Melting Pot et vin blanc doux

Parce qu'on peut pas compter que sur la Providence.

jeudi 12 novembre 2009

On jouerait aux géants...

Sequoia_geant

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piedmarie3

mercredi 11 novembre 2009

This and that.

noah_webster_dictionary_1828_smallY'a des distinctions subtiles. N'ayez crainte, je ne vais pas vous infliger l'une de ces digressions grammaticales qui vous fatiguent. Bref, mon Chonchon de fils me causait tout à l'heure de ses chères études, et des vices de son dernier devoir de thème.
Y'avait un de ces vocabulaires, là-dedans, sérieux, sans dictionnaire, c'est pas gérable. Tiens, naufragé... je savais pas, j'ai mis sea lost.
Et là Chonchon touche à un point qui me tient à coeur. Y'a une distinction fondamentale entre le métier de traducteur et celui d'interprète. Pour être interprète, il faut soit être bilingue de naissance, soit se faire greffer sur le cerverau le Harraps bilingue en quatre volumes, en se condamnant à exhiber à vie cette protubérance disgracieuse. Un traducteur, ça travaille sur la longueur, avec des dictionnaires, et des tas d'autres livres à disposition. Un interprète, ça travaille dans l'urgence. On ne peut pas comparer l'anatomie d'un coureur de fond et celle d'un sprinter de cent mètres. Aussi me suis-je toujours étonnée qu'en fac d'anglais, on nous demande de faire les traductions d'examen sans dico.
Le français compte environ 35000 mots - et parmi les outils du traducteur, le dictionnaire français occupe la première place. L'anglais 200 000. A chaque fois que vous attaquez une page de traduction, vous pouvez être sûr que vous y trouverez au moins un mot qui vous est hermétique en version, ou une difficulté vicieuse en français.
Bien sûr, l'absence de dictionnaire est formatrice en ce qu'elle oblige l'apprenti traducteur à mettre en oeuvre des stratégies de compréhension et d'intuition parfaitement nécessaires. Mais en condition d'examen, ne devrait-on pas laisser l'élève donner la pleine mesure de ce qu'il est capable de faire avec les outils de son travail ? Demande-t-on à un maçon de monter un mur sans truelle ?
D'autant que - aucun étudiant, durant ses partiels en amphi, ne va pisser plus régulièrement que ceux qui planchent sur une traduction. Aux chiottes de la bibliothèque, de préférence, avec excursion rapide au premier étage, où sont rangés les Harraps et autres Websters. Du moins, à l'époque où j'étais à la fac. Maintenant, avec les zipodes et autres plaisanteries miniatures, ils n'ont même plus besoin de bouger de leur chaise.
C'est ce que j'ai dit à mon Chonchon :
- Mais pourquoi tu t'es pas servi de ton bidule ?
- Parce que figure-toi que la prof de thème a pour moi un tel faible qu'elle me demande toujours de m'asseoir pas trop loin de son bureau pour qu'on puisse causer dès que j'ai fini mes traducs. Alors j'allais quand même pas lui sortir mon dico sous le nez !
- Et aller pisser, grand con ? tu y as pas pensé ?

Bon, d'accord, c'est pas des façons d'élever ses enfants. Mais ho, il a vingt ans celui-là, on peut causer comme des gens qui connaissent un peu la vie maintenant, non ?


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piedmarie3

mercredi 4 novembre 2009

Ne rien mettre, ne rien omettre.

C'est ainsi qu'en peu de mots Cervantes énonçait le devoir essentiel du traducteur.
Ben moi je trouve ça dur, comme règle. Ne rien omettre, j'en tombe d'accord, et dans l'esprit bien plus essentiellement d'ailleurs que dans la lettre. Mais ne rien mettre... ha, c'est juste aussi, ne me faites pas dire ce que je ne dis pas. Mais y'a des fois où ça démange tellement les doigts, où le texte vous dicte si bien ce que vous auriez écrit vous-même, où une familiarité de la pensée vous chatouille si intimement la glotte que - ho, juste pour voir, hein, vous vous écrivez sur la marge cet adjectif ou cette proposition racollée par un enthousiasme au passage, et l'y laissez s'y dessécher, avorton dédaigné parce qu'illégitime, et souvent beau comme un enfant bâtard.

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piedmarie3

vendredi 30 octobre 2009

être une heure, une heure seulement...

