Melting Pot et vin blanc doux

Parce qu'on peut pas compter que sur la Providence.

mardi 29 avril 2008

Muleta.

Muleta : La muleta, c’est cette sorte de cape montée sur un bâton dont use le matador durant la faena, dernière phase du combat avant l’estocade qui verra le toro succomber en meuglant comme une vulgaire vache devant un toreador virevoltant d’élégance pailletée. Précisons à l’usage des débutants en espagnol qu’il ne faut pas confondre la muleta, qui signifie au choix canne anglaise ou leurre fait d’un drap de serge rouge monté sur un bâton[1], avec l’amuleto, qui signifie amulette, autre accessoire essentiel, avec le signe de croix, d’une corrida espagnole.

Au seizième siècle, les espagnols, on s’en souvient, colonisèrent l’Amérique Latine et y importèrent celles de leurs coutumes qui faisaient à l’époque la grandeur de leur nation. La Corrida et l’Inquisition. Quelques centaines d’années plus tard, ces peuples libérés des ibères poursuivirent la pratique de ce sport – je cause de la corrida, la pratique de l’inquisition étant presque partout tombée en désuétude, en y apportant quelques modifications de leur cru, et il faut bien le dire, nées du ressentiment qui caractérise l’opprimé.

On garda le toro, symbole de l’Espagne honnie, et on le mit en concurrence avec le symbole autochtone du condor. On attache sur le dos du toro un condor, et on les laisse s’arranger entre eux en confiant à de jeunes gens le rôle des picadors, sans grand risque que le toro, relativement occupé par l’oiseau[2] pas content, s’en prenne à leurs fesses. On s’en doute, à ce jeu là le toro n’a pas plus de chances qu’à l’autre. Mais quand d’aventure c’est le condor qui meurt, les paysans craignent un grand malheur. C’est que les peuples d’Amérique Latine, qui n’ont pas la maturité cartésienne des enfants des lumières, sont attachés à leurs présages. En revanche, quand en Espagne un torero succombe dans l’arène,  il passe à la postérité grâce au pinceau de très grand peintres, comme Manet ou Picasso.


 

[1] Qu’y dit wikipédia.

 

[2] Qu’on appelle en espagnol pàjaro qu’est un cauchemar de prononciation.

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samedi 26 avril 2008

Emétique

Émétique : On commença à faire usage de cette substance vers le milieu du XVIIème siècle. Monsieur Thénard[1] place sa découverte en l’année 1631, et cite Adrien Mynsecht[2] comme le premier qui l’ait fait connaître. En 1658, un médecin d’Abbeville, nommé Du Sausoi[3] s’en servit pour guérir Louis XIV de la fièvre. Comme l’antimoine, l’émétique eut de grands partisans, et de plus grands détracteurs. Condamné plusieurs fois par les parlements et la faculté de médecine, il n’en est pas moins resté l’un des plus puissants remèdes que la nature ait donnés à l’homme[4].

Oui da, mais qu’est-ce donc quand même exactement ? Rien d’autre qu’un bête vomitif.

Dans la pharmacopée actuelle, on utilise essentiellement pour leurs effets émétiques l’alun de potassium,  dont la toxicité est si faible qu’on en use souvent pour préparer des pâtes à modeler maison[5], et l’apomorphine chlorhydrate, qu’on administre également en traitement de la maladie de Parkinson.

Cependant, l’émétique mentionné par l’Encyclopédie des Deux Mondes était un mélange bien moins inoffensif que  l’alun de potassium, fait d’antimoine et de tartrate de potasse. Or l’antimoine[6], qu’on classe désormais dans la famille des pnictogènes avec, entre autres, l’arsenic ou le phosphore, peut  s’avérer, selon le dosage, hautement toxique. Qu’on ait usé d’ailleurs d’un vomitif pour guérir des fièvres pourrait surprendre nos contemporains, mais rappelons que la médecine n’avait pas vocation, au XVIIème siècle, à guérir les malades, mais plus simplement à les purger de leurs humeurs, souvent avec le succès que retrace pour nous Molière dans ce dialogue entre Dom Juan et Sganarelle :

 

- Il y avoit un homme qui, depuis six jours, étoit à l’agonie. On ne savoit plus que lui ordonner, et tous les remèdes ne faisoient rien ; on s’avisa à la fin de lui donner de l’émétique.

