Restons courtois, même que c'est dur des fois.
Supposons que ce matin je m’offre en réunion de chantier un caca nerveux exemplaire histoire de me détendre un peu le système bilieux. Hein, ce serait pas une bonne idée ? Un coup de pompes dans les tibias, quelle que soit l’envergure du cuistre, ça masse toujours. Mais je me connais, je vais encore me retiendre et donner plutôt dans l’allusif sans effet. Encore que, depuis que je fais de la rétention de factures, mes allusions semblent porter un tout petit peu plus loin.
- Dites, j’ai pas reçu votre chèque ?
- Ah bon, vous m’avez envoyé une facture ?
- Oui, je vous en ai déjà parlé la semaine dernière.
- Ha oui, je me souviens, juste après m’avoir dit que vous finiriez cette semaine, mais je vous ai pas revu depuis, du coup ça m’est sorti de l’esprit. Vous revenez bosser quand au fait ?
- Demain, si si, j’ai bloqué un gars pour vous demain.
- Demain comme aujourd’hui d’hier, ou demain comme un de ces jours ?
Je vais vous dire, la prochaine
fois que je serai syndic, et que je referai un immeuble, je ferai figurer sur
les devis des dates butoir pour la réalisation des travaux, avec astreinte sur
les retards. J’aurais dû le faire cette fois, mais j’apprends jamais tout d’un
coup. Quel que soit le boulot, j’apprends jamais que de mes erreurs. Bien fait
pour moi. N’empêche, je vais quand même mettre mes après-ski ce matin, on sait
jamais, hein, des fois que j’arrive à lâcher mes élans. Je m’excuserai après. Oh, mille pardons messire, j’ai trébuché sur
le tas de gravats que vous avez laissé là y’a trois semaines. Je vous ai point
trop fait de mal ?