Une heure avec Jackie, dont je n'avais pas croisé la route depuis... six ans. Jackie, c'est l'un des premiers de Providence, qui a habité là trente ans avant de vendre son appartement peu de temps avant que le ciel nous tombe sur la tête. Quand il est parti, il a laissé derrière lui un vide palpable, que le nouveau propriétaire n'a jamais su combler. Jackie, c'est le charme fait homme. Un corps d'athlète à soixante cinq ans, une crinière grise sur des yeux noirs, une passion pour la scie circulaire et la désoibéissance civile, et un pessimisme authentique allié à un irrésistible humour de "malgré moi". Poursuivi depuis son enfance par une misère chronique et un nom de génocidé, il aime les hommes comme peu le font, et les femmes comme j'aime mieux pas vous dire, je rougirais.  Cet après midi, après six années de silence, il a sonné à ma porte, et j'ai passé la plus insolite et délicieuse des heures à l'écouter me raconter son héritage récent d'un vieil oncle du côté de sa mère savoyarde, son emménagement dans un village de montagne, ses conquêtes féminines et ses activités d'exorciste civil. Oui, Jackie a abandonné la relaxologie plantaire, il donne maintenant dans la sauvegarde spirituelle du bétail et le cercle philosophique, et je vous jure perdre un voisin comme celui-là, vraiment, c'est dur.

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piedmarie3

mardi 27 octobre 2009

Et cette superbe contrepèterie piquée dans le canard de cette semaine...

La présidente en cape et sans culotte...

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piedmarie3

lundi 26 octobre 2009

Tout de même !

Et c'est pas trop tôt. On nous annonce la réglementation des activités des syndics de copropriété. Laissez-moi vous dire que c'est pas trop tôt, les pratiques du plus grand nombre des représentants de cette corporation relevant du pur entubage. Ceux qui ont un jour pris le temps d'examiner soigneusement le contrat qui les lie à leur syndic, ou les comptes annuels, savent bien de quoi je cause.
Les syndics professionnels de copropriété, Foncia en tête, non contents de facturer à des prix rédhibitoires des prestations qui devraient relever de la gestion courante (tenue du carnet d'entretien, transmission des archives à leur successeur, par exemple),  manient à un degré inégalé l'art d'embrouiller leurs clients et de s'asseoir sur leurs obligations légales. On assiste, depuis quelques années, à une croissance sans précédent du nombre de procédures juridiques engagées par les syndicats de copropriétaires las de se faire traire comme de vulgaires vaches.
Pourtant, nombre d'abus restent, du fait surtout de la complexité et de l'abondance des textes régissant la copropriété. Si les textes de référence, essentiellement la Loi de 65 modifiée SRU et la loi Hoguet, permettent de se faire une idée claire des droits et obligations de chacun, il est extrêmement difficile, sans de solides connaissances juridiques, de s'y retrouver dès que surgissent des problèmes particuliers.
Aussi devons-nous nous réjouir de ce ménage qui s'annonce, et qui devrait être bien fait si des associations telles que l'ARC réussissent à se faire entendre.
Rappelons toutefois qu'il n'y a aucune obligation pour les copropriétaires d'en passer par les services d'un syndic professionnel. D'autres options, comme la gestion par un syndic bénévole, ou par un syndicat coopératif, permettent, sous l'égide de gens compétents et dévoués, de diviser par cinq, au moins, les charges régulières. Quant aux copropriétés en grande détresse, elles ne trouveront bien souvent leur salut que dans ce mode de gestion. Nul besoin d'être expert en gestion, ni en bâtiment, ni en droit pour sauver sa peau, et celle de ses voisins : une solide motivation, de l'énergie et de la disponibilité feront souvent pour quelques centaines de milliers d'euros ce que des syndics professionnels proposent de réaliser pour... quelques millions. Sans compter le fait que des subventions (distribuées par des organismes comme l'ANAH dans le cadre de travaux pour insalubrité ou péril) permettent de diviser par deux le montant des frais engagés. N'hésitez pas, si vous êtes copropriétaires, à explorer les solutions alternatives qui s'offrent à vous, ou à pourrir la vie de vos syndics véreux jusqu'à les contraindre à l'étouffement. Ce n'est pas très difficile, ça permet d'économiser un paquet de pognon, et surtout, surtout, de s'offrir le luxe rare de faire ployer les fâcheux qui abondent dans cette profession plus que partout ailleurs...

NB : Bien sûr, dans le cas de copropriétés plongées dans des situations extrêmes, frappées d'arrêtés de péril ou d'arrêtés d'interdiction d'habiter, la motivation et la disponibilité de ses représentants sera déterminante. Ces cas sont rares, heureusement, mais pas ingérables. Si d'aventure un lecteur conduit sur ces pages par une catastrophe majeure voulait plus de renseignements sur les moyens de s'en sortir, qu'il n'hésite pas à me contacter par mail, l'expérience des uns pouvant parfois servir aux autres.

