Les courses de vacances
dans une grande surface sont le prélude à la quinzaine qui va suivre, décontractées, mes trois garçons dans mon sillage et toujours prêts à quelque facétie. Cette année pourtant, ils sont plus calmes qu’à l’habitude, et je suis surprise de l’absence de toute requête, même au rayon des glaces… Enfin, soupiré-je, ils ont grandi.
Trente-cinq minutes plus tard, à la caisse, je commence à déballer mon chariot sous le regard relativement hilare de ma progéniture, avant que l’incongruité ne me frappe enfin. J’ai dans la main un casque de moto, qué ça fout là ? Funérailles, celui-là, ils ne me l’avaient jamais fait. Va falloir que je trie. Le casque de moto, je laisse, le nutella, je prends, le baigneur, les six cannes à pêche, je laisse, la graisse à traire aussi. Le bidon d’huile, je laisse, le Figaro aussi. le reblochon, j'hésite, fait chaud pour du reblochon. La caissière a l’air un peu surprise de me voir faire deux piles distinctes, mais soudain, là, dans le fond du chariot, je sais que je tiens ma revanche sur mes monstres. Je me saisis du dernier paquet, et le brandissant à bout de bras, j’interpelle mes trois gus.
UNE SEULE BOITE DE CAPOTES POUR TROIS ?
Et qui c’est qu’a l’air d’un con maintenant ?