Melting Pot et vin blanc doux

Parce qu'on peut pas compter que sur la Providence.

vendredi 4 mars 2016

L'art de décrire.

J'ai toujours détesté les pages de description dans les romans. Toute môme, j'ai pris en grippe bon nombre de classiques, Hugo en tête, qui m'infligeaient des pages entières de détails crasseux, j'aspirais à l'action. Quand j'écris, j'évite de m'attarder sur le décor, quand je traduis, je m'arrache les cheveux - littéralement - quand je dois restituer l'atmosphère de telle cabane de bucolique bûcheron dont le toit de chaume frais sur lequel grimpait un chèvrefeuille odorant aux grappes charnues semant des étincelles de bleu charmant jusqu'au banc de rondins équarris sur lequel blablabla. J'ai vu ma tension artérielle grimper dans les 200 à la lecture de l'abbé Mouret, balancé le livre dans les plates-bandes d'iris dorés du jardin de ma mère. Et puis, récemment, j'ai décidé de progresser. Alors je relis ces classiques qui m'ont tant énervée, et j'y trouve des perles d'écriture, comme dans les premier chapitres de Cosette qui s'attardent (c'est rien de le dire) sur la bataille de Waterloo. "Il y a toujours un instant où la bataille dégénère en combat, se particularise et s'éparpile en d'innombrables faits de détails qui, pour emprunter l'expression de Napoléon lui-même, appartiennent plutôt à la biographie des régiments qu'à l'histoire de l'armée. L'historien en ce cas, a le droit évident de résumé."

D'une, Napoléon, lui avait le sens de la formule, de deux, Hugo me fait bien marrer à revendiquer le droit de résumé après 24 pages de description de bataille, lesquelles se poursuivent encore sur 20 pages après cette anodine remarque. Il se fout de ma gueule ou quoi ?

Posté par Marie Fox à 09:09 - Comme je veux - Commentaires [1] - Permalien [#]

piedmarie3


Commentaires

    S'il avait pu

    est-ce-que Flaubert aurait préféré être cinéaste? Montrer plutôt que décrire?

    Posté par chri, samedi 5 mars 2016 à 21:22

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