Court-circuit.
Plutôt que de suivre le plan de cours, assez fouillis selon moi, de l'une de mes élèves de troisième, je lui "raconte" la seconde guerre mondiale. Un exercice épuisant qui exige d'établir nombre de liens transversaux (pourquoi les japonais entrent-ils en guerre, par exemple) et une concentration sans faille tant pour elle que pour moi. Ca roule pas trop mal, et je commence à prendre confiance. Elle sait maintenant qu'Hitler dirige l'Allemagne, Staline la Russie... et justemement, j'en arrive au tournant de la guerre, et à la bataille de Stalingrad.
"Donc, Hitler a prévu de conquérir la russie en trois mois, et comme Staline n'a pas cru ses informateurs qui lui avaient donné même la date de l'invasion, les troupes allemandes avancent à toute allure. Mais les russes ont un sursaut d'énergie, et tiennent la wermarcht en échec devant Moscou, et pareil à Stalingrad. Et il arrive aux allemands la même chose qu'à Napoléon, ils se retrouvent à camper en plein hiver en uniforme d'été, et en russie l'hiver ça caille."
Conciencieusement, elle note.
"M'enfin, t'as pas besoin de tout écrire, ça tu devrais pouvoir t'en souvenir, non ?"
"Oui, mais je note pour Napoléon, je savais pas que c'était lui le président pendant la guerre".
Je vous le dis comme je le pense, ces mômes, ils finiront par avoir ma peau.
