samedi 14 novembre 2009
Marie...
- Oui mon garçon ?
- C'est bientôt Noël.
- On s'approche oui, pourquoi ?
- Cette année, on pourrait pas acheter un sapin de plus d'un mètre soixante-dix ?
- Ben tiens, et on le met où ?
- Je sais pas, mais déjà l'année dernière, j'étais plus grand que le sapin. Moi j'aimais mieux quand on avait des sapins immenses.
C'est dur, des fois, de grandir !
vendredi 2 octobre 2009
causons djeun !
Quand mon fils me dit "faut que t'arrêtes de mitonner", il ne fait en aucun cas référence à ma cuisine. Paraît que ce verbe-là vient du grec via le bas latin, mythos, signifie "raconter des craques", et doit par conséquent s'orthographier mythonner... Oui mais là je pose une question : pourquoi deux N ?
J'attends ?
samedi 6 juin 2009
question matinale
Dis, y'a une expression que je comprends pas bien, de quoi on parle quand on dit "le bon grain est livré" ?
mardi 12 mai 2009
Vue sur le monde
- Marie ?
- Oué ?
- On peut écrire « un Etat lucratif ? »
- Je crois pas, non, qu’est ce que tu veux dire exactement ?
- Ben, un Etat qui gagne pas d’argent.
- Ben non, alors, tu peux pas, lucratif, justement, c’est « qui rapporte de l’argent »
- Oui, mais je voulais mettre Non Lucratif.
- Funérailles, mais c’est quoi ta phrase ?
- L’Afrique est surtout constituée d’Etats Non Lucratifs.
Oué, vu comme ça…
mercredi 29 avril 2009
mercredi, des patates...
- On mange quoi ?
- Des patates.
- Hein, mais déjà hier, on a mangé des patates.
- Hé oui, Lundi, des patates, mardi, des patates, mercredi, des patates aussi...
- Oué, le problème, c'est qu'avec toi, faut chanter 2007, des patates, 2008, des patates, 2009, des patates aussi...
mercredi 11 février 2009
Orthodentiste.
Donc hier on a été à l’orthodondiste, parce que même si je trouve mon garçon beau comme un camion, il insiste pour avoir quatre incisives comme tout le monde, et pas des dents de castor. Je lui ai expliqué que la perfection n’est pas de ce monde, que personne n’était jamais entièrement satisfait de son physique, et que si l’on devait, au cours de sa vie, retoucher tout ce que notre œil décèle d’imperfections, on s’en sortirait pas.
- Oui, mais tu dis ça parce que toi y’a rien qui te plaît pas chez toi.
- MOUARF.
Are you pulling my leg my boy ?
- A
part tes bourrelets.
- Par
exemple.
- Oui, mais pour les bourrelets, t’as qu’a faire plus de wii fit.
Bon, bref, on y a été. Le monsieur examine mon garçon, les radios, me fait remplir un dossier contenant des informations aussi variées que la durée de l’allaitement, la propension à communiquer ou les résultats scolaires – c’est quoi le rapport ?
Il a un peu de mal à articuler sans baver parce qu’il porte lui-même, à 45 ans, un appareil dentaire genre antenne parabolique en titane, et j’écoute attentivement son petit rapport et les options sur cinq ans qui s’ouvrent à nous. Bien bien, mais j’aimerais savoir, moi, si médicalement cinq ans d’orthodontie modérément remboursés par la sécurité sociale sont justifiés par un quelconque risque sanitaire, autre que le traumatisme d’avoir un sourire de castor. Sans me dévoiler tous les détails, il m’explique que bien sûr, le sourire ne doit pas être seul décisif, que le maxillaire inférieur présente, comme les genoux, un ménisque, et que si la position des dents fait dévier le mouvement du maxillaire, le ménisque, à des âges avancés, risque d’accrocher un peu et de gêner la mastication, ou pas. C’est parce que lui-même souffre du ménisque des dents qu’il s’est fait appareiller – à grands frais bien qu’il soit lui-même orthodontiste.
Je regarde mon garçon, que l’annonce de cinq années de port de bagues semble faire réfléchir, et nous prenons un rendez-vous pour la semaine suivante afin d’effectuer des examens complémentaires qui seront facturés 139 euros et remboursés 45. Au moment où je me lève, le monsieur me tend une belle plaquette de pub qu’il souhaite me voir lire pour notre prochaine rencontre. Intitulée L’orthodontie dento-faciale, pour un meilleur sourire.
Hé ben sérieusement, je crois que je vais en recauser en profondeur avec mon fils, de la qualité d’un sourire.
Parce que oui, de nos jours les mômes ont de très belles dents, c'est vrai. On leur fait refaire le nez quand il est un peu de traviôle, on fait tout ce qu'on peut pour qu'ils se sentent bien, sauf peut-être, leur laisser le temps d'apprendre à se sentir le mieux qu'ils peuvent comme ils sont.
jeudi 5 février 2009
exercice...
Ma Virgule me raconte que prof de français donne à ses élèves le début d'une phrase, censée conclure un texte. Les mômes doivent à leur tour y ajouter leur grain de sel, et parfaire la chute.
"Le couturier sortit en claquant la porte, désormais...
- T'aurais dit quoi toi ? Hein ?
- ... là tout de suite sans réfléchir ?
- Ha ben oui !
- Mééé, je sais pas moi. T'as mis quoi toi ?
- Il était ailleurs... mouarrr, t'aurais vu la tronche de mon prof de français !
