Melting Pot et vin blanc doux

Parce qu'on peut pas compter que sur la Providence.

mercredi 23 septembre 2009

Si tous les gars du monde...

Si toutes les filles du monde voulaient s' donner la main,
tout autour de la mer, elles pourraient faire une ronde.
Si tous les gars du monde voulaient bien êtr' marins,
ils f'raient avec leurs barques un joli pont sur l'onde.

            

Alors on pourrait faire une ronde autour du monde, autour du monde,
si tous les gars du monde voulaient s' donner la main.

C'est de Paul Fort. Je ne précise pas à l'intention de ceux qui lisent, mais de ceux qui ne lisent jamais...

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piedmarie3

mardi 11 novembre 2008

La poésie revient comme l'aurore, et le déclin du jour.

Mirar el río hecho de tiempo y agua
y recordar que el tiempo es otro río,
saber que nos perdemos como el río
y que los rostros pasan como el agua.

Sentir que la vigilia es otro sueño
que sueña no soñar y que la muerte
que teme nuestra carne es esa muerte
de cada noche, que se llama sueño.

Ver en el día o en el año un símbolo
de los días del hombre y de sus años,
convertir el ultraje de los años
en una música, un rumor y un símbolo,

ver en la muerte el sueño, en el ocaso
un triste oro, tal es la poesía
que es inmortal y pobre. La poesía
vuelve como la aurora y el ocaso.

A veces en las tardes una cara
nos mira desde el fondo de un espejo;
el arte debe ser como ese espejo
que nos revela nuestra propia cara.

Cuentan que Ulises, harto de prodigios,
lloró de amor al divisar su Itaca
verde y humilde. El arte es esa Itaca
de verde eternidad, no de prodigios.

También es como el río interminable
que pasa y queda y es cristal de un mismo
Heráclito inconstante, que es el mismo
y es otro, como el río interminable.

 

Borges. L’homme qui pensait au paradis comme à une bibliothèque. Sans doute ceux qui ne causent pas l’espagnol auraient-ils apprécié une traduction. Inenté, creame, intenté, pero no consegui. Pour traduire les eaux mouvantes d’un homme tel que lui, il faudrait une plume trempée d’encre magique, et ça, j’ai pas, tant pis.

Posté par Marie Fox à 09:21 - polésie - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

piedmarie3

jeudi 10 juillet 2008

Chic, et Anda !

Vous qui fréquentez ces pages le savez depuis longtemps, j'ai pour la polésie de Guido Monte une tendresse particulière. Si vous ne savez pas de quoi je cause, je vous renvoie au blog Niquedouille, en lien, sur lequel vous trouverez une analyse complète de cette démarche multilinguiste. Depuis quelques années, grâce à l'activisme d'une poignée de militants du beau même quand c'est difficile, et à un nombre sans cesse croissant de lecteurs (ce sont les poèmes de Guido qui sur mes pages rassemblent le plus grand nombre de lecteurs) dans diverses revues web, et notamment Swans (en lien aussi) l'oeuvre de Guido croît et se multiplie. Lui qui espérait, voilà encore deux ans, un maximum de cinquante lecteurs réguliers figure aujourd'hui dans WIkipedia, dont on peut dire beaucoup de mal, mais qui a le mérite d'offrir à tout un chacun une base de départ pour des recherches précises. Je vous laisse le lien, c'est en italien, mais quand on aime on fait l'effort. S'il se trouve un passionné pour traduire l'article en anglais, ou en espagnol, j'en tirerai une version française dans le plus strict enthousiasme. Encore merci et bravo à Guido, come on guy, you're great on the web.

PS : la version anglaise existe déjà ! ici

Posté par Marie Fox à 09:00 - polésie - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

piedmarie3

vendredi 29 février 2008

entre-deux (et trois zéro ?)

Laissez, que la pluie conte les camaïeux de gris. Si vous écoutez bien vous percevrez le parme, et la pointe rosée qui s’accroche déjà aux pivoines encore sèches, le gratton de vert mousse en reflet sur les branches, un écho de champagne, le poil fauve épagneul au pied de la forêt, et là, juste en deçà du nuancier des matins d’eau, vous entendrez une goutte qui roule sur le velours d’une primevère en naissance. C’est un prélude de symphonie majeure en arc en ciel coulis, en fondus déclarés de soleils qui déchirent à petits coups de dents l’argenté monocorde des spectres hiémaux.

Posté par Marie Fox à 09:12 - polésie - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

piedmarie3

mardi 26 février 2008

polésie observée (1)

Y’a rien d’inné dans le chant d’un oiseau. Tout ça vient seulement de ce qu’il est créature sociable, aime communiquer, et ne se sait se résoudre à l’isolement du silence. Alors, tout jeune, chaque oisillon, doté d’un maître, apprend sa langue. Entre deux sommes très courts, il répète des phrases. A chaque essai c’est mieux. Plus juste, plus complexe, plus assuré aussi. Un oiseau qu’aurait pas de maître, il s’en chercherait un pour apprendre à causer. C’est ainsi que font les perroquets, les mainates, les corbeaux, les pies, les geais, les étourneaux, et même les rossignols qui sont les moins liants. Ça ne fait pas d’eux de grands esprits. Les grands esprits, chez les oiseaux comme chez les hommes, recherchent l’harmonie bien plutôt que le son. Tel cet oiseau d’un magnifique jardin qui, aux après-midi de silence, siffle l’air de Mozart qu’il a appris du portable qui sonne quelquefois sur la table dehors, et ravit de son art le Wolfgang dans sa tombe.


