dimanche 16 mars 2008
Sacrum bordel de merde.
Le soir venu, jules m’a trimballée à la radio. Y’avait rien de pété, je m’étais juste désaxé le sacrum, et le radiologue m’a conseillé un rendez-vous chez l’ostéopathe. Ca tombait bien, mon ostéo est un croisement chinois-français très mignon et surtout plein d’humour, et on s’entend fort bien.
J’y ai apporté les radios, et évidemment, il a démarré au quart de tour.
Vous tenez debout d’habitude ? Parce que la dernière fois que j’ai
vu un sacrum comme ça, c’était sur un squelette d’australopithèque.
Très drôle. Mais là j’évite de rigoler, parce que ça fait putain de mal.
Boh, vous inquiétez pas, c’est juste un mauvais quart d’heure à passer. Qu’il m’a dit l’air narquois.
Il est allé jusqu’à sa table d’ostéopathe en me priant de m’allonger sur le ventre.
Oui mais, j’aimerais bien savoir comment vous allez vous y prendre,
pour me remettre le sacrum en place, parce que déjà les vertèbres c’est coton,
alors je me méfie.
Pour être honnête, sa goguenardise me faisait souci. C’est quand je l’ai vu enfiler un gant de latex qu’il a fait claquer contre son poignet que j’ai compris. Salaud, hors de question.
Mais si, mais si, juste un mauvais quart d’heure, ça se remettra pas en
place tout seul hein, et y’a qu’une méthode… allez, détendez-vous, sinon j’y
arriverai pas…
Sérieux, jamais j’ai passé un quart d’heure aussi long. Heureusement, la conversation s’est arrêtée là, parce que je me voyais pas répondre à ses conneries pendant la manœuvre. Je vous le dis les filles, désaxez-vous n’importe quoi, mais pas le sacrum. Ca craint.
dimanche 9 décembre 2007
Madame est servie
A la re-demande de marilé, que ce genre de conneries amuse. Boh. Chacun son tour ma belle. J'ai été ce que vous êtes...
Partie ce matin quérir un cadeau pour la plus jeune de mes nièces, qui a quatre ans et un sacré carafon, j’explorai dubitative les rayons d’un magasin de jouets avant d’opter pour un gros tas de pots de peinture à doigts et des blocs de feuilles XXL parce que ces conneries de format A4, pour peinturer quand on a quatre ans, c’est frustrant.
Arrivée à la caisse, je tends mes emplettes à la jeune et avenante demoiselle qui se trouve là et lui demande un paquet cadeau qu’elle me fourre dans un sac en me disant :
« Y vont être contents vos petits-enfants »
Pardon ? Elle a dit quoi là ? Vous avez dit quoi là, lui demandé-je avec peut-être un soupçon de fiel dans la voix. J’ai l’air d’avoir des petits-enfants ?
« Oh, chuis désolée, mais c’est pas évident ».
Et mon poing dans sa gueule, c’est pas évident ? Y’a des foutbaleurs qui vous niquent un bonhomme pour moins que ça hein.
Putain, elle m’a tué le moral cette garce. Pas évident. Merde alors. Merde alors. Et faut se faire dire ça par un boudin !
mercredi 9 mai 2007
De l'écart de langage
Chacun le sait, la colère est mauvaise conseillère. On s’énerve, on s’emmêle, et dans un paroxysme d’exaspération, souvent, on s’embrouille la langue, et on dit une connerie.
Ainsi, pas plus tard qu’il y a peu, une dame devant moi, au guichet de la banque, fustigeait le préposé. Elle avait bien raison, la banque avait indûment débité son compte de quelques euros de frais, provoquant par là même l’ire de sa cliente, qui, rouge et échevelée, expliquait à la cantonade.
« Ha ça oui, pour débiter, vous êtes forts, mais maintenant qu’il faut rebiter, y’a plus personne ! »
Forcément, j’ai souri. Mais quand le guichetier, sincèrement marri, a prié la dame de se calmer, en assurant qu’il allait la rebiter sur le champ, là, je me suis gondolée sans aucune retenue.
J’aurais pas dû.
Parce qu’après avoir patienté une longue demi heure à la banque, j’ai enchaîné sur une autre demi heure d’attente à la poste, puis à la gare. Quand mon tour est arrivé, lasse de tant d’attente, j’ai posé mes écouteurs, j’ai fait un joli sourire au monsieur, et je lui ai confié, en guise d’introduction, que j’avais passé ma matinée à me taper des queues. Et qui c’est qui s’est gondolé sans retenue pendant que j’essayais de préciser – rouge d’une confusion de bon aloi – le fond de mon propos ?
mardi 13 mars 2007
Décrédibilisant
« Like the whips of anger »
C’est le seul vers d’une polésie anglaise lue il y a longtemps dont je me souvienne encore.
Comme des fouets de colère.
C’étaient des lignes électriques qui barraient la colline, et c’était la première fois que je lisais de la polésie dans une langue qui n’était pas la mienne. J’étais en seconde, j’avais seize ans, et pas la moindre idée du voyage qui m’attendait à suivre les fouets de la colère.
Cette polésie là, notre prof
en avait demandé une traduction. Je me lançai dans l’allégresse et sur le
champ, et foutredieu, ce fut un de mes meilleurs jours d’école. Je n’avais
jusque là traduit que des chansons, du King, des Beatles, et des Quilapayun,
qu’on chantait à vélo avec la
Joséphine. Ben la Tierra
Sauf, - je vais m’offrir une digression à des lieues de toute polésie – sauf cet après midi étouffante de juin, l’année dernière, où juchée sur mon escabeau en culotte et soutif, je décrassais les vitres en beuglant, enthousiaste, des révolutionnarismes obsolètes sur fond de flûte de pan et de tambour en peau de lama. A la fin du morceau, il y a eu un silence. Mais lourd, chargé…
Je m’est retournée, mon fils venait de rentrer de l’école une heure à l’avance, en ramenant tous ses copains. Ha Sainte Misère, déjà qu’avant, ils me regardaient d’un drôle d’œil…
J’étais partie pour vous raconter quoi ?
Ha oui, la polésie. Ben faudra revenir, c’est râpé, j’étions plus crédible maintenant.