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piedmarie3

samedi 17 octobre 2009

Aux âmes bien nées...

La valeur n'attend pas le nombre des années.
Il semblerait que tout le monde ne comprenne pas de la même manière ce vers de Corneille, et que ce soit le "bien né" qui fasse l'objet d'interprétations différentes. Illustration ? Pourquoi pas. Tenez,, ou là.

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piedmarie3

jeudi 15 octobre 2009

J'opine, ô combien...

"Ceux qui cherchent le salut dans l’exercice de la comptabilité font aussi une erreur, mais c’est une erreur sans vaillance ni panache."
Richard Beard, Dry Bones.

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piedmarie3

lundi 5 octobre 2009

Un peu d'ethnologie amusante.

Les journaux d'information de la fin du 19ème siècle - à une époque où l'on appelait encore nouvellistes les reporters, regorgent d'articles pleins d'érudition sur les bienfaits de la colonisation. Les descriptions abondent des peuplades indigènes et de leurs mœurs barbares, la condescendance s'épanche dans les portraits de ces autochtones qui, dans un effort d'adaptation à la culture française, arborent des costumes disparates, mélangeant pagne et haut de forme, l'étonnement pointe à l'exposé des rites funéraires locaux - mais oui, ces sauvages-là ont le respect des morts donc tout n'est pas perdu.
Le nouvelliste, bien sûr, à l'époque comme aujourd'hui s'attache à nous peindre les us et coutumes des habitants de ces terres lointaines, à nous ravir, à nous surprendre, et souvent fait mouche.
Tel ce récit de la colonisation de Madagascar par Gallieni, qui nous dépeint les rites de courronnement des rois de la féroce tribu des Sakalaves.
"Le premier ministre, gardien des reliques sacrées, coupe la première phalange du petit doigt de la main droite du roi défunt et lui enlève une canine, puis dépose ces reliques dans un sachet brodé. Près des demeures des rois Sakalaves s'étend d'ordinaire un mairais ou un lac habités par des caïmans sacrés. On en saisit un, on le ligotte étroitement, on lui ouvre prudemment la gueule où l'on jette incontinent une citrouille bouillante qui lui déchaussera les dents. On lui en arrache une qu'on enferme dans le précieux sachet, lequel est déposé dans une grande malle en fer.../... Le jour du couronnement du nouveau roi, les reliques des anciens sont étalées sur une planche horizontale (salutaire précision) supportée par deux piquets fichés en terre. Alors le roi se lève, brandit son sabre et sa sagaie, et jure sur ces saintes reliques de défendre, même au péril de sa vie, l'intégrité du territoire qu'il tient de son peuple et de ses ancêtres. "

Heureusement, la civilisation européenne vient déraciner ces pratiques obscurantistes. Le protestantisme sera déclaré religion d'Etat (un mystère à élucider - les français auraient, logiquement, imposé le catholicisme, et les Anglais l'anglicanisme), mettant un terme à la vénération des reliques, et les citrouilles dorénavant seront évidées pour halloween au lieu de servir à torturer d'innocentes bestioles.

Reste quand même à saluer la créativité et le sens pratique des Sakalaves. Déchausser les dents d'un caïman au potiron brûlant c'est une idée qui sous nos latitudes n'est venue à l'esprit que de peu de ménagères.

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piedmarie3

lundi 28 septembre 2009

Des syndics bénévoles très gênants...

Je vous engage - si vous êtes propriétaire de votre appartement, à aller lire cet article de l'ARC, et à suivre de près l'évolution de cette proposition de loi déposée par un Monsieur Salles qui aurait gagné à ne pas sortir de l'anonymat où il stagnait si bien.
Non, les syndics bénévoles ne sont pas des truands, non, ils n'échappent pas aux peines judiciaires quand ils s'adonnent à des malversations, non, ils ne sont pas moins efficaces que les professionnels (et j'en connais même des qui leurs sont très supérieurs dans le domaine de la gestion et de la transparence), et sont bien souvent au fait de la loi Hoguet mieux que les professionnels de l'immobilier qui ont eux une fâcheuse tendance à s'asseoir dessus.
M'est avis que ce Monsieur doit avoir autant d'intérêt à la promotion des syndics professionnels qu'un Rumsfeld à celle du Tamiflu.

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piedmarie3

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