vendredi 9 mai 2008
Dis sept ans ! Polésie pour Alex.
Mon glaçon t'es grand grand grand,
C'est sans contrepet navrant
Dis moi, en russe, en allemand
Je t'aime encore ma maman
Même si je suis gland gland gland !
Mon Alex t'as dix sept ans
T'es toujours beau comme avant
Quand t'étais qu'un tit n'enfant
Ce soir y'aura des pizza, du mac do et du coca
Y manquera que ton frère, mais promis il reviendra
Et on recommencera, pis j'tai racheté un hautbois
Comme cadeau d'anniversaire,
Mais le perds pas, celui-là !
mardi 6 mai 2008
Le nouveau copain...
Mon fils est rentré du collège avec une grande nouvelle : Il a un nouveau copain, qui parle mexicain. Tu te rends compte ? Mexicain. Et même il m'a appris à dire Bonjour comment ça va ?
- Ah bon, et comment on dit ?
- Je suis plus très sûr, mais c'est genre medouéle elculo. (1)
Super, le nouveau copain, je vois qu'au Mexique, ils ont les mêmes que nous. Les mêmes mômes, et les mêmes blagues.
J'y ai dit de me le ramener à la maison, son nouveau pote. Moi aussi j'en connais des qui vont lui plaire.
(1) C'est exactement ça, sauf que ça veut dire j'ai mal au cul.
dimanche 4 mai 2008
Promenade intéressante.
Au bout de trois semaines, sa progéniture laissa un message sur son portable pour l’informer qu’ils avaient rallié Talines sans encombres et qu’ils poursuivaient leur périple. Le monsieur, content de les voir loin - y’a un âge où on ne les en aime que mieux, dormait sur ses deux oreilles, et continua de jouir de sa tranquillité pendant encore un bon mois avant de s’inquiéter de l’absence de coup de téléphone ou courrier confirmant le bon déroulement de la promenade. Peu au fait des technologies modernes, il s’en fut voir un ami pour lui demander d’envoyer un texto à ses chiards. L’ami s’exécuta, et le rappela le soir pour lui dire que la réponse à son message venait d’arriver sous une forme laconique, et relativement inquiétante.
Les choses finissent par s’arranger, on sort demain.
Sacrebleu, me dit-il, on sort d’où ? Hôpital ? Prison ?
Prison, oui. Ses lardons, après avoir forcé sur la bière dans les rues de Bratislava, s’étaient fait arrêter par la maréchaussée locale alors qu’ils démontaient un banc public, et jeter dans un cul de basse fosse pendant trois semaines sans autre forme de procès avant que le cadet de la fratrie ne se souvienne qu’on ne pouvait lui refuser le droit de contacter son ambassade, qui effectivement mit en œuvre les moyens nécessaires pour les tirer de là.
Ils sont vraiment cons, hein. Conclut le monsieur. Picoler, démonter les bancs, se retrouver en
tôle, et attendre trois semaines avant de téléphoner à l’ambassade. Vous verrez
qu’ils finiront par voter à gauche.
Avec un papa gendarme et une mère tête de liste régionale MNR ?
Je doute, mais faut pas désespérer des conflits de génération.
jeudi 1 mai 2008
English in use.
Quand j’entends mon Chonchon parler spontanément du premier examen qu’il ait choisi de passer de son plein gré, je mesure le chemin parcouru depuis l’enfance. La sienne. De la peur de l’école à l’amour de l’étude. Qu’il l’aie ou pas, cet exam, ça n’a finalement pas grande importance. C’est vraiment très difficile[1], et à dix-huit ans on a le temps d’en passer des examens. L’important, c’est de redécouvrir le plaisir qu’on peut prendre à travailler des heures sur des sujets ardus juste parce que c’est bon. Anda Chonchon, and enjoy.
[1] Ne le répétez pas, mais moi aussi je plafonne vite sur l’english in use. C’est fou comme on manque vite de vocabulaire précis dès qu’on s’égare dans des conversations sur des sujets peu familiers.
dimanche 6 avril 2008
Les proverbes de Virgule.
J’ai récemment engueulationné le plus jeune de mes garçons
parce qu’il y avait un relâchement certain dans ses rédactions. Faut dire que
les sujets sont pas bandants, et que mon petit bout n’a jamais été capable d’écrire
trois lignes répondant strictement à une consigne du genre décrivez votre chambre en utilisant les éléments d’application vus dans
la séquence IV.
