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Melting Pot et vin blanc doux
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17 octobre 2008

Ite Missa Est, rediffusion.

C’est une authentique autochtone, surprenamment auto stoppeuse. Le fichu est noué sous le menton, la blouse à fleurs dépasse du bas de l’anorak de tergal sur une jupe de laine et des chaussettes de tricot.

La chaussure est lacée serré à la cheville. C’est qu’y fait pas chaud, on est en janvier, et à la montagne. Il neige, et le cœur du village est à encore un bon kilomètre. Allez savoir ce qui arrive aujourd’hui à cette sexagénaire d’ordinaire si réservée, elle réclame un arrêt à grands mouvements du bras tout raide du pouce à l’épaule, qu’on dirait un chef de gare. Je pile, ou presque – sur la neige vaut mieux piler tout en douceur.

« Je vous emmène chez Peccore ? »

Peccore, c’est le nom du magasin. Du surnom de son tenancier, chapeau mou sur chafouine figure, la panse proéminente sous un gilet barré d’une chaîne de montre. Un reliquat d’avant les républiques. Le magasin, c’est mi épicerie arabe, mi dernière quincaillerie avant le désert du Colorado, mi arrière-boutique de marché noir. Pas d’enfants, pas de soleil, une sœur à perruque de traviôle qui ne quitte la caisse que pour s’en aller à l’église.

La mamie est montée dans ma bagnole. Ca fleure instantanément des remugles d’étable fraîche, mélange de bouse, pisse rance et choléra. Funérailles, si j’ouvre la fenêtre, je vais la vexer.

Elle dépose son filet sur le tableau de bord.

« Faut qu’j’alle aux commissions ! »

« Ben dites, vous êtes courageuse hein d’aller à pied par ce froid. Pis ça glisse. »

« Ho ça caille point tant, pis ça glisse bien un peu, mais j’ai des élastiques parmi, j’risque point. »

Je jette un coup d’œil à ses pompes. Oui, elle s’est mis autour des pieds des tas d’élastiques à confitures censés prévenir tout intempestif dérapage. Je peine à contenir mon hilarité, pire qu’un Duc de Joyeuse. Pis bon, pour rire, faut inspirer profondément, et comme l’atmosphère est pas respirable, je me contiens, t’façons, on est presque arrivées. Elle se penche vers moi à la faveur d’un virage serré pour me confier les derniers déboires de santé du ouazin qu’a pissé du nez hier à remplir une pleine boye, si c’est pas malheureux. Et du coup je comprends l’origine de ses audaces inaccoutumées. Mamie s’est parfumée ce matin à la gnôle, pétée comme un coing qu’elle est. Mais sous ces latitudes du quasi septentrion, ça s’oua point tant à la démarche ou au maintient, ça se note qu’à des détails, des velléités de jeunette, comme de faire le trajet aux commissions dans l’auto d’une étrangère. Je la laisse à la porte de Peccore avant de poursuivre ma route, pour m’apercevoir au virage suivant qu’elle a oublié de reprendre son filet de nylon. Je le laisserai en passant chez l’Yvonne, elle le lui rendra tout à l’heure à l’église, avant d’aller y raconter partout, qu’ la Mélanie du Bugnon a monté dans l’auto d’la marseillaise au Philippe pour aller chez Peccore. De là à en déduire que… y’aura point b’soin qu’j’en cause, ça aura fait le tour d’la sacristie ben avant l’Ite Missa Est.

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Commentaires
M
t'inquiète, dame chris, on connaît les pappenheimers.
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D
"s'écrie" pitain.
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D
çui-là j'la djà lu, mais je l'ai relu quand même...rien que pour la délicate odeur de la bouse.<br /> <br /> Tiens je vas te faire rigoler. J'avais 12 ans et mon dab m'emmena (ce fut la seule fois de ma vie) en vacance en Vendée. On logeait chez un pote à lui, dans l'arrière-pays comme on dit, un bled qui s'appelait Moriq. Un dimanche matin, on roulait sur une départementale, et à un moment le vieux s'écrit: "Regardez bien!" Sur la bas-côté y avait deux jeunesses pomponnées, vêtues de blanc. A la seconde où nous sommes passés à leur hauteur, la roue de la bagnole a mordu dans une énooooormmme bouse de vache bien fraîche. Je ne te raconte même pas comment que ça a giclé...les filles étaient horrifiées. Et nous mort de rire. <br /> <br /> Oui, je sais:c'est dégueulasse. hihihi.
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C
à ce qu'avait dit Godard à propos de la Suisse: Ce serait un grand pays si on le dépliait...
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M
boh, pas si loin. suffit de raser la suisse.
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