Cantique azimuthal.
Dix mille et une étoiles s’allument dans le ciel, et le rossignol chante une mélodie sobre, hésitante parfois comme un nombre à virgule. Dix mille et une étoiles. Dans les contours de l’ombre les chênes se chuchotent de millénaires contes et comptent les étoiles, chaque nuit après l’autre, et quelquefois aussi dans la torpeur des siestes - mais là c’est par hyperbole seulement. Et puis qu’importe la mathématique, quand l’une d’elles choit, c’est aux chênes qu’est échue la tâche d’amputer l’un des leurs d’une strie soustractive. C’est que les forêts naissent avec un compte aigu du nombre des étoiles, alors qu’est il besoin d'abstruses extrapolations ? Ce soir, elles sont dix mille et une. Les arbres me l’ont dit – oh, c’était distraction seulement – y’a pas indiscrétion.
Le rossignol s’est soudain tu, c’est qu’une étoile a chu - les étoiles choient toujours nuitamment. Dix mille, s’ampute un arbre à la lisière Est. Dix mille, décompté-je avec lui. Dix mille, c’est beaucoup moins marrant.