mercredi 2 décembre 2009
Non mais j'vous jure....
Ecorcher, tout un chacun sait ce que ça signifie. Mais Excorier ?
Ben je vous le donne en mille, excorier, c'est "écorcher superficiellement". A noter qu'on peut, si l'on s'est à peine égratigné le genou en tombant, souffrir d'excoriantes douleurs.
Et mon pied au cul ?
lundi 12 octobre 2009
Soeur converse et son frère laid.
Il était d'usage, autrefois jadis y'a longtemps, qu'on dotât la fille qu'on mettait au couvent au même titre que celle qu'on destinait à des épousailles plus charnelles. Il n'était pas, bien sûr, interdit aux impécunieuses d'épouser le bon Dieu, mais elles était alors reléguées, comme chez les turcs, dans une sorte de bas-harem dont les membres, plutôt que de prier leur céleste époux dans un relatif confort, consacraient l'essentiel de leur temps au récurage du couvent qui les hébergeait.
Ces soeurs, dites converses(1), trouvaient dans les couvents de moines leur équivalent dans les "frères lais", qu'on appelait aussi idiotae, domestiques corvéables à merci en échange de pas un rond.
On ne peut s'empêcher d'admirer l'organisation minutieuse et la précision lexicale de l'église catholique - un monde à elle toute seule.
A ce propos, et en parlant de précision lexicale, les croisillons qui séparent les deux cabines d'un confessionnal portent un nom bien particulier, que j'ai lu jadis (autrefois y'a longtemps) et que je n'ai pas noté, comptant sur ma mémoire pour m'en souvenir quand j'en aurais besoin. Hélas, il semblerait que j'aie mécompté, et je l'ai oublié. Vous sauriez, vous ?
(1) - elles ont laissé leur nom aux chaussures de toile dont elles usaient pour vaquer aux jardins par beau temps et dont la jeunesse d'aujourd'ui est friande.
jeudi 3 septembre 2009
Erradiquons les idées fausses (with an english version)
Toast n’est pas un mot anglais, mais encore l’un de ces vocables que les Outremanchois nous ont honteusement piqués. Le toste était, il y a déjà fort longtemps, un croûton de pain qu’on trempait dans le vin. Ce qui exclut toute vraisemblance à des supputations d’origine saxonne. D’abord parce que les Anglais n’ont jamais été fichus de pétrir le pain correctement, et ensuite parce que c’est des glaçons qu’ils trempent dans le Bordeaux. Alors qu’on ne me fasse pas rire, comme l’inconséquent qui m’a cité ce mot là comme illustration de l’invasion de l’anglais dans notre belle langue. Invasion my ass. Ils ne font que nous restituer, avec une légère modification orthographique destinée à égarer les moins perspicaces, ce qui nous est dû à nous chauvins Césars de la plus belle des langues après l’Espagnol, qui rappelons tout de même que la moitié du vocabulaire de l’Anglais est empruntée au Français, et que l’autre moitié a été piquée aux Allemands. Non mais.
Toast is in no case an English word, but one of a
billion they shamelessly stole from the French.
Originally written a “toste”, it used to designate a
slice of bread dipped in wine, which bans any arguing of a British origin.
First because British people never managed to bake correct bread, second
because they dip ice in their glass of
. So please, don’t make me laugh, like this thoughtless one who quoted me this word as an illustration of the invasion of English in our beautiful language. We, modern and jingoistic Cesars, are only given back, with an insidious orthographic change, what has always been ours. And let’s remember that half of the English vocabulary comes from the French, and the other half was borrowed from German. Heard this, impudent “most spoken in the word language” ?
jeudi 18 juin 2009
Fiacre.
