Pochette surprise.
J'adorais, quand j'étais môme, aller à l'épicerie avec mon pépé, qui ne refusait jamais de m'acheter l'une de ces pochettes surprises qui trônaient en bout de comptoir dans un porte parapluies. Ha, avec quelle fébrilité je m'emparais à chaque fois du cône de papier bleu que je déchiquetais sur le trottoir, espérant je ne savais quoi d'extraordinaire, pour y découvrir toujours le même sifflet de plastique, du fil à scoubidou et un bonbon dégueu... La déception ne m'empêchait jamais d'y revenir, l'excitation de la découverte l'emportant sur tout le reste.
Je l'ignorais, mais il semblerait que certains libraires aient adopté le principe de l'enveloppe surprise. Dans un article léger et amusant, l'auteur britannique Richard Beard nous raconte sa propre déconvenue à la découverte du livre qu'il vient d'acheter les yeux bandés.
N'empêche, l'idée me paraît bonne. voire même excellente, et si j'étais libraire... Ha, tenez, j'ai déjà une liste toute prête des livres que j'y déposerais, dans ces enveloppes blanches, et je vous promets que vous ne seriez jamais déçus de mes high quality packs.
Les libraires, hélas, sont une espèce en voie de disparition, et l'on n'en trouve guère plus d'un désormais pour dix marchands de livres. Quel dommage, hein. Le mien, avant que sa librairie ne brûle, me préparait chaque mois sous son comptoir une sélection spéciale de ce qu'il savait devoir me plaire. Epoque révolue. Il ne s'est pas remis de l'autodafé géant qui a ravagé sa boutique, et je suis désormais contrainte de me rabattre sur le Décitre du coin, dont les sélections sont aussi insipides que des courgettes de supermarché !