- Dis, faut que t'arrêtes un peu tes couillonades, hein, il est lamentable ton calembour.
Que voulez-vous, je proteste, pour la forme, mais je suis pas crédible tellement j'ai de mal à contenir l'éclat de rire. Paraît que les chats font pas des chiens.
mardi 3 février 2009
De l'inné à l'acquis.
Chonchon, après un bref détour par la fac de droit, a opté pour une réorientation en fac d'anglais. Non que ça me ravisse, je crains qu'on ne puisse plus vivre aujourd'hui de l'amour ni de la maîtrise d'une langue, même assortie de solides compétences en littérature et civilisation, mais mes maternelles objections ne lui ont pas fait plus d'effet que ça, d'où capitulation et offre d'aide quand y'a besoin.
- Ha, tu crois vraiment que j'ai besoin d'aide ?
- Meueu non, mon Chonchon, mais figure-toi que traduire de la littérature, même avec une bonne part de tournure d'esprit complètement innée sans laquelle un traducteur est voué à l'échec, faut quand même que tu sois conscient qu'un contresens n'arrive pas qu'aux autres.
- Moi des contresens ? Ha ! Tiens, tu me vexerais presque.
Bon, vous le savez, vous autres éducateurs sur le tas d'enfant, rien ne sert d'insister, mieux vaut attendre que la preuve se fasse. En général, elle se fait vite. Or donc, Chonchon, planchant ces jours sur un extrait de Lawrence Doctorow, m'adressa hier par mail la preuve que, confiante, j'attendais. "... my father died with his ancient mother still alive in a nursing home..."
Traduction de Chonchon "mon père mourut alors que son ex-mère, toujours en vie dans une maison de retraite..."
MOUARFEU - contresens, moi ?
Alors en tant que mère - à vie, de mon fils à moi, je lui ai renvoyé sa traduction assortie d'un no comment mais j'en pense pas moins.
Au boulot, bonhomme. Je me moque pas. Un traducteur qui se moque du contresens d'un autre risque de se retrouver rouge avec la honte d'un sien propre avant d'avoir fini de rire. Simplement je note, en passant, que bon, comment il disait l'autre ? Ha oui, sans travail, le talent n'est qu'une sale manie.
PS : Je sais, ça paraît gros, un bug pareil. Mais il n'est pas rare que celui qui débute dans l'art de la traduction, absorbé complètment par une difficulté, finisse par trouver une solution dont l'énormité ne le choque absolument pas, tant il est pris dans son obsession de trouver un équivalent français. Je me souviens de ma copine Monique qui, en licence d'anglais, tout de même, avait traduit "for five years England has been in the red" par "Depuis cinq ans, l'Angleterre est communiste". M'enfin, ça se saurait, non ?
Ceci dit, ma copine Monique est devenue documentaliste mais même là, elle arrivait à faire des contresens mahouse quand elle classait des documents en anglais. Partie chercher un jour un article sur les "semi conductors in the automotive industry",au département d'Economie du Développement, je l'avais trouvé sous la rubrique "semi remorques"....
dimanche 11 janvier 2009
Comment épater nos enfants, du moins les plus jeunes...
Parce que les machines à caca, c'est amusant, mais côté élévation de l'esprit, ça reste peu satisfaisant. Or donc, je vous propose aujourd'hui de bluffer tous les marmots de moins de sept ans qui passent à portée de main en les faisant assister à l'expérience suivante. Munissez-vous de quelques morceaux de sucre et d'une pince en ferraille (oui, je sais, les pinces en bois, on n'en trouve plus beaucoup). Emmenez tout le bazar et le môme dans un endroit très sombre (cave, penderie, toilettes borgnes ou frigo fermé). Laissez vos yeux s'habituer à l'obscurité, puis, à l'aide de la pince, cassez un morceau de sucre. Et que voyez-vous ? Le sucre luit, émet un faible rayonnement au moment où il s'écrase sous les mâchoires d'acier. C'est la façon la plus simple de montrer à un chiard que l'électricité, c'est pas seulement une affaire de cables, de prises, ou d'électriciens. C'est surtout celle du Grand Tout qui planque ses magies dans les plus petites choses. Pourquoi ça marche pas quand on casse le sucre avec les doigts, vous saurez sûrement expliquer ça à vos petits curieux, moi, je m'en fous mais alors complet.
lundi 5 janvier 2009
KK ?
L'enfance, chacun le sait, est scatophile. Autrefois, les mômes s'amusaient avec les moyens du bord. Dessins de caca au feutre, dessin dans le caca au bâton à merde, danses incantatoires autour d'un caca dans la forêt, caca enterré sous les épines de pin pour faire croire à des champignons naissants, bref, je vais pas vous refaire la liste.
En notre époque bénie, les enfants peuvent aussi jouer au caca sur internet. A la machine à caca, par exemple (je sens que ça va plaire dans les bureaux), ou regarder en boucle la réplique culte de Ramzy, et bien d'autres choses encore que vous saurez trouver tout seuls.
N'allez pas croire surtout que j'aie trouvé moi-toute-seule les liens que je viens de vous livrer. Alertée par les rires de mes glaçons, j'ai découvert tout ça par dessus leur épaule. En bonne éducatrice, j'ai commencé par rire avec eux avant de leur conseiller de chercher à "bren", on sait jamais. Las, sur quoi qu'on tombe, je vous le demande, quand on cherche une image de bren ? Sur ça. Encore des que quand on leur cause culture...


