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Melting Pot et vin blanc doux
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21 janvier 2010

La question qu'on n'attend pas.

En troisième, les mômes étudient l'histoire moderne, et notamment la deuxième guerre mondiale. Forcément, ça amène toujours des questions, sur un tas de choses. Celle que je n'attendais pas, mon garçon me l'a posée tout à l'heure en rentrant de cours.
- Les gens de notre famille, pendant la guerre, ils étaient de quel côté, la résistance ou les collabos ?

Hé bien sincèrement, si "les gens de notre famille" avaient été du mauvais côté, je lui aurais dit quoi à mon garçon ? C'est en examinant cette éventualité que j'ai vraiment compris ce que me disait, quand j'avais une vingtaine d'années, un monsieur Allemand né en dans les années 30, qui m'expliquait qu'évoquer cette période de l'histoire le mettait toujours mal à l'aise. Il avait beau savoir qu'il n'était responsable de rien, il se sentait toujours comptable des actes de son pays. Si mes grand-parents avaient vendu leur voisin juif au lieu de le planquer, toute étrangère que je sois à leurs actes, comment en aurais-je rendu compte à notre commune postérité ?
Honnêtement, j'en sais rien.

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Commentaires
P
Oui, touchée car j'ai ce problème dans le ventre depuis presque toujours.<br /> Je suis issue d'une grande famille... trop grande à mon goût, mais là n'est pas le propos.<br /> Une famille assez riche pour la plupart, ouf, grâce à mon père, honnête, nous y avons échappé.<br /> Mais tout de même, régulièrement, quelques petits héritages immobiliers viennent mettre du beurre dans nos épinards.<br /> Depuis mon adolescence, je pose des questions sur cette famille... Sur le fait qu'elle soit sortie de la guerre plus riche qu'elle n'y est rentrée ! <br /> Il n'est pas inutile de dire que la maison familiale se situe à 35 kilomètres de la frontière Suisse.<br /> J'avoue que j'avais besoin de savoir, vraiment savoir et que mes enfants sachent à leur tour ! Pour que, si secret il y avait,il s'arrête avec nous.<br /> J'ai su la vérité l'été dernier. Mon frère aîné a lâché une phrase révélatrice, et tout le fil s'est dénoué... <br /> Cet argent qui parfois enrichi (désappauvrit) ma caisse personnel, je n'ai jamais trouvé qu'il sentait bon... et si j'avais plus de courage et plus de loyauté, sûrement que je le refuserais...<br /> Je calme ma conscience en me disant qu'au moins il sert aujourd'hui une noble cause, qu'il aide mon enfant handicapé a avoir une vie meilleur... mais ce n'est que baratin bien sûr.<br /> <br /> Voilà, maigre contribution à cette réflexion qui me touche et qui devrait en toucher plus... lorsque le vent a tourné, il est trop tard pour préparer ses voiles.
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G
j'ai le bouquin chez moi (finalement la légende de nos pères, pour Mon traître ou Une promesse, faudra attendre encore plus), reste plus qu'à le lire... y'a plus qu'à.
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M
très vénéré, c'est un peu excessif, mais dis moi au moins que, cédant à mes enthousiasmes, tu es allé le lire.
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G
et dire que tu ne fais même pas référence à ton très vénéré Sorj Chalandon, alors que diable, qu'est-ce que je m'attendais à que t'en parles ici, au vu de la teneur de ton propos...
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D
Ton billet me fait penser à la chanson de Goldman (pardon) "Né en 17 à Leidenstadt". On peut toujours causer et faire les fiers à bras en temps de paix, mais sait-on jamais ce qu'on a dans le ventre...<br /> <br /> J'ai lu un truc assez horrible à propos de la chute de Berlin à la fin de la guerre. Et comment les femmes et les jeunes filles payèrent de leur chair la défaite, et ce pendant des mois.
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