rien de nouveau sous le soleil
Il existe aux États-Unis deux systèmes de charité publique. L’un
est celui de l’Angleterre, où tout individu qui n’a pas de travail, ou prétend
n’en pas avoir, a droit à une aumône ; principe en vertu duquel tout
fainéant se fait pauvre et trouve dans l’imprudente prévoyance de la loi un
secours matériel qu’il demanderait vainement au travail le plus opiniâtre ;
ce secours le fait vivre et le dégrade en ruinant la société. Tel est le
système en vigueur à New York, à Boston et dans toute la Nouvelle-Angleterre.
L’autre est celui des établissements de bienfaisance, où les
indigents n’ont pas le droit légal d’entrer, mais où ils sont admis, sous le
bon plaisir des préposés de l’autorité publique. Suivant cet ordre d’idées, la
société ne contracte point l’obligation de soutenir tous les faibles ; elle
en soulage le plus grand nombre possible. Comme son assistance peut être
refusée au pauvre, nul ne feint la misère, certain qu’il est de la honte, sans
être sûr du secours. Ce système, adopté en France, est également suivi dans le Maryland.
Gustave de Beaumont, 1840, Marie ou l'esclavage aux États-Unis.