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Melting Pot et vin blanc doux
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4 janvier 2007

des imbécillités des philosophes

Nul n’a pu oublier les étonnantes théories de Montesquieu. Si ? Relisons donc les conclusions de ses réflexions sur l’influence des climats sur la nature humaine :

« On a donc plus de vigueur dans les climats froids. L'action du coeur et la réaction des extrémités des fibres s'y font mieux, les liqueurs sont mieux en équilibre, le sang est plus déterminé vers le coeur, et réciproquement le coeur a plus de puissance. Cette force plus grande doit produire bien des effets: par exemple, plus de confiance en soi-même, c'est-à-dire plus de courage; plus de connaissance de sa supériorité, c'est-à-dire moins de désir de la vengeance; plus d'opinion de sa sûreté, c'est-à-dire plus de franchise, moins de soupçons, de politique et de ruse. Enfin cela doit faire des caractères bien différents. Mettez un homme dans un lieu chaud et enfermé, il souffrira, par les raisons que je viens de dire, une défaillance de coeur très grande. Si, dans cette circonstance, on va lui proposer une action hardie, je crois qu'on l'y trouvera très peu disposé; sa faiblesse présente mettra un découragement dans son âme; il craindra tout, parce qu'il sentira qu'il ne peut rien. Les peuples des pays chauds sont timides comme les vieillards le sont; ceux des pays froids sont courageux comme le sont les jeunes gens. Si nous faisons attention aux dernières guerres, qui sont celles que nous avons le plus sous les yeux, et dans lesquelles nous pouvons mieux voir de certains effets légers, imperceptibles de loin, nous sentirons bien que les peuples du nord, transportés dans les pays du midi, n'y ont pas fait d'aussi belles actions que leurs compatriotes, qui, combattant dans leur propre climat, y jouissaient de tout leur courage »

Non mais quel con ce Montesquieu. Non ? La preuve : « Quand la religion chrétienne souffrit, il y a deux siècles, ce malheureux partage qui la divisa en catholique et en protestante, les peuples du nord embrassèrent la protestante, et ceux du midi gardèrent la catholique. C'est que les peuples du nord ont et auront toujours un esprit d'indépendance et de liberté que n'ont pas les peuples du midi, et qu'une religion qui n'a point de chef visible, convient mieux à l'indépendance du climat que celle qui en a un. »

Dites moi, depuis quand le Marseillais n’est-il pas, malgré la chaleur accablante, le premier, monté à l’assaut de

la Royauté

toute puissante ? Depuis quand trouve-t-on moins de parpaillots dans le Sud de

la France

que dans les régions froides du Nord Est, notamment les Savoies, où aujourd’hui encore les églises sont pleines le dimanche alors qu’il faut soigneusement chercher les temples, même à vingt kilomètres de Genève, capitale calviniste s’il en fut ?

Pourtant, le bougre, à la base, eut raison. Le climat, le froid et la chaleur influent bien sur le comportement des hommes, et les mêmes causes produisent les mêmes effets, quoi que pour des raisons différentes. Les locutions et régimes régionaux en témoignent bien mieux que les ineptes assertions d’un Montesquieu.

Quand un Suisse, ou un Savoyard, sont las des rigueurs hivernales, ils s’exclament, pas trop vite, car ces peuples connaissent la componction « y’en a ras la marmite à fondue » signifiant bien par là que les contrariétés leur pèsent sur l’estomac.

Qu’un Marseillais soumis aux mêmes rigueurs climatiques décide d’exprimer son ras-le-bol à lui, il situera sa lassitude quelques degrés plus au Sud de son anatomie, et la face tournée vers le ciel, jurera haut et fort « Seigneur, j’en ai les couillons pleins ».

Si Montesquieu s’était donné la peine de vérifier un peu ses hypothèses, il se fut rendu compte que les hommes, du Nord au Sud, présentent dans leur comportement de grandes similitudes, bien que la sieste d’après-dîner du Savoyard réponde à de digestives nécessités qui poussent à la somnolence, alors que le Provençal, confronté au froidures, et n’ayant pas la solution de se gaver de fromage gras pour s’en défendre, se trouve contraint de s’agiter pendant sa sieste avant repartir à biner des sols durs à l’heure où le tasson du Nord, dans sa cuisine, se verse, au sortir de sa couette, encore un grand bol de café  mi-chaud mi-gnôle, assorti de tartines généreusement beurrées, « pourquoi dehors, ça caille ».



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