vendredi 30 octobre 2009
être une heure, une heure seulement...
Une heure avec Jackie, dont je n'avais pas croisé la route depuis... six ans. Jackie, c'est l'un des premiers de Providence, qui a habité là trente ans avant de vendre son appartement peu de temps avant que le ciel nous tombe sur la tête. Quand il est parti, il a laissé derrière lui un vide palpable, que le nouveau propriétaire n'a jamais su combler. Jackie, c'est le charme fait homme. Un corps d'athlète à soixante cinq ans, une crinière grise sur des yeux noirs, une passion pour la scie circulaire et la désoibéissance civile, et un pessimisme authentique allié à un irrésistible humour de "malgré moi". Poursuivi depuis son enfance par une misère chronique et un nom de génocidé, il aime les hommes comme peu le font, et les femmes comme j'aime mieux pas vous dire, je rougirais. Cet après midi, après six années de silence, il a sonné à ma porte, et j'ai passé la plus insolite et délicieuse des heures à l'écouter me raconter son héritage récent d'un vieil oncle du côté de sa mère savoyarde, son emménagement dans un village de montagne, ses conquêtes féminines et ses activités d'exorciste civil. Oui, Jackie a abandonné la relaxologie plantaire, il donne maintenant dans la sauvegarde spirituelle du bétail et le cercle philosophique, et je vous jure perdre un voisin comme celui-là, vraiment, c'est dur.
Commentaires
Oui à te lire on a envie de le rencontrer le bonhomme. Alors le perdre a dû être triste.
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