Les fiacres, comme les carrosses, sont nés à Paris. On ne comptait, sous le règne de François 1er, que deux carrosses dans la capitale, celui de la reine et celui de Diane de France, fille illégitime d’Henri II. L’usage s’en répandit cependant si vite que dès 1563 le parlement demanda, sans succès, au roi Charles IX d’interdire leur usage en ville, tant ils embouteillaient les rues et provoquaient d’accidents. Les premières voitures publiques ne virent le jour que sous le règne de Louis XIV, sous l’impulsion d’un Monsieur Sauvage, qui donna le nom de l’Hôtel Saint Fiacre où il résidait à cette première entreprise de taxis. Les fiacres parisiens ne furent équipés de taximètres qu’en août 1904, afin d’empêcher les abus dont étaient coutumiers les cochers. Le mécanisme employé était d’ailleurs déjà connu des romains. Le taximètre était relié à l’une des roues du fiacre par un arbre de transmission qui, enregistrant le nombre de rotations de la roue, déclenchait tous les 400 mètres le rouage du taximètre qui affichait à chaque fois 10 centimes supplémentaires. Bien évidemment, si ce système limita les abus des cochers, il ne parvint pas à éradiquer les pratiques frauduleuses de la corporation des chauffeurs de taxi qui encore aujourd’hui sont réputés dégonfler légèrement les pneus de leur voiture pour faire plus de chiffre sur le kilométrage.
samedi 3 janvier 2009
Du frère cadet, de l’œuf et de la poule.
Jusque là tout va bien. Mais. Mais.
Il se trouve que le « puine », terme de gruerie, désigne ce qu’on appelle un bois-mort, c'est-à-dire des plantes qui, comme le saule ou le genêt, ne portent point de fruits. La coïncidence me semble troublante, et les termes de la paysannerie (et de ses juridictions) étant au moins aussi anciens que ceux de la noblesse, je m’interroge sur le bien fondé de l’étymologie avouée du puîné, d’autant plus que celle de « puine » est réputée inconnue.
Ne serait-il pas envisageable que la dérision soit à l’origine du terme appliqué aux cadets de noblesse, moqués ainsi par leurs serfs qui auraient assimilé leur lignée à celle des bois-morts ?
Bien sûr, il ne s’agit là que de l’une de mes matinales supputations, mais tout de même, ça donne à songer, non ?
dimanche 18 mai 2008
Hoquet
Hoquet : Le vocable désigne une contraction intempestive du diaphragme et de la glotte, et trouve son origine au Canada. Les premiers émigrants francophones, pas encore en délicatesse avec l’Anglois dans ce coin perdu du monde, organisèrent au cours d’un des premiers rigoureux hivers qu’ils passèrent sur les rives gelées du Saint Laurent, une partie d’un jeu appris des peuplades autochtones opposant les ressortissants des deux nations. Il s’agissait de tenter d’envoyer dans les buts adverses, grâce à une crosse en bois, un gros galet rond tout en patinant sur des tibias d’animaux à la surface gelée de la rivière. Las, un ressortissant français, après avoir reçu le galet dans le sternum, fut pris d’une série de ces contractions doubles qui l’empêcha durant quelques minutes de poursuivre l’exercice. Les Anglais, inquiets, et craignant que l'incident ne déclenchât les hostilités que l'on sait, mais qui advinrent sous un prétexte encore plus fallacieux[1], firent cercle autour du malheureux en lui demandant avec insistance Is it OK ? Leur victime pantelante ayant fini par opiner, le vocable hoquet en vint rapidement à désigner en français cette affection bénigne, et en anglais, sous l’orthographe légèrement différente de hockey, le jeu lui-même.
[1] Ouais, tout ça va en fait
démarrer à Pittsburgh, parce qu’un obscur planteur du nom de George Washington
fait élever un fort modestement nommé Fort Prince George, (ah, ça plante à la lecture hein ?) dont des Français
désoeuvrés vont le déloger. De fil en aiguille, ça dégénère, on embauche les
indiens de part et d’autre, les gouvernements respectifs envoient des renforts,
surtout les Anglais, qui finissent par prendre Québec, et, sur l’élan,
On est partis pour une guerre mondiale qui dit pas son nom. Le conflit va gagner l’Inde
et le Pacifique, les Espagnols vont se battre au côté des Français, et Frédéric
de Prusse se dit qu’il serait trop con de pas profiter du merdier ambiant pour
essayer de piquer l’Autriche aux Autrichiens. Enfin bon, ça dure sept bonnes
années, jusqu’à la signature du traité de Paris. Les Anglais se taillent la
part du lion, avec tous les territoires américains à l’est du Mississipi, et, au
choix, le Canada ou
Les Français choisissent de garder la
Guadeloupe, et ça se comprend, vu comment ça caille au Canada
l’hiver. Et viendez encore me dire que je fais des notes de bas de page pour
rien, tiens.
mardi 29 avril 2008
Muleta.