Ce garçon est paralysé par un excès d’imagination, et pour
peu que son œil se pose sur l’un des posters qui ornent
ses murs, pfuit, le voilà parti dans un monde parallèle, la rédac devient
chapitre de roman fantastique et on se retrouve pour le moins hors-sujet. Avant
j’y disais rien, mais la prof de Français m’ayant convoquée récemment pour me
mettre en garde contre la propension de
Virgile à s’échapper du réel, je veille désormais au strict respect de la
consigne qui consiste essentiellement à caser, dans l’ordre, une proposition
subordonnée relative, deux adjectifs, une proposition conjonctive, deux
adverbes, bref, ça relève plus de l'algorithme que de la littérature.
Oui, mais c’est pas
marrant.
Tu l’as dit bouffi. (mais
ça je me contente de le penser, je le lui dis pas).
Or donc, l’animal, ne sachant se résoudre à rédactionner
sans rire, a trouvé moyen de détourner à son profit la dernière consigne qui
était d’inclure dans le texte des
proverbes.
Il avait choisi de traiter de nos relations mère-fils dans
ce qu’elles ont de plus trivial, à savoir les petites exigences ménagères que
je peux poser comme condition à ses stations prolongées devant mon ordinateur. Je
vous la laisse.
Avec ma mère, rien n’est
gratuit. Chaque fois que je veux prendre son PC, elle m’impose une corvée. Descendre
les poubelles, laver la salade, ranger ses béquilles, je dois toujours faire ce
qu’elle me dit avant. Mais je l’ai prévenue, tant va la cruche à l’eau
- Marie, on mange
des pizza ce soir ?
Pas de réponse,
évidemment. Alors j’ai pris le téléphone et je les ai commandées moi-même. Après
tout, vous connaissez le proverbe : Qui ne dit no consent.
PS : l'entrevue avec la prof de français aura eu au moins ça de bon qu'il a désormais le droit de rendre son travail sur word, et sans rire pour un gamin atteint d'une pareille dysgraphie (paraît que c'est comme ça qu'on dit "écriture de cochon") c'est un vrai soulagement.
mardi 25 mars 2008
News from Chonchon.
Vous vous souvenez je présume que mon Chonchon est parti depuis presque trois mois à Dublin ? Il est revenu pour une courte semaine de vacances début mars, puis reparti. C’était bien de l’avoir là pour quelques jours, à me tanner sans arrêt avec ses revendications. Il voulait pas rester chez la vieille.
- Y’a un tableau I love Jesus dans ma chambre, et y’en a un autre dans les chiottes, et des patates gluantes au petit déj. Et c’est à deux heures de bus de l’école, faut que je me lève à six heures, quand je serai en retard parce que je serai trop fatigué, ce sera de ta faute, et déjà une fois je me suis rendormi dans le bus et je me suis retrouvé au fond du mauvais côté de la banlieue, pis les résidences étudiantes c’est pas plus cher et mes copains au moins ils me laisseront pas crever comme la vieille quand j’ai été malade, et en plus j’économiserai les lessives parce qu’elle me prend dix euros par lessive, cette malhonnête à bondieuseries et.
Là je l’ai coupé, hein, l’occase était trop belle.
- Dix euros par lessive. Ho tu me dois un max de pognon là.
- T’es devenue catholique toi ?
Bon, enfin, pour sa résidence, j’y ai dit oui. D’abord c’est vrai que c’est loin, et que Chonchon est un grand garçon, et que je serais une chienne de pas le laisser avec ses potes maintenant que j’ai pu constater qu’il se débrouillait très bien sans moi. Pis aussi, faut bien que j’avoue, j’avais envie de voir comment il allait gérer la lessive tout seul. Parce que les garçons, ça vous dépanne n’importe quel magnétoscope dernier cri, mais le bouton marche du lave-linge, c’est où ?
Ben j’ai pas tardé à voir comment il gérait. Il a tenu une semaine et demie sur les réserves. Et puis hier soir, sur le coup de onze heures, il m’a tirée de mon lit où je dormais quiètement pour avoir des précisions sur le mode d’emploi. Tri du linge (j’ai entendu une fois dans un film un truc à propos des couleurs), sélection du programme, mode d’emploi de la dosette de lessive (combien, ouvertes ou pas, t’es sûre ouvertes ?). J’ai tenu six minutes comme ça avant qu’il trouve comment ouvrir la machine à laver.
Ha voilà, bouge pas, qu’il m’a dit, je récapitule tes instructions.
Ben tiens. Récapitule seulement, moi je retourne me coucher. Non mais ho.
mercredi 19 mars 2008
Entendu devant le collège
- Ho Farid, tu sais c’est la mère à qui qu’accompagne au film pourri de la prof de français jeudi ?
