Bac de Français.
Les quatre textes du corpus, si, on dit comme ça, sont des portraits. Un extrait de Balzac, un d’Hugo, un Zola, et un Proust. Rien que des valeurs sûres. Dans quelle mesure, demande-t-on, ces portraits prennent-ils appui sur le réel, dans quelle mesure le transposent-ils ? Hé ben voilà un sujet intéressant. Si, je suis pas ironique du tout.
Je lis donc les portraits, qui comportent nombre de notes de bas de page. Des commentaires sur le contexte ? Que nenni. Du bête vocabulaire. Le jour du bac de Français, on donne à nos mômes des textes de grands auteurs à commenter, et on leur explique en passant le sens de rabat (grand col rabattu porté autrefois par les hommes), affriander (attirer), débile (qui manque de force physique), pourpoint (en gros c’est une veste), Rembrandt (un peintre tellement méconnu qu’il faut quand même préciser), bastringue, guibolle, j’arrête là la liste, ça m’énerve. C’est quoi ces conneries ? Ils ont lu quoi avant d’y aller les candidats pour qu’on en soit à leur définir du vocabulaire élémentaire ? Et si ils sont pas foutus de savoir tout seuls ce que sont un pourpoint ou une guibolle, ils ont quelles chances de répondre intelligemment à la question.
Je vous le dis, c’est navrant[1].
[1] Qui navre. Syn. Affligeant,
désolant, pitoyable, décourageant, déplorable, consternant, lamentable,
confondant, atterrant, et même contristant.