La question qu'on n'attend pas.
En troisième, les mômes étudient l'histoire moderne, et notamment la deuxième guerre mondiale. Forcément, ça amène toujours des questions, sur un tas de choses. Celle que je n'attendais pas, mon garçon me l'a posée tout à l'heure en rentrant de cours.
- Les gens de notre famille, pendant la guerre, ils étaient de quel côté, la résistance ou les collabos ?
Hé bien sincèrement, si "les gens de notre famille" avaient été du mauvais côté, je lui aurais dit quoi à mon garçon ? C'est en examinant cette éventualité que j'ai vraiment compris ce que me disait, quand j'avais une vingtaine d'années, un monsieur Allemand né en dans les années 30, qui m'expliquait qu'évoquer cette période de l'histoire le mettait toujours mal à l'aise. Il avait beau savoir qu'il n'était responsable de rien, il se sentait toujours comptable des actes de son pays. Si mes grand-parents avaient vendu leur voisin juif au lieu de le planquer, toute étrangère que je sois à leurs actes, comment en aurais-je rendu compte à notre commune postérité ?
Honnêtement, j'en sais rien.