Numérisé par Google.
J'avais attiré votre attention, voici quelques mois, sur l'incroyable vitesse à laquelle étaient numérisés et mis en ligne par Google nombre de livres et de documents autrement introuvables pour qui ne dispose pas du statut de chercheur ou reste limité dans ses ambitions bibliophiles par le prix rédhibitoire des rares exemplaires disponibles sur le marché. L'inconvénient du travail du pionnier Gallica, lenteur de chargement et lourdeur d'utilisation, qui pouvait décourager même le plus opiniâtre des lecteurs, a été levé par Google qui présente l'essentiel des ouvrages en format texte, avec de grandes facilités de recherche.
Libération présente sur son site web ce matin un article consacré à cette "mainmise" de Google sur le patrimoine mondial du livre, et fait la comparaison suivante. On vous offre une maison (superbe), on vous en laisse l'intégrale jouissance, mais la voie d'accès à cette maison ne vous est nullement garantie à terme. Et en effet, supposons que Google, pour rentrer dans ses frais (exorbitants) de numérisation, nous demande de nous acquitter d'un péage pour accéder à cette demeure ?
Si bien sûr je préfère avoir accès librement à cette mine d'informations sans bourse délier plutôt que de m'acquitter d'un "droit de passage", je suis toutefois consciente - pour avoir passé un nombre incalculable d'heures chez des bouquinistes à rechercher la perle rare(1) - du progrès que constitue le travail de Google, et même s'il fallait payer (comme c'est déjà le cas pour nombre d'articles de recherche) l'accès à ces livres, je paierais sans regrets (à supposer qu'on ne me facture pas la lecture au prix du livre). D'autant plus que, comme le souligne l'article de Libé, il n'existe à ce jour pas d'alternative au travail de Google. La BNF, en huit ans, n'a réussi à numériser "que" 800 000 ouvrages sur les 13 millions de ses collections.
Alors, créer, en partenariat avec Google, un Fonds Mondial de Lecture Gratuite financé en partie par les Etats ? Bingo, tout le monde y trouverait son compte. Google, par le prestige (et la pub), les Grandes Bibliothèques, dont l'objectif devrait être, au même titre que la conservation, la diffusion des livres, et les lecteurs, surtout les lecteurs...
(1) J'ai d'ailleurs lu, dans un ouvrage numérisé par Google, l'amusante mésaventure d'un bibilophile dans une vente aux enchères que j'essaierai de vous retrouver.
Post Note : On n'arrête pas le progrès, j'ai trouvé hier chez Gutenberg (l'équivalent de numérisation des ouvrages européen) la traduction en anglais, quasi intégrale, du Dictionnaire Philosophique ! I quit my hat, joli boulot.