- Il réchappa, n’est-ce pas ?

- Non, il mourut.

- L’effet est admirable.

- Comment ? il y avoit six jours entiers qu’il ne pouvoit mourir, et cela le fit mourir tout d’un coup. Voulez-vous rien de plus efficace ?

-  

Profitons de l’occasion pour rappeler aux mères de familles qu’il ne faut jamais, en aucun cas, administrer un émétique à un enfant ayant ingéré du Destop, de l’acide sulfurique ou une simple rasade de détergent d’apparence anodine, mais bien plutôt contacter immédiatement le SAMU qui devrait vous envoyer des secours en urgence, avant ou après vous avoir passé un savon circonstancié pour avoir laissé traîné des saloperies sur les étagères du bas.



[1] Chimiste, découvreur de l’eau oxygénée et du bleu de cobalt, et inspirateur, à cause de son opposition à la réduction du temps de travail des enfants, du nom des Thénardiers des Misérables de Hugo.

[2] C’est une erreur, il s’agit de Mynsicht, auteur de l’histoire de la médecine depuis son origine jusqu’au XIXème siècle. 1815.

[3] Mademoiselle de Montpensier, dans ses mémoires, évoque un écuyer de ce nom, mais nous n’avons pas retrouvé d’informations relatives au Du Sausoi dont il est question ici.

[4] Encyclopédie Générale des Deux Mondes, 1874.

[5] Alors, deux bols de farine, un bol de sel, un bol d’eau, deux cuillerées à soupe d’alun de potassium, une dose de colorant alimentaire, une cuillère à café d’huile. Vous faites bouillir la flotte avec l’huile et le colorant alimentaire et vous versez sur le reste touillé dans un saladier. A conserver dans un tupperouére.

[6] L’origine du mot antimoine viendrait dit-on, d’une circonstance assez singulière. Basile Valentin qui, le premier, sut extraire le métal pur de son sulfure et le proclama, sous le nom de Lion oriental, comme un remède à tous maux, ayant vu des porcs acquérir un embonpoint extraordinaire pour avoir mangé le résidu d’une de ses opérations sur l'antimoine, crut que ce métal pourrait rétablir la santé des moines de son monastère, exténués par les jeûnes et les mortifications. L’administration de ce nouveau remède fut fatale à ces bons religieux, qui périrent en grand nombre. Chimie élémentaire appliquée aux arts industriels, Girardin, 1873.

Posté par Marie Fox à 16:57 - dictionnaire - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 11 mars 2008

copropriété

Copropriété : Elle est une et indivisible, avec comme corollaire qu’on ne saurait faire sécession d’un ou plusieurs copropriétaires, si fâcheux fût ou fussent-ils.

Or, au mépris des lois de la probabilité, quel que soit le nombre des constituants d’une copropriété -  variables de deux à autant qu’on veut, celle-ci compte un, et au moins un fâcheux.

Si le, ou les fâcheux disposent d’un nombre de tantièmes limités, leur obstruction n’est d’aucune conséquence, sauf éventuellement quand l’unanimité ou la majorité 26, dite des deux tiers[1] sont requises pour prendre une décision.

Dans le cas contraire, j’entends si vous êtes assez infortuné pour subir un ou des fâcheux majoritaires, il ne vous reste qu’à vous incliner ou à vendre votre appartement.

Il faut noter qu’en nos temps modernes, la gestion d’une copropriété est la dernière grande aventure qui soit à la portée de chacun de nous (j’entends les nantis) puisque tout propriétaire d’un lot peut se porter candidat à la gestion bénévole de l’immeuble qui abrite ce lot[2]. Ce mode de gestion emporte d’ailleurs l’adhésion de 15% des copropriétaires français ravis d’économiser un syndic.

Que les candidats à la fonction n’aillent pas se méprendre sur le sens de l’expression. On économise son coût, pas sa personne.

 



[1] Voir article 26 de la loi de 65 en lien.

[2] Article 28 du décret du 17 mars 1967

Posté par Marie Fox à 22:09 - dictionnaire - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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