mardi 13 mai 2008
Standigne burial. (1)
Vois-tu, c’est pas bien compliqué. Là, là et aussi là, ce sont les organes navrants. Ceux qui déçoivent. Heureusement, ils sont pas très nombreux, mais payables au comptant. Ou au comptoir, comme les bières brunes dans les établissements bien tenus. Tu peux choisir ton bois, et même l’habillage intérieur. Crème, Champagne, ou bien rouge soir. Pour moi, j’aurais voulu un genre bloody mary, mais y’avait pas. J’ai dû me rabattre sur un violet caf’conc strié de cordes dug dug, avec un bois contrebasse folk. Et payable à tempérament. J’avais le temps, c’est toujours mieux, quand on rentre aux saisons solaires d’avoir recours aux crédits estivaux. Surtout quand on est sûr qu’il se passera rien d’ici l’automne. Pis on peut revenir sur son choix. D’ici septembre, si ça se trouve, le modèle Tudor sera redevenu dispo en moins de cinq semaines, et puis dès les premières pluies, on t’offre en sus une capuche en vinyle transparent ET une couverture de survie. Ça permet de tenir un peu.
(1) Avec certains accents, on peut lire ça "s't'un digne burial". Ha !
jeudi 8 mai 2008
Les hommes valeureux.
Les hommes valeureux le sont du premier coup[1]
Capitaine ou soldat, à Hastings ou Rocroi
De taille ou bien d’estoc ils vous niquent les pleutres
Pour la grandeur du roi, de dieu, des majestés,
Pour la beauté du geste, ou un foulard de dame
Noué à leur bras fier, ils pourfendent zé filent
Sur leurs destriers noirs au cul large couvert
De draps vellixologes, de blasons, d’armoiries
Jusqu’à ce qu’un méchant, chevalier anonyme
Souvent vêtu de noir et la face tordue
D’une grimace laide qu’on ne voit qu’aux vilains
Leur plante dans le dos un pieu mal équarri
Les hommes valeureux meurent comme les autres.
[1] Le Cid, Corneille. (pour la localisation exacte du vers dans le texte, demandez à Monsieur Houzeau, émérite corneillo-racinologue.)
mercredi 7 mai 2008
Polésie encore plus débile que d'habitude.
A valser inégales dans les bras de l’ennui on finit toutes obèses d’un chagrin militant. Un deux trois, un deux trois, j’y vais, dis ? J’y vais pas, ou bien j’irai peut-être, si la confiance me vient comme la moutarde au nez, comme le mou tard honni, comme la peur au ventre et le frais dans le vent.
A valser inégales dans les bras d’autres vies, on oublie nos envies et nos dévies d’avant, quand on avait des couettes et des souliers vernis, quand on rêvait de cirque et de tambours qui roulent pour nous dire attention à la péripétie. On s’écarte, inégales, des bras de nos envies pour finir sur le banc d’un espace public où y’a plus rien de nous, que des esquisses floues aux nuages du temps, qui dessinent à peine des destins écartés, des conditions passées, ratées –définitivement, d’un aurait pu, peut-être, ou bien alors demain, quand on aura des dents.
mardi 6 mai 2008
Polésie de circonstance à mes conpropriétaires défaits.
Criez, perdez toute mesure, ce sera comme c’est, comme je vous dis m’sieurs dames. Gare à l’excès, gredins, vous pourriez me fâcher, et vos impolitesses vous réduire à néant, tant quand tous les loups hurlent on n’entend plus leurs hou !
N’avez-vous point compris que les inéluctables seront d’abord pour vous ? Attaquez ! Là, je pare, de tierce et puis de quinte, et du dur du mousquet je vous ravage les dents. Ça saigne ? Hé foutredieu, fallait mieux vous garder ! Quand on cherche la merde bien souvent on finit par sentir très mauvais, et ce n’est point mon fait si vous empuantez.
Allez donc braves gens, c’est un chapitre clos, et je continuerai à dire la messe encore, tant que ça me plaira. Vous refusez l’hostie, vous la trouvez amère, et disez pas merci, mais plutôt bien haro !
Je vous remercie moi, de ce charmant pestacle, de clowns de seconde main s’agitant dans la mienne, et m’offrant sans le voir des prises ici et là pour vous serrer au cou. J’ai serré, c’était bon, cornecouille, ho oui, que c’était bon, ce combat singulier d’un seul contre vous treize étalés au béton en trois fois trois quarts d’heure. J’en ai dîné bien tard, mais en levant mon verre, à moi, et à vos cris de gorets bien confits en graisses molles et rances.
Anda, je reste seule aujourd’hui sur un champ de bataille déserté par des cuistres inopérants vaincus par leur propre bassesse. Révérence, M’sieurs Dames, à cul ouvert, voyez !
