Une brune piquante...
Ayant de longtemps décidé de visiter à Paris le Musée de la Police, et me trouvant la semaine dernière pas très loin du métro Maubert Mutualité, je profitai de l'opportunité pour faire le tour de l'endroit, chaleureusement hébergé au sein même du commissariat d'arrondissement (me demandez pas lequel, on s'en fout). Les conservateurs du musée ont abondamment pioché dans les archives de la ville, et offrent au visiteur des pièces aussi diverses qu'une lettre de cachet envoyant le sieur Caron de Beaumarchais à la Bastille, un registre d'écrou de la conciergerie ouvert à la page Ravaillac, les billets de train qui furent fatals à Landru, une miniature de Petiot ou un costume de sergent du guet sur un mannequin moustachu au look fin 19ème. Mais ce qui m'a retenue le plus longtemps, au cours de ma visite, c'est l'exposition d'instruments de torture miniatures. A côté d'une estrapade figurait un sarcophage de métal en position verticale composée d'un dos et d'un devant de silhouette reliés par des charnières latérales. Vierge de Nuremberg, signalait l'étiquette. L'idée qu'on puisse enfermer vif dans un tel carcan n'importe quel condamné avait à peine fini de heurter ma sensibilité de gonzesse que mon œil fut attiré par les piques de dimension respectable qui dépassaient de la face interne de l'avant de la machine. On n'imagine guère plus de raffinement. L'infortuné ayant pris place contre le fond du moule à forme humaine, on refermait l'avant de la boîte dont les pointes s'enfonçaient dans la chair au niveau de la poitrine, des bras, des cuisses et du ventre. Heureusement, il semblerait, après quelques recherches, que cette éreintante créature, que les anglais connaissent sous le nom de fille du balayeur, ne soit que le fruit de l’imagination d’auteurs féconds, puisqu’aucune publication antérieure au 19ème siècle n’en fait mention…