Muleta : La muleta, c’est cette sorte de cape montée sur un bâton dont use le matador durant la faena, dernière phase du combat avant l’estocade qui verra le toro succomber en meuglant comme une vulgaire vache devant un toreador virevoltant d’élégance pailletée. Précisons à l’usage des débutants en espagnol qu’il ne faut pas confondre la muleta, qui signifie au choix canne anglaise ou leurre fait d’un drap de serge rouge monté sur un bâton[1], avec l’amuleto, qui signifie amulette, autre accessoire essentiel, avec le signe de croix, d’une corrida espagnole.
Au seizième siècle, les
espagnols, on s’en souvient, colonisèrent l’Amérique Latine et y importèrent
celles de leurs coutumes qui faisaient à l’époque la grandeur de leur nation.
On garda le toro, symbole de l’Espagne honnie, et on le mit en concurrence avec le symbole autochtone du condor. On attache sur le dos du toro un condor, et on les laisse s’arranger entre eux en confiant à de jeunes gens le rôle des picadors, sans grand risque que le toro, relativement occupé par l’oiseau[2] pas content, s’en prenne à leurs fesses. On s’en doute, à ce jeu là le toro n’a pas plus de chances qu’à l’autre. Mais quand d’aventure c’est le condor qui meurt, les paysans craignent un grand malheur. C’est que les peuples d’Amérique Latine, qui n’ont pas la maturité cartésienne des enfants des lumières, sont attachés à leurs présages. En revanche, quand en Espagne un torero succombe dans l’arène, il passe à la postérité grâce au pinceau de très grand peintres, comme Manet ou Picasso.
[1] Qu’y dit wikipédia.
[2] Qu’on appelle en espagnol pàjaro qu’est un cauchemar de prononciation.
samedi 26 avril 2008
Emétique
Émétique : On commença à faire usage de cette substance vers le milieu du XVIIème siècle. Monsieur Thénard[1] place sa découverte en l’année 1631, et cite Adrien Mynsecht[2] comme le premier qui l’ait fait connaître. En 1658, un médecin d’Abbeville, nommé Du Sausoi[3] s’en servit pour guérir Louis XIV de la fièvre. Comme l’antimoine, l’émétique eut de grands partisans, et de plus grands détracteurs. Condamné plusieurs fois par les parlements et la faculté de médecine, il n’en est pas moins resté l’un des plus puissants remèdes que la nature ait donnés à l’homme[4].
Oui da, mais qu’est-ce donc quand même exactement ? Rien d’autre qu’un bête vomitif.
Dans la pharmacopée actuelle, on utilise essentiellement pour leurs effets émétiques l’alun de potassium, dont la toxicité est si faible qu’on en use souvent pour préparer des pâtes à modeler maison[5], et l’apomorphine chlorhydrate, qu’on administre également en traitement de la maladie de Parkinson.
Cependant, l’émétique mentionné par l’Encyclopédie des Deux Mondes était un mélange bien moins inoffensif que l’alun de potassium, fait d’antimoine et de tartrate de potasse. Or l’antimoine[6], qu’on classe désormais dans la famille des pnictogènes avec, entre autres, l’arsenic ou le phosphore, peut s’avérer, selon le dosage, hautement toxique. Qu’on ait usé d’ailleurs d’un vomitif pour guérir des fièvres pourrait surprendre nos contemporains, mais rappelons que la médecine n’avait pas vocation, au XVIIème siècle, à guérir les malades, mais plus simplement à les purger de leurs humeurs, souvent avec le succès que retrace pour nous Molière dans ce dialogue entre Dom Juan et Sganarelle :
- Il y avoit un homme qui, depuis six jours, étoit à l’agonie. On ne savoit plus que lui ordonner, et tous les remèdes ne faisoient rien ; on s’avisa à la fin de lui donner de l’émétique.
- Il réchappa, n’est-ce pas ?
- Non, il mourut.
- L’effet est admirable.
- Comment ? il y avoit six jours entiers qu’il ne pouvoit mourir, et cela le fit mourir tout d’un coup. Voulez-vous rien de plus efficace ?