- Ouais, c’est la mère à Virgile.
- J’espère que c’est pas une ouf de chiante comme celle à Emma.
- Non tu vas voir, elle est trop bonne cette meuf, elle parle comme Achille Talon.
- Comme qui ?
- Achille Talon, va voir au CDI.
Moi dans ma Clio chus hilare. Merci Farid. C'est vrai quoi, chus moins chiante que la mère à Emma.
mardi 18 mars 2008
la passion des fourmis.
Y'a des enfants naturalistes. Des qui lisent, observent, comparent, expérimentent, déduisent. Mes deux grands, fourmilologues dès le plus jeune âge, se mirent un jour en tête de comparer la qualité de l'acide formique des différentes espèces qui foisonnent au jardin de leur grand mère. J'opinai sans réserves au projet, et les laissait vaquer, vaquant moi même à l'ombre d'un amandier sans plus me préoccuper du sort des fourmis. Ce n'est qu'au soir que je revins m'enquérir du résultat de leurs mesures, et accessoirement des moyens mis en oeuvre.
Ils avaient prélevé dans différentes fourmilières une pelle entière de chaque espèce, et les avaient portées à ébullition dans des casseroles distinctes avant de mesurer le ph du mélange grâce à ces bandelettes qu'on vend en pharmacie. Hélas, les résultats n'étaient pas si probants qu'ils l'avaient espéré, les fourmis rouge donnant le même taux que les noires, les petites, les grosses, et même celles qui avaient bouilli assez longtemps pour adhérer totalement au fond des casseroles que je passai une heure à nettoyer pour y mettre la ratatouille du soir. C'est quand même bizarre les gosses. Les miens font la gueule quand je plonge des crabes vivants dans un topfon pour faire une soupe en me taxant de cruauté, mais ils sont capables de faire bouillir des fourmis sans frémir. Ils m'ont gonflée des mois pour avoir un hamster, et ont mis deux ans avant de se rendre compte que je lui avais fait un sort. J'ai eu beau me défendre en expliquant que je ne l'avais pas tué, mais juste remis en liberté dans le parc d'à côté, ils m'en veulent encore. Du coup, j'hésite pour le chat. Parce que là j'en ai ras la marmite à fondue, depuis un an qu'on l'a, cette bestiole a la teigne, et je dois le courser en permanence pour lui filer des cachetons, et le laver tous les deux jours. Sitôt que j'arrête le traitement, ça repart. Du coup, je suis fermement décidée à m'en défaire, mais j'hésite sur les moyens. Je l'emmène en forêt ? Je lui mets un coup de pelle ? ou je le fais bouillir sous couvert de sciences appliquées ?
Ouais, je vous vois venir. Mais j'arriverai pas à trouver un pigeon pour adopter un chat teigneux. Ou bien vous peut-être, je vous offre les frais de port.
lundi 17 mars 2008
Years ago.
Mon Chonchon est accroupi sur la
terrasse écrasée de soleil, costume marin et gourmette brillante sur poignet
tout rond. L’a toujours été élégant mon Chonchon. Pas tout à fait deux ans. Il
suit du regard les fourmis qui vadrouillent. D’un index précis, il en écrase
une. Son regard se fixe, s’étonne. Il se penche, nez collé à la dalle de
pierre. Appelle.
Moumi ? Moumi ? Mououou-mi ?
Y’a un truc pas clair. Faut
savoir quoi.
Une deuxième fourmi fait les
frais de l’expérience, avec les mêmes résultats.
Alors mon Chonchon se relève, les
larmes aux yeux et les mains serrées dans le dos.
Marie, l’est mort ?
Ouais, c’est fragile tu sais,
mais c’est pas grave, y’en a plein.
Mon garçon se rassure tant bien
que mal en observant la cohorte qui défile.
Et moi à côté de lui, j’ai honte.
Je viens de causer des fourmis en surnombre avec la même désinvolture qu’un
Staline de ses camarades. Chus pas sûre que c’est comme ça qu’on devienne une
bonne mère.
Retour d'école.
- Hé, y’a william. WILLIAM… WILLIAM, il m’entend pas, il court en avion. C’est sa spécialité.
- Et toi c’est quoi ta spécialité ?
- Le calembour, bien sûr.
- Et Théo ?
- Lui, c’est d’être dans la lune. Et toi c’est quoi ta spécialité ?
Pauvre cons d’adultes qu’on est tiens. Y’a belle lurette que j’ai plus de spécialité moi. Mais quand j’étais à l’école, c’était de toucher par terre avec les coudes sans plier les genoux.
Et vous dites, c’est quoi votre spécialité ?