux. Si j'ai pas mouru d'une indigestion.