Elle a pas tort...
Irène, qui enrage de voir - d'entendre, à la radio, une émission littéraire dédier son temps d'antenne à un livre consacré à l'art de faire du compost. Des livres, je t'en enverrais bien, des chiadés bien, j'ai eu la main heureuse depuis quelques mois, mais la poste, nous sommes payées pour le savoir, pouf pour, nous avons payé plusieurs fois pour le savoir, confisque à son usage tout ouvrage relié qui transite par ses services. Sans rire, j'ai récupéré ceux que j'avais envoyés début mars à Chonchon en Irlande trois mois après les avoir postés ! Bref. Cette histoire de compost m'en a rappelé une autre, parfaitement authentique, un grand moment vécu dans un bistro de montagne haut sa'oyard où un jeune homme de rencontre m'avait raconté, après que je lui aie confié habiter à Grenoble (c'était dans l'temps), qu'il y était allé une fois, à Grenoble, et qu'il risquait pas d'y retourner de sitôt, vu que la ville, c'était bien trop le bordel pour lui. Tiens, rien que les bus, pour aller à la Préfecture, il lui avait fallu une heure pour trouver le bon, et sitôt qu'il s'était assis, le chauffeur lui avait demandé de composter son billet.
Je savais seulement pas ce qu'y voulait, avec son compost, moi le compost, j'y mets sur les salades.
Vous vous moquez... c'est facile, mais je vais vous dire, moi aussi, j'ai grandi dans un village de montagne, et la première fois que le chauffeur de bus à Grenoble a insisté pour que je composte mon billet, je l'ai regardé de l'air le plus ahuri du monde, je crois que j'avais jamais seulement pris le train toute seule, à dix-huit ans...