Jabber-jabber.
En français, blabla, jacasserie sans intérêt. Je suis bonne, je préviens d'entrée.
J'aimais beaucoup, quand j'étais môme, les pulls over en nid d'abeille, c'était moelleux, confortable, et très joli, surtout dans les tons de vert que j'affectionne toujours, alors que j'ai depuis longtemps renoncé aux robes à smocks et aux points fantaisie.
Or hier, cherchant dans ma garde-robe une vieille jupe portefeuille particulièrement confortable, je ressentis au bout de l'index une douloureuse piqûre. Saloperies d'épingles, pensé-je aussitôt en me suçant fugitivement le doigt avant d'aller rechercher, d'une dextre plus circonspecte, la jupe désirée.
- Ouaille ! Mais c'est pas vrai ?
- T'as pas bientôt fini de brailler ? m'interrogea chéri depuis la salle de bains.
- Non, ça fait deux fois que je me pique en essayant de prendre ma jupe, alors je braille autant que ça me chante.
Décidée à ne pas renouveler la mésaventure, je m'emparai alors du cintre et doucement l'extirpai de la penderie.
- Mais c'est quoi ça ?
C'était, tout bonnement, une jupe en nid d'abeille naturel. Pas la moindre façon de couturière là-dedans. mais, tout au long de la couture extérieure, une savante construction d'alvéoles régulières, et habitées de bestioles peu soucieuses de se voir dérangées.
Je vous l'ai dit, j'ai renoncé depuis longtemps à cette façon-là. J'ai doucement porté la jupe jusqu'à la machine à laver, l'ai laissée choir dans le tambour que j'ai promptement refermé, et hop, niquées les abeilles ! Non mais, y'a des limites au partage de territoire, non ?