Hotline, patientez s'il vous plaît.
Lequel d'entre nous n'a pas, un jour ou l'autre, fulminé dans son téléphone, exaspéré par la répétition, cinquante minutes durant, du même message entrecoupé d'une version synthétique des Quatre Saisons de Vivaldi nous informant qu'un opérateur va bien finir par nous répondre et tenter de résoudre notre problème de modem/portable/connexion/abonnement - rayez la mention inutile.
Ne quittez pas, un opérateur va vous répondre dans les meilleurs délais.
Oui-dà, sans doute, et c'est pas la peine d'engueuler le pauvre hère qui vous répond, il n'est pas responsable des failles du système. C'est du moins ce qu'honnêtement je pensais, me contraignant au calme, les quelques fois où cette mésaventure m'est arrivée. Jusqu'à hier. Non, je n'ai pas eu besoin des services de l'un ou l'autre de ces employés délocalisés au Maroc ou à Tombouctou, je jouais benoîtement au Scrabble online, activité à laquelle je consacre une part non négligeable de mes longues heures oisives. J'affrontais un adversaire particulièrement coriace (c'est toujours un plaisir) qui, en outre, commentait avec beaucoup d'humour notre bataille féroce. La première partie, négociée en dix minutes à mon net avantage, donna lieu à une revanche, puis à une belle et à une re-belle, soit quarante minutes de jeu. Je déclinai alors l'invitation de mon adversaire à poursuivre, arguant qu'il me fallait retourner à mes occupations domestiques.
C'est dommage, me répondit le monsieur, mais bon, comme ça je vais répondre à l'autre excité que j'ai mis en attente y'a une heure. Je lui ai dit qu'il fallait que je cherche ses références, j'ai pas fini de l'entendre gueuler. Bosser sur les hotlines, c'est pas la sinécure qu'on croit -)
J'avoue que l'image mentale du client Free ou Orange excédé par l'attente m'a fait sourire. Mais d'un autre côté, la prochaine fois qu'un rigolo me fait glander une demie-heure sous prétexte de rechercher mes références, je risque de lui montrer moins de compréhension qu'à l'habitude...