Frederic Mitterrand...
Un tartempion comme on les aime. Faudra-t-il donc qu'il n'ouvre la bouche que pour dire des conneries ?
Lui qui voilà six mois défendait la liberté d'expression "du dépit amoureux" des rappeurs - il s'agissait d'Orelsan, et s'indignait qu'on veuille censurer l'appartition d'icelui au Printemps de Bourges monte aujourd'hui au crénau pour s'indigner de "l'évidente atteinte à la dignité humaine" que constitue le texte d'un autre rappeur, Morsay, qui chante "j'nique la police municipale".
Ho là ! Halte, hein ! Faut-il comprendre que des petits cons incitent leurs concitoyens à niquer une salope, ça le fait, sauf si elle est en uniforme ?
Ben va falloir me faire une liste, à moi, pour que je m'y retrouve dans cette morale toute neuve, et que je sache tout bien ce qu'il est bien de niquer ou pas.
Les meufs de banlieue qu'ont contrarié leur jules, on peut.
Les petites filles déguisées en salopes, on peut.
Les mômes qui se prostituent de misère, on peut. (oui, parce que le plan du boxeur de 40 ans, faut pas prendre les gens pour des cons, ce qu'a écrit Frédo, c'est, de mémoire et à peu près "l'excitation que faisait monter en lui ces jeunes éphèbes vendus au marché aux esclaves").
Le viol en réunion quand on est fils de bonne famille, on peut - ou du moins si on est en mesure de fournir un certificat de moralité sur papier à en-tête.
Mais simplement dire "je nique la police municipale", ça, non, c'est pas beau, et ça mérite qu'un ministre monte au créneau pour nous faire la leçon. Et qu'on ne s'y trompe pas, si celui qui s'y avise devait se retrouver devant les tribunaux pour "incitation à la haine", il ne lui faudrait pas espérer la garantie d'un stage cul (pour culture bien sûr) à la Villa Medicis.
Longtemps, les politiques m'ont fait rire - jaune souvent, mais rire quand même. Allez savoir pourquoi depuis quelques mois ils me paralysent le zygomatique. Où sont-ils, ceux qui se battaient pour des idées, et même des idéaux. Les Mendes France, les Blum, les Semard, les Bérégovoy, et même les Krazuki ?
Circulez, messieurs dames, circulez, y'a plus rien de propre à voir. Ni du côté des politiques, ni du côté d'ailleurs des chanteurs soi-disant populaires, qui s'affichent un flingue à la main et prônent la suprématie universelle du mâle hétéro de cité sur tout ce qui risquerait de leur défriser les testicules, femmes et homos en tête.