vendredi 30 octobre 2009
être une heure, une heure seulement...
Une heure avec Jackie, dont je n'avais pas croisé la route depuis... six ans. Jackie, c'est l'un des premiers de Providence, qui a habité là trente ans avant de vendre son appartement peu de temps avant que le ciel nous tombe sur la tête. Quand il est parti, il a laissé derrière lui un vide palpable, que le nouveau propriétaire n'a jamais su combler. Jackie, c'est le charme fait homme. Un corps d'athlète à soixante cinq ans, une crinière grise sur des yeux noirs, une passion pour la scie circulaire et la désoibéissance civile, et un pessimisme authentique allié à un irrésistible humour de "malgré moi". Poursuivi depuis son enfance par une misère chronique et un nom de génocidé, il aime les hommes comme peu le font, et les femmes comme j'aime mieux pas vous dire, je rougirais. Cet après midi, après six années de silence, il a sonné à ma porte, et j'ai passé la plus insolite et délicieuse des heures à l'écouter me raconter son héritage récent d'un vieil oncle du côté de sa mère savoyarde, son emménagement dans un village de montagne, ses conquêtes féminines et ses activités d'exorciste civil. Oui, Jackie a abandonné la relaxologie plantaire, il donne maintenant dans la sauvegarde spirituelle du bétail et le cercle philosophique, et je vous jure perdre un voisin comme celui-là, vraiment, c'est dur.
jeudi 29 octobre 2009
Piquées dans le dernier Werber,
mais si, vous savez bien, cet auteur qui explique sans rire qu'il y a dans les yeux de ses lecteurs une étincelle d'intelligence qu'on ne retrouve pas chez les lecteurs d'autres écrivains. Bref, chéri, qui ne rate pas un de ses ouvrages, est viendu hier soir me montrer trois étymologies présentées par le monsieur comme authentiques, mais dont je vous assure, moi, qu'elles sont - bien que très amusantes, complètement bidons (et vous pensez bien que je ne dis pas ça gratuitement, j'ai vérifié).
Golf, par exemple, serait l'acronyme de Gentlemen Only Lady Forbidden, et Fuck viendrait de Fornication Under Consent of the King. Bon, c'est n'importe quoi, mais comme ça présente toutes les apparences du vraisemblable, je prends le pari qu'il y aura bientôt des tas de gens pour n'en démordre point.
mardi 27 octobre 2009
Et cette superbe contrepèterie piquée dans le canard de cette semaine...
La présidente en cape et sans culotte...
Bling... tududu pom pom pom.... BLING !
lundi 26 octobre 2009
Fallie.
Ca y est ! les arbres nous la jouent baroque flamboyant, qu’on se croirait perdu en forêt de Frontenac. Vas-y que je rougeoie, que je te lâche du jaune biloba plein les oeils, du cendré, du carmin, du purpurin violent et même de l’orange franc qui tranche sur le ciel blanc. Paraît que près des pôles, y’en a dix sept nuances chacune avec un mot, mais je les connais pas, c’est des mots de froidure qui doivent être échelonnés en degrés fahrenheit. Ici la neige est blanche, des fois teintée de bleu, des fois teintée de rose, des fois tachée de sang quand on cours d’un pique nique on a mordu trop fort au ventre des cerises, mais ça c’est pas souvent. Les pique nique dans la neige, c’est plutôt pemmican et foie de coyote frais. Les pique nique automnaux, c’est fait de girolles tendres doucettement fondues avec une pointe d’ail, de gâteaux aux châtaignes et de faisan pourri, et puis d’une cigarette, qu’on se grille en silence en se disant putain, si seulement j’étais peintre. Mais voilà, c’est comme ça. On voit, même on regarde, on s’émeut en dedans de tellement d’automne qui vous chatoie les sens, mais on sait bien que les peintres sont des tordus foutraques qui torturent les petits gris pour en faire des pinceaux, et qu’on aura jamais le cœur de se résoudre à épiler des escargots juste quand les gelées vont leur tomber dessus.
Hélas,
ça fait des mois que ça dure. L'article le plus populaire de ce blog, répertorié dans la catégorie "équarissage", est celui où je conte la navrante aventure de mon désaxage de sacrum. Alors que j'écris de si tant belles polésies débiles. Je crois que je suis une artiste maudite.
Tout de même !
Et c'est pas trop tôt. On nous annonce la réglementation des activités des syndics de copropriété. Laissez-moi vous dire que c'est pas trop tôt, les pratiques du plus grand nombre des représentants de cette corporation relevant du pur entubage. Ceux qui ont un jour pris le temps d'examiner soigneusement le contrat qui les lie à leur syndic, ou les comptes annuels, savent bien de quoi je cause.
