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Melting Pot et vin blanc doux
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28 janvier 2009

Monsieur le Président...

Le 8 janvier dernier, Lasantha Wickrematunga, journaliste et rédacteur en chef du Sunday Leader au Sri Lanka était assassiné.
Son dernier article est paru à titre posthume. Il a été traduit et reproduit dans le Courrier International de cette semaine. Je vous le laisse en copie.

"Rares sont les professions dont les praticiens sont appelés intrinsèquement à risquer leur vie, en dehors du métier des armes. Et, au Sri Lanka, du métier de journaliste. Ces dernières années, les médias indépendants ont été de plus en plus souvent pris pour cible. D''innombrables journalistes ont été harcelés, menacés et assassins. J'ai l'honneur d'appartenir à chacune de ces catégories, et en particulier, désormais, à la dernière.
Je suis depuis bien longtemps dans la profession. D'ailleurs, cette année, The Sunday Leader dont je suis rédacteur en chef, fête ses quinze ans. Beaucoup de choses ont changé au Sri Lanka dans ce laps de temps, et je n'ai pas besoin de vous dire que, en grande partie, ces changements n'ont pas été pour le meilleur. Nous sommes au coeur d'une guerre civile impitoyable menée par des protagonistes dont la soif de sang est sans limites. La terreur, qu'elle soit le fait de terroristes ou de l'Etat, est dorénavant à l'ordre du jour. En fait, le meurtre est devenu le principal outil par lequel l'Etat s'efforce de contrôler les organes de la liberté. Aujourd'hui, ce sont les journalistes; demain, ce sera le tour des juges. J'ai été par deux fois victime d'agressions violentes. J'ai des raisons de croire que chacun de ces actes a été inspiré par le gouvernement. Quand je serai tué, ce sera de son fait.
Monsieur le Président Rajapakse, vous qui nourrissiez tant de rêves pour notre pays quand vous étiez plus jeune... En trois ans à peine, vous avez tout réduit en cendres. Au nom du patriotisme, vous avez piériné les droits  de l'homme, favorisé une corruption sans frein et dilapidé les deniers publics comme aucun autre président avant vous. Quant à moi, j'ai la stisfaction de savoir que j'ai gardé la tête haute, que je n'i courbé l'échine devant personne. Et ce chemin, je ne l'ai pas parcouru seul. Des camarades journalistes d'autres secteurs des médias m'ont accompagné : la plupart sont aujourd'hui morts, emprisonnés sans jugement ou exilés dans des pays lointains. D'autres marchent à l'imbre de la mort, cette ombre que votre présidence a jetée sur les libertés pour lesquelles vous vous étiez autrefois battu avec tant d'énergie.
Jamais vous ne pourrez oublier que ma mort a eu lieu alors que vous étiez aux commandes. Vous veillerez à ce que le coupable ne soit jamais condamné. Vous n'avez pas le choix. J'en suis désolé pour vous. Et vous, lecteurs du Sunday Leader, je ne peux que vous remercier de nous soutenir dans notre mission. Ma famille et moi venons de payer ce prix que nous ne pouvions que payez un jour, je l'ai toujours su. J'y suis prêt, et je l'ai toujours été. Je n'ai rien fait pour me soustraire à ce résultat. Aucune sécurité, aucune précaution. Je veux que mon assassin sache que je ne suis pas un lâche comme lui. Il était écrit depuis longtemps que je devrais perdre la vie, et qui me la prendrait. Une seule chose restait à écrire ; quand.


Moralité(s) : Vous êtes grands, vous trouverez bien tout seuls.

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Commentaires
C
Il y a quinze jours, sur la "matinale" de c+ il en a été brièvement question. De cette guerre dont personne ne parle et qui a fait déjà 200 000 morts. J'en avais entendu vaguement causer, mais je pensais naïvement que vu qu'il n'y avait plus d'échos le conflit s'était finalement réglé...et bien non.<br /> <br /> Je salue les journalistes de ce monde, mais pas ceux de "Voici", je pense aux Russes qui bravent le pouvoir KGBiste de Poutine et qui se font dessouder en pleine rue. Il y a encore des hommes et des femmes qui font ce métier d'une façon intègre.
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C
Deux ailes, évidemment...
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C
Quel courage. Quelle détermination. Quel élégance.
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