 

(1) mais par qui on sait pas.

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piedmarie3

mercredi 20 février 2008

Le bonheur, mode d'emploi.

Y’a des cruautés nécessaires, des gestures de garde-soi. Crever les yeux d’un rossignol pour qu’il nous chante en plein midi, c’est guère plus dur que d’écraser l’œuf d’un pigeon sous le talon. C’est, comme on dit, l’affaire d’un quart d’heure, et peut-être même pas. Suffit de bien le maintenir de la senestre appuyé sur un tabouret en lui coinçant le cou avec un pouce en fer. De la dextre on se saisira d’une longue aiguille à tapisser que l’on appuiera sans trembler en plein centre du bouton noir. Une fois, deux fois, et c’en est fait d’un nocturne un intarissable en plein soleil ou sous la pluie. Le bonheur tient à peu de chose quand on sait molester ses facteurs. Et si le chant du rossignol ne suffit pas à nous égayer l’âme, on peut essayer autre chose. Pousser les pédants sous les trains, siffler merde à la boulangère, ou brosser au pinceau les ailes d’un papillon pour le voir se noyer dans une goutte d’eau. Y’a pas plus simple, vraiment, que d’être heureux, quand on sait les bons gestes.

 

(être capable d’écrire de pareilles horreurs au petit déjeuner, c’est grave docteur ?)

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jeudi 14 février 2008

Contretemps.

Quand on vise l’horizon, il faut fermer l’œil gauche et se choisir, avant toute chose, un moyen de locomotion. A dos de grenouille, par hélicitraction, où même à croupetons quand on est pas pressé. Le mieux, de l’avis des voyageurs-nés, c’est  à vol d’imagination. Paraît que c’est ainsi qu’on discerne au plus près le cercle concentrique qui enferme le tout. Mais les naturalistes s’insurgent à cette idée. Ils prétendent que ce cercle ne serait qu’une ellipse, défendent l’explétif au nom de l’explicuit, que rien n’est pas si simple et tout à renseigner. Alors, que faut-il faire, et choisir en quel nom ? Et si dans nos valises y’avait pas autre chose qu’une poudre d’illusion ? Il faut pourtant qu’on vise, dans l’angle à horizon, ce qu’on ne peut atteindre par simple observation. Faudrait fermer les yeux, peut-être, et flécher nos parcours en jetant au hasard de cartes compassées des oiseaux mellifiques qui planteraient leur bec là où on veut aller, inobjectivement.

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mercredi 6 février 2008

Observations courantes.

La pluie n’est jamais perpendiculaire. Il faudrait des mesures pour asseoir l’assertion, mais on mesure mal avec le cul dans l’eau, à moins d’être équipé de caleçons waterproof, pis les démonstrations, ça sert pas à grand monde. Il suffit de savoir. Que la pluie n’est jamais perpendiculaire, ni les ponts parallèles entre eux, ni les rivières circonjacentes aux îles. Qu'il n’y a que les mers pour faire des histoires d’eau. Le reste n’est que goutte, crachin, courant ou stagnation, fluide, images embarquées en reflets infidèles vers les déserts mauresques où tout se noie au silice jaunâtre  tracé des mêmes chemins que ceux des galéruques sur les feuilles des ormes, ou des dytiques communs aux abords des ruisseaux.

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jeudi 24 janvier 2008

y'a des verres qui se perdent.

Y’a des verres qui se perdent, et c’est bien malheureux. C’est pour ça que chaque soir, à l’heure où chuis vivant, j’honore Bacchus avec modération (qu’est une chieuse de première, comme toutes les espagnoles qu’ont des noms à la con). Je sors un joli verre à facettes taillées, je caresse son pied pour qu’il ronronne un peu, j’indexe l’arrondi, lui chatouille la tranche, et puis je bois dedans d’un petit vin blanc doux, de Bergerac voyons, et quand il est fini, après deux cigarettes, je le penchouille bien pour la dernière goutte, et puis m’en revais - à des domestiques probables ou des fandangos silencieux, c’est suivant comment on regarde.

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piedmarie3

mercredi 23 janvier 2008

Ois donc !

C’est l’air nouveau qui souffle, ois donc ! Ca sent la peinturlure et puis l’énervement des vieilles Providences qui sentent l'odeur de leur résurrection. A l’œil, ça semble encore une fête foraine qui déballe ses cartons, et à l’oreille, ça sonne l’accord bâtard d’une montagne russe qu’a poussé à l’envers. Accordons nos guitares à l’ambiance festive, c’est Pâques et Noël à la fois, et bientôt au matin on entendra la cloche un peu grêle du couvent qui dit c’est sept heures vingt, cavalez à vos postes. Cartables au dos pour vous, et pour moi la fenêtre et la tasse en fer blanc, et l’odeur du lilas dans l’air nouveau qui souffle. Ois donc, ça sent l’énervement des résurrections proches !

Posté par Marie Fox à 07:20 - polésie - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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