PS : Aux deux Messieurs restés pour me féliciter du travail de titan, et me dire merci bien, j’adresse mille grâces, vous me fîtes grand bonheur, et j’ai du vin pour vous.
mardi 29 avril 2008
Polésie physique.
mercredi 19 mars 2008
Défi aux psychanalistes.
non mais.
Ouais, je sais, là on est dans la sphère du désordre orlandesque. J'y peux rien, c'est des choses qui se font à l'insu de mon plein gré. C'est pas ma faute. Bon, vous trouvez pas, vous, que ça commence à bien faire sa grève des pwhaisies le matin ?
lundi 17 mars 2008
cri du coeur.
Y’a des espèces
surnuméraires.
C’est comme je vous le
dis. L’oiseau crécelle en est,
Et c’est insupportable
qu’on laisse vivre celui-là
Juste dans mon jardin.
Faudrait le zigouiller
pour qu’il ferme sa gueule.
D’un coup sec entre
les deux yeux.
Où alors s’équiper de
boules Quiès soyeuses,
Des mohair à poil long,
ça rend sourd plus profond,
Et pour lui faire
payer les crassements jaillis
De son jabot de merde
dans mes oreilles sensibles,
L’éplumer poil à poil
en tirant lentement
à contresens des
chairs,
Et jouir terriblement
de son cri enfin muet
En lui tordant le cou
pour qu’enfin il expire[1].
C’est vrai quoi,
comment je me concentre avec un bordel pareil ?
[1] Je vous le mets en exergue en italiques, parce que c’est pas pour me vanter, mais chuis aussi balaise que Racine sur la tragédie en alexandrins.
lundi 10 mars 2008
Cours de polésie.
Y’a des débuts, des fins, des contre-jours. Des poussières qui rayonnent sous les cils des persiennes[1]. Des oracles trop brunes[2] aux amertumes de bière[3], ou bien des ciels bleu glace à vriller des pupilles. Des champs de tournesols peindus[4] en pointillés. Le soleil sur la neige. Un châtain en cascade dans des cheveux épais. Y’a des gris, des floutés, ou des reflets de lampe. De la lumière enfin, pour éclairer les ondes[5]. Y’a des débuts, des fins, et puis des contre-jours, de la lumière jusqu’à[6].
[1] Non, c’est pas une femme de Perse.
[2] Bonne remarque, on dit un oracle, mais là c’est pour lui donner un côté sexy ténébreux renforcé par la référence à l’amère bière.
[3] Peut-on raisonnablement supposer que l’auteur a choisi d’évoquer l’amertume de la bière plutôt que celle de la quinine à cause de la proximité du terme avec celui de cercueil, et nous parlerait-il, l'air de rien, de la mort, et du sens de la vie ?
[4] C’est pas une faute. Faut pas prendre les polètes pour des cons. Ca s’appelle une licence polétique.
[5] Ca c’est le prof de physique qui vous y expliquera pendant l’heure d’IDD
[6] Qui c’est le taré qu’à dit jusqu’à quoi ? Et l'un d'entre vous peut-il me dire ce qu’à voulu l’auteur en
suspendant sa phrase à un point prématuré ?
mercredi 20 février 2008
Calculs savants
Les étoiles vont par quatre, ponctuées d’une impair – c’est comme je vous le dis. C’est l’exact inverse de la proportion de bateaux vivants – quatre épaves pour un chalut. L’impair, c’est les galions coulés à cargaison massive, les vins grecs en amphores de terre grise perdus. Mais bon, y’a rien de constant dans cette proportion. Il n’y a pas, par exemple quatre amateurs de pêches pour un de melon vert. On doit dans ce cas précis tourner aux huit septante – autant dire l’irréel, mais on n’a pas le droit aux mathématiques intuitives. Faut arrondir les angles, on va dire nonante et rester bien correct. C’est une belle science, l’étude de la proportionnalité des choses gens et mœurs. Qui ne prouve rien de bien exact, mais l’exactitude on s’en fout, le réel ça s’ajuste d’autant mieux qu’on lui retranche des proportions inverses.
dimanche 17 février 2008
c'est le bruit de l'eau
C’est le bruit de
l’eau
Qui goutte et qui
coule
Qui partout
roucoule
Le chant des ruisseaux
L’air glacé et pur
Transparent et beau
Des perles de
l’eau.
Vaincues par
l’assaut
Du soleil qui
plombe
Le printemps
nouveau.
Tombée des glaciers
C’est le bruit de
l’eau
Aux reflets
d’acier.
Répondit Ballot
J’ai les bottes en
perce
Prête moi ton dos.