Les syndics professionnels de copropriété, Foncia en tête, non contents de facturer à des prix rédhibitoires des prestations qui devraient relever de la gestion courante (tenue du carnet d'entretien, transmission des archives à leur successeur, par exemple), manient à un degré inégalé l'art d'embrouiller leurs clients et de s'asseoir sur leurs obligations légales. On assiste, depuis quelques années, à une croissance sans précédent du nombre de procédures juridiques engagées par les syndicats de copropriétaires las de se faire traire comme de vulgaires vaches.
Pourtant, nombre d'abus restent, du fait surtout de la complexité et de l'abondance des textes régissant la copropriété. Si les textes de référence, essentiellement la Loi de 65 modifiée SRU et la loi Hoguet, permettent de se faire une idée claire des droits et obligations de chacun, il est extrêmement difficile, sans de solides connaissances juridiques, de s'y retrouver dès que surgissent des problèmes particuliers.
Aussi devons-nous nous réjouir de ce ménage qui s'annonce, et qui devrait être bien fait si des associations telles que l'ARC réussissent à se faire entendre.
Rappelons toutefois qu'il n'y a aucune obligation pour les copropriétaires d'en passer par les services d'un syndic professionnel. D'autres options, comme la gestion par un syndic bénévole, ou par un syndicat coopératif, permettent, sous l'égide de gens compétents et dévoués, de diviser par cinq, au moins, les charges régulières. Quant aux copropriétés en grande détresse, elles ne trouveront bien souvent leur salut que dans ce mode de gestion. Nul besoin d'être expert en gestion, ni en bâtiment, ni en droit pour sauver sa peau, et celle de ses voisins : une solide motivation, de l'énergie et de la disponibilité feront souvent pour quelques centaines de milliers d'euros ce que des syndics professionnels proposent de réaliser pour... quelques millions. Sans compter le fait que des subventions (distribuées par des organismes comme l'ANAH dans le cadre de travaux pour insalubrité ou péril) permettent de diviser par deux le montant des frais engagés. N'hésitez pas, si vous êtes copropriétaires, à explorer les solutions alternatives qui s'offrent à vous, ou à pourrir la vie de vos syndics véreux jusqu'à les contraindre à l'étouffement. Ce n'est pas très difficile, ça permet d'économiser un paquet de pognon, et surtout, surtout, de s'offrir le luxe rare de faire ployer les fâcheux qui abondent dans cette profession plus que partout ailleurs...
NB : Bien sûr, dans le cas de copropriétés plongées dans des situations extrêmes, frappées d'arrêtés de péril ou d'arrêtés d'interdiction d'habiter, la motivation et la disponibilité de ses représentants sera déterminante. Ces cas sont rares, heureusement, mais pas ingérables. Si d'aventure un lecteur conduit sur ces pages par une catastrophe majeure voulait plus de renseignements sur les moyens de s'en sortir, qu'il n'hésite pas à me contacter par mail, l'expérience des uns pouvant parfois servir aux autres.
vendredi 23 octobre 2009
Au-dela de la 'polémique"
sur les compétences du Prince Charmant, dont le père a fini par reculer devant le raz de marée de protestations, y compris au sein de sa majorité, on peut lire en page 3 du Canard Enchaîné de cette semaine un très intéressant article d'Hervé Liffran sur le pourquoi papa voulait son fils à ce poste. Pour ceux qui refuseraient de se salir les mains avec un torchon subversif, un autre article sur le même sujet a été publié sur Rue 89, publication sans doute elle aussi sujette à caution puisqu'elle est le fruit d'un ancien de Libé. Ces explications ont sûrement été données dans tout un tas d'autres journaux que je lis moins régulièrement que ceux que je viens de citer. Pourtant, on n'en cause pas beaucoup. Ni à la télé, ni dans les bistros, ni même sur les blogs. Alors Sarkozy a reculé sur la nommination de son fils, qui soit dit en passant m'impressionne. Pour un garçon de cet âge, je le trouve étonnament performant en matière de communication télévisuelle. Mais notre omniprésident renoncera-t-il pour autant à avoir à la tête de l'Epad quelqu'un qui soit entièrement à sa botte, certains d'aucuns parmi ses plus proches collaborateurs sur place s'étonnant par exemple, que le bilan de l'Epad ne soit pas certifié par un commissaire aux comptes, que des rabais invraisemblables, de l'ordre de 30 à 40% soient consentis aux promoteurs sur les contrats signés en 2007, et bien d'autres détails mineurs pourtant forts révélateurs de la façon dont on gère les budgets de l'Etat.
Qui a dit que la nomination de Junior collerait à Sarkozy comme le sparadrap du capitaine Haddock ? je sais plus. S'il n'y avait que celui-là.
jeudi 22 octobre 2009
Elle lui avait dit...
Ne rentre pas trop tard, on est tout seuls ce soir, chéri Et dans les italiques s’était glissé tout un monde de suggestions fines, éclate-papilles, résilles, satins doux et dentelles.
La journée s’était coulée de lenteurs en attentes trompées de courses, de cuisine rare dont les effluves épicées avaient attiré la voisine. Un café, des muffins au saumon tout chauds sortis du four, des projets de sortie pour le lendemain, des bulbes de tulipes à planter pour quand le soleil reviendrait fleurir les fenêtres de pierre. Il avait plu un peu, prétexte à faire un feu qui ronronnait doucement quand son yéti avait poussé la porte, vers vingt heures.
Elle l’attendait, grimée en odalisque, le chignon artistique, une mèche sur l’œil noir, et le sein opulent. Ca la changeait tellement de son jogging confort qu’il en était resté bouche bée, la pupille accrochée par l’escarpin à bride au talon infini. Wouaou, on m’a changé ma femme ?
Non, chéri, on s’est débarrassé de la mère de tes gosses. Il avait
débouché une bouteille, elle s’était étirée pour attraper deux verres sur l’étagère
du haut, et ils avaient trinqué aux occasions trop rares de jouer à n’être que
deux. Y’avait là sur la table des perles d’ail confit, des fruits secs écrasés
dans une coupe d’huile d’olive qu’on pomperait au pain, des chouquettes au
beaufort qu’avaient pas fait long feu. Raconte-moi, et toi. Ils avaient raconté
les mille petites choses pour lesquelles souvent ils n’avaient pas de temps. Elle
s’était levée, en esquivant sa main pour faire durer le plaisir. Le curry
mijotait sur un coin de cuisine. Elle avait garni deux assiettes, rajouté les
timbales de riz azafran, et s’était amusée à chalouper le retour au salon,
version Hollywood, joue-moi des épaules, chérie.
Elle n’était guère qu’à un mètre du but quand c’était arrivé. Les escarpins trop haut sur du parquet ciré, ça fait pas bon ménage. A la seconde où elle avait pensé l’ai-je bien descendu, c’est elle qui était descendue, de toute sa hauteur plus dix centimètres, sans lâcher les assiettes dont le contenu s’était éparpillé, sur la robe, le parquet, le canapé tout neuf, comme un test de rorschach improvisé. Tu vois quoi dans les taches ?
Arrête de rigoler, je me suis pété la cheville, connard.
Tiens, on vient de me rendre ma femme.
Hilare, il l’avait relevée. Elle s’était effectivement pété une cheville, qui gonflait à vue d’œil sous la bride.
Boh, t’as l’habitude. Je vais te chercher de l’alcool et une bande. On
fera sans les pompes. Y reste du curry ?
Mais non, cette fois-ci elle n’en était pas quitte pour une entorse. Elle le savait à la douleur fulgurante qui grimpait dans sa jambe. Elle testerait ce soir les urgences de l’hôpital tout neuf, le sourire goguenard de l’interne qui regardait le yéti descendre les bas noirs, l’hilarité de sa copine infirmière, de service cette nuit, qui se tenait les côtes, et celle de la voisine, quand au retour, deux heures plus tard, ils seraient obligés de hurler dans la rue pour qu’on vienne leur ouvrir la porte de l’immeuble dont le digicode était, encore, en panne.
Elle avait clopiné jusqu’à son lit, il lui avait apporté un cachet de codéine avec un verre de vin.
Tu veux dormir ?
J’ai mal.
Alors ça t’embête pas si je vais regarder la télé un moment. Je me suis
enregistré le reportage que je pensais regarder en rentrant, sur l’histoire du
concombre…
mercredi 21 octobre 2009
Je vais lâcher mes gens !
Ben oui, il l'a dit. Si tu te casses pas, pauvre con de journaliste qu'a décidé de déstabiliser le pouvoir rien que pour faire chier, et qui racontes que des conneries tu risques bien de te faire taper sur la gueule. Dites-nous, monsieur le président, vos sbires, pour aller casser du journaliste, ils mettront une cagoule ?
Alors les électeurs sarkozystes, vous êtes contents de vous ?


