Burka, niquab, voile ou chapeau pointu.
On m’objectera, bien sûr, que la France est un pays laÏque, et que par conséquent nul n’est loisible d’afficher ses convictions religieuses hors son église… ouais, état laïque, il me semble bien que les écoles catholiques fonctionnent en partie sur les subsides de l’Etat. Il n'a curieusement jamais été question, il me semble, de légiférer sur le port de la kippa, pas plus que de la croix, catholique ou huguenote, – définitivement assumés comme un signe d’appartenance religieuse, et que personne ne viendra me chercher de poux s’il me prend la fantaisie de faire mes courses en robe de bure et silice, ou même en jupe plissée bleu marine et col claudine. Personne ne songera seulement que j'aie pu être contrainte de les arborer. La seule chose qui soit interdite, c'est de porter un masque quand c'est pas carnaval, ou une cagoule quand on manifeste. Le Canard relevait d'ailleurs cette semaine le cas de ces trois manifestants d'un Leclerc virés après qu'on les ait vus dans le journal brandir une pancarte (de mémoire, je l'ai pas sous la main) "Les salaires sont moins chers en moyenne chez Leclerc". Mais ça, c'est un autre débat.
La valeur essentielle d’une démocratie, c’est le respect de la liberté de chacun dans le cadre de lois faites pour tous. Qu’on fasse voter des textes réglementant les droits et devoirs d’une communauté particulière, qu’elle soit sociale ou religieuse, et l’on ne pourra plus prétendre au statut de démocratie. Les bonnes âmes ne manqueront pas de faire remarquer que c’est pas facile de se barrer et d’assumer toute seule les gosses. Non, être libre, c’est pas facile, mais c’est toujours possible. S’il faut agir pour protéger les plus faibles, faisons-le en aidant à l’insertion professionnelle des femmes, en leur garantissant un salaire égal à travail égal (on est toujours loin du compte), en créant (ouhouh ?) des places en crèche, et arrêtons cinq minutes de tortiller du cul pour chier droit.