On joue à chat !
Réveillée sur le coup des deux heures du mat par un dialogue en allemand sous ma fenêtre, je me concentre pour essayer de suivre. Ca peut paraître bizarre, mais c’est plus fort que moi, à moitié ensuquée, je me concentre.
Mais non, regarde, elle est pas morte, incroyable !
T’es sûr ? Mais oui, t’as raison, elle est pas morte !
M’enfin ? Tirée de ma léthargie, j’ouvre un œil. Qui ça qu’est pas morte ? Poussée par la curiosité, je m’extirpe de mon lit. Deux jeunes gens sont là, qui regardent attentivement par terre. Pas de cadavre apparent (ouf), juste le chat de ma voisine, l’air aussi attentif qu’eux. Le voilà qui bondit, et débusque de derrière une touffe de pissenlit une souris de taille respectable. D’un coup de patte, il l’envoie valdinguer à deux mètres. La souris aussitôt regagne l’abri du mur, rattrapée par le chat. Le jeu va se poursuivre un bon moment, commenté par les deux jeunes allemands. Jusqu’à l’arrivée d’un troisième touriste noctambule et francophone qui se renseigne :
Quessquispass ?
C’est le chat (merdalors, ces deux allemands parlent parfaitement français, et sans la moindre pointe d’accent) il a chopé une souris. Ca à l’air con, mais on voit pas ça tous les jours.
Moins intéressé par les mœurs félines que les deux pseudo-allemands, celui-là poursuit sa route. Le dialogue reprend, en teuton, ponctué de arh ja ! Je retourne à mon lit, bien sûre que je saurai demain si la souris à survécu au jeu du chat. Y’a peu de chances, des cadavres de souris, y’en a sur le paillasson de ma voisine presque chaque matin, quelquefois deux ou trois.
En me reglissant dans les draps, l’interrogation me vient, sournoise. Comment on dit, en allemand, à bon chat bon rat ? J’en sais rien. Même en anglais, j’en sais rien. Demain soir, je me ferai une tisane de passiflore avant d’aller au lit, ça m’épargnera les interrogations oiseuses…