-
Profitons de l’occasion pour rappeler aux mères de familles qu’il ne faut jamais, en aucun cas, administrer un émétique à un enfant ayant ingéré du Destop, de l’acide sulfurique ou une simple rasade de détergent d’apparence anodine, mais bien plutôt contacter immédiatement le SAMU qui devrait vous envoyer des secours en urgence, avant ou après vous avoir passé un savon circonstancié pour avoir laissé traîné des saloperies sur les étagères du bas.
[1] Chimiste, découvreur de l’eau oxygénée et du bleu de cobalt, et inspirateur, à cause de son opposition à la réduction du temps de travail des enfants, du nom des Thénardiers des Misérables de Hugo.
[2] C’est une erreur, il s’agit de Mynsicht, auteur de l’histoire de la médecine depuis son origine jusqu’au XIXème siècle. 1815.
[3] Mademoiselle de Montpensier, dans ses mémoires, évoque un écuyer de ce nom, mais nous n’avons pas retrouvé d’informations relatives au Du Sausoi dont il est question ici.
[4] Encyclopédie Générale des Deux Mondes, 1874.
[5] Alors, deux bols de farine, un bol de sel, un bol d’eau, deux cuillerées à soupe d’alun de potassium, une dose de colorant alimentaire, une cuillère à café d’huile. Vous faites bouillir la flotte avec l’huile et le colorant alimentaire et vous versez sur le reste touillé dans un saladier. A conserver dans un tupperouére.
[6] L’origine du mot antimoine viendrait dit-on, d’une circonstance assez singulière. Basile Valentin qui, le premier, sut extraire le métal pur de son sulfure et le proclama, sous le nom de Lion oriental, comme un remède à tous maux, ayant vu des porcs acquérir un embonpoint extraordinaire pour avoir mangé le résidu d’une de ses opérations sur l'antimoine, crut que ce métal pourrait rétablir la santé des moines de son monastère, exténués par les jeûnes et les mortifications. L’administration de ce nouveau remède fut fatale à ces bons religieux, qui périrent en grand nombre. Chimie élémentaire appliquée aux arts industriels, Girardin, 1873.
vendredi 14 mars 2008
vriddhi
Piqué dans le Littré. Ca ne s'invente pas, et on pourrait passer à côté comme des cons une vie entière. C'est un terme de grammaire sanscrite qui désigne le renforcement d'une voyelle par l'insertion d'un a long. Pourquoi; comment , avant ou après la voyelle et tout le bordel, l'Emile nous le dit pas. C'est terriblement frustrant. Mais heureusement, j'ai aussi trouvé un vulpin qui me ravit. Je causerai plus maintenant que comme M'sieur Littré, de vulpines ruses. Oh yeah.
mardi 11 mars 2008
copropriété
Copropriété : Elle est une et indivisible, avec comme corollaire qu’on ne saurait faire sécession d’un ou plusieurs copropriétaires, si fâcheux fût ou fussent-ils.
Or, au mépris des lois de la probabilité, quel que soit le nombre des constituants d’une copropriété - variables de deux à autant qu’on veut, celle-ci compte un, et au moins un fâcheux.
Si le, ou les fâcheux disposent d’un nombre de tantièmes limités, leur obstruction n’est d’aucune conséquence, sauf éventuellement quand l’unanimité ou la majorité 26, dite des deux tiers[1] sont requises pour prendre une décision.
Dans le cas contraire, j’entends si vous êtes assez infortuné pour subir un ou des fâcheux majoritaires, il ne vous reste qu’à vous incliner ou à vendre votre appartement.
Il faut noter qu’en nos temps modernes, la gestion d’une copropriété est la dernière grande aventure qui soit à la portée de chacun de nous (j’entends les nantis) puisque tout propriétaire d’un lot peut se porter candidat à la gestion bénévole de l’immeuble qui abrite ce lot[2]. Ce mode de gestion emporte d’ailleurs l’adhésion de 15% des copropriétaires français ravis d’économiser un syndic.
Que les candidats à la fonction n’aillent pas se méprendre sur le sens de l’expression. On économise son coût, pas sa personne.
[1] Voir article 26 de la loi de 65 en lien.
[2] Article 28 du décret du